© eric mahoudeau / opéra national
de paris
"capriccio", opéra
de richard strauss
Opéra Garnier, Paris
8 septembre 2006
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Tout a une fin, l'été aussi. Ainsi l'Opéra
national de Paris ouvrait-il ses portes, ce soir, pour la première
de la reprise du Capriccio mis en scène
par Robert Carsen au printemps 2004. Avec une distribution
globalement satisfaisante tout en manquant d'éclat, la représentation
semble plutôt routinière. Parmi les nombreux petits
rôles s'exprimant dans les derniers temps de cette conversation
en musique composée par Strauss en pleine guerre
(création à Munich à l'automne 1942), l'on
remarquera les jeunes barytons Bartlomiej Misiuda et Igor
Gnidii. L'on retrouve avec plaisir le tim-bre attachant de Jérôme
Varnier en majordome, ainsi que Robert Tear qui compose
un sympathique Monsieur Taupe qui se donne même la peine de
nuancer. Efficaces également Tassis Christoyannis
en poète Olivier, livrant des récitatifs précis,
et le musicien Flamand de Charles Worlman à l'aigu
toujours aussi souple et clair. Le Comte n'est pas en reste avec
un Olaf Bär en bonne forme qui s'impose par un chant
à l'inflexion toujours élégante. Jan-Hendrik
Rootering sert idéalement La Roche : outre une assise
grave particulièrement présente, il sait donner au
personnage toute l'humanité qu'il requiert. Si l'excellente
Doris Soffel est tout simplement évidente en Clairon,
on demeure moins convaincu que Solveig Kringelborn trouve
sa place dans le rôle de la Comtesse. Le soprano norvégien
possède ces qualités que nous avons saluées
par ailleurs, mais n'offre ni la pureté mozartienne du timbre
ni la ligne de chant attendue. Du coup, la chanteuse paraît
désavantagée, alors qu'elle est tout simplement mal
utilisée. Enfin, n'omettons surtout pas d'évoquer
le couple italien : le jeune Argentin Juna Francisco Gatell
charme par la clarté de la couleur et la facilité
du phrasé, tandis qu' Elena Tsallagova s'avère
lumineuse et puissante.
Au pupitre de la fosse rénovée du Palais Garnier
- elle retrouve aujourd'hui la possibilité d'abriter cent-dix
musiciens plutôt quatre-vingt cinq hier -, Hartmut Haenschen
soigne la couleur et le lyrisme relativement contenu
de l'Orchestre de l'Opéra national de Paris. Toujours
minutieusement respectés, les équilibres passent presque
inaperçus. En revanche, l'on
est moins admiratif du sextuor introductif, peu fiable, à
l'inverse d'un trio irréprochable.
La production exploite intelligemment les possibilités du
sujet, sans dédaigner de flatter l'il par une esthétique
qui, pour dénudée qu'elle paraisse, n'en est pas moins
précieuse. Ainsi l'ultime démontage,
sur les dernières mesures, reste-il toujours aussi impressionnant.
Bertrand Bolognesi
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