Chroniques
Water Music de Georg Friedrich Händel
Marc Minkowski et Les Musiciens du Louvre Grenoble
Deux suites orchestrales tirées d’opéras de jeunesse installaient cette soirée dédiée à Georg Friedrich Händel dans un climat à la fois brillant et attendu. Les Musiciens du Louvre y campèrent une charmante série de danses où les concertinos essentiellement formés des hautbois et basson tramaient un contrepoint d’élégance tant à l’emphase virile des ouvertures à la française qu’à la rhétorique robustement répétitive des cellules mélodiques portées par les cordes. La Sarabande de la Suite orchestrale d’Almira (HWV 1) offrit un duo raffiné entre théorbe et flûte à bec, tandis que les quatuors de cette grande ouverture qu’est la Suite deRodrigo (HWV 5) ourlèrent l’interprétation d’une atmosphère plus aristocratiquement feutrée.
Le traitement plus différencié de l’instrumentarium de Water Music requit de l’oreille une attention soutenue. Malgré un son parfois un peu serré, le hautbois de la Suite en fa majeur n°1 HWV 348 délivra quelques belles pages, notamment en les plaintes de l’Adagio e Staccato ou le second numéro de la Bourrée. Les fanfares de cors, soutenues d’un engagement orchestral fondu en un seul plan sonore, se hissèrent parfois jusqu’à une joie printanière, ici et là un tantinet pataude. Quelques accentuations plus criardes, en particulier dans les demi-cadences appuyées et les tutti (Alla Hornpipe), se virent réitérées aux numéros suivants – on songe, par exemple, au double de la Gigue de la Suite en sol majeur n°3 HWV 350. Le recorder, trop largement dominés par l’orchestre dans ce dernier opus, assit cependant un plus convaincant Menuet.
Dernière de cette soirée, la Suite en ré majeur n°2 HWV 349 montre plus de noblesse, tout particulièrement dans les siciliennes un peu lourdes du Lentement. Le son à la fois crémeux et mat propre à la formation, travaillé en creux de note, offre un contraste reposant d’avec la martialité de la Bourrée finale. Mais, sous la baguette de Marc Minkowski, les tutti joyeux de l’Allegro initial, les répons affirmés aux cors et trompettes et le style italianisant de l’interprétation sont assurément ce que le concert a de plus convaincant à proposer.
MD
Email
Imprimer
Twitter
Facebook
Myspace