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Chroniques
Isabelle Peretz
Soigner avec la musique – Nouvelles des neurosciences
Avec Soigner avec la musique, Isabelle Peretz, figure reconnue des neurosciences en matière de musique, entend montrer combien les recherches récentes éclairent les effets de la pratique et de l’écoute musicales sur notre organisme. Aussi l’ouvrage passe-t-il en revue les principaux domaines où la musique est désormais envisagée comme un adjuvant thérapeutique – maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, aphasie, autisme, douleur, anxiété, sommeil, naissance prématurée, sans oublier les bénéfices sociaux du chant collectif ou de la danse. Les mécanismes neurobiologiques invoqués – dopamine, endorphines, réseaux moteurs, mémoire émotionnelle – sont présentés avec la volonté constante de rendre accessibles plusieurs décennies de travaux scientifiques.
Le sujet est passionnant et les recherches citées rappellent utilement que la musique ne relève pas du seul plaisir esthétique : elle mobilise des circuits cérébraux complexes, favorise certains apprentissages, accompagne la rééducation neurologique et peut contribuer au mieux-être de nombreux patients. À cet égard, le livre constitue une porte d’entrée commode pour un lectorat peu familier de ces questions.
On demeure toutefois plus réservé devant la manière dont est exposée cette matière. La démonstration privilégie souvent l’affirmation au détriment de la nuance, alors même que plusieurs résultats évoqués demeurent partiels ou discutés. La frontière entre ce qui est solidement établi et ce qui relève encore d’hypothèses de travail apparaît parfois insuffisamment marquée, si bien que la vulgarisation tend à simplifier des problématiques qui auraient gagné à conserver leur complexité. Certaines prises de position, notamment lorsqu’elles débordent le strict terrain scientifique, pourront également laisser le lecteur perplexe.
À cela s’ajoute un style dont surprend la faiblesse. Les données se trouvent mainte fois répétées, plusieurs développements reviennent quasiment à l’identique au fil des chapitres, et l’impression de redondance culmine dans une conclusion qui résume longuement ce que le livre assénait déjà à plusieurs reprises. Cette écriture très démonstrative, parfois mécanique dans ses enchaînements, finit par émousser l’intérêt d’un propos qui disposait pourtant d’un matériau particulièrement riche.
On referme donc ce bref volume avec un sentiment contrasté. Il rappelle opportunément que les neurosciences confirment aujourd’hui ce que depuis longtemps pressentirent musiciens et cliniciens : la musique peut constituer un précieux auxiliaire du soin. Mais on aurait souhaité une présentation plus rigoureuse, plus nuancée et surtout mieux écrite, à la hauteur du sujet.
BB
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