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Much ado about nothing | Beaucoup de bruit pour rien
opéra de Charles Villiers Stanford
Tout comme The rose of Castile [lire notre chronique de la veille], le Jerome Hynes Theatre accueille le second pocket opera programmé par le Wexford Festival Opera (WFO). Il s’agit de Much ado about nothing de Charles Villiers Stanford (1852-1924), ouvrage de 1901 qui fut représenté à Wexford dès 1964. Le livret est de Julian Sturgis, dans une fidèle adaptation de la pièce de Shakespeare (1599) qui avait déjà inspiré Berlioz (Béatrice et Bénédict, 1862). Plus largement, le festival a fortement contribué à remettre sur le devant de la scène le compositeur né à Dublin et mort à Londres, en programmant trois de ses huit opéras, dont The veiled prophet (1877) et The critic (1915), respectivement en 2019 et 2024.
Malgré les contraintes d’espace, la metteure en scène Aoife Spillane-Hinks règle un spectacle très vivant, plein d’énergie, rendant remarquablement le pétillant de la comédie shakespearienne, mais aussi ses passages aux intrigues plus sombres. Les décors et les costumes de Lisa Krügel sont simples mais de bon goût et parfaitement en situation, avec du feuillage et de la glycine suspendue entre deux colonnes néoclassiques, dans la pénombre. De petits clins d’œil sont aussi bienvenus, comme un parasol ou une chaise longue.
La distribution vocale paraît particulièrement relevée, certains interprètes pouvant sans problème être d’ores et déjà engagés au plus haut niveau, comme dans les trois grandes productions d’opéra du WFO données en soirée. En tête, le couple Beatrice et Benedick défendu par Charlotte Baker, excellent soprano sonore aux aigus fort séduisants, et Ross Cumming, formidable baryton au timbre de bronze puissamment projeté, et acteur survitaminé, comme un poisson dans l’eau dans cette comédie [lire notre chronique de Werther]. L’autre couple, Hero et Claudio, est confié à Victoria Harley et Joshua Baxter, l’une soprano affirmant un chant probe à la puissance mesurée, l’autre ténor chantant avec élégance, avec un son concentré. Une équipe d’artistes complète avantageusement, où l’on remarque le baryton Alexander Semple, bien timbré en Don Pedro.
Réduite pour piano seul et limitée à une durée d’une heure et demie – l’original nécessite deux heures quarante d’exécution : ce sont donc 44% de l’œuvre que la production met aux oubliettes –, la musique, jouée par Christopher Knopp, est enlevée, rapide et bien en ligne avec les interventions souvent piquantes des protagonistes, au cours des nombreux tableaux successifs. Le pianiste est également en charge de la direction des solistes, donnant les départs avec précision et assurant la bonne coordination de l’ensemble.
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