QUATRIÈME RÉNOVATION
DE LA SALLE PLEYEL
(PARIS)

Création et améliorations
Quatrième rénovation
Autres espaces
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vue extérieure




vue sur la scène




médaillon



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

détail de la rotonde




vue sur la salle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






 




 

 

 














détail d'une rampe

 






Nos remerciements à Philippe Provencal, attaché de presse.
Les photographies sont de Pierre-Emmanuel Rastoin.

 

 


Au XVIIIe siècle, sous l'impulsion de Haydn et de Mozart, les formes instrumentales s'émancipent en dehors du cadre religieux ou dramatique, et le terme symphonie - associé auparavant aux termes harmonie, accord ou concert - désigne à présent l'orchestre. En rapport étroit avec la sym-phonie classique, la salle de concert se développe : même si la France
se contente d'accueillir ses premiers concerts publics dans des théâtres, l'Angleterre et l'Allemagne se lancent dans des constructions spécifiques. Cette mutation trouve vite son écho dans le style orchestral. Avec Beethoven et, à sa suite, Schubert, Mendelssohn, Schumann ou Brahms, une nouvelle architecture symphonique, plus dramatique, apparaît. La Salle Pleyel com-pte au nombre des réalisations de prestige qui affirment à la fois la gloire d'une famille - les propriétaires de la maison Pleyel, dont l'origine remonte
à la manufacture de pianos fondée en 1807 par Ignace Pleyel (1757-1831), musicien accompli, inventeur de génie, mécène et éditeur audacieux - et
un attrait grandissant pour une nouvelle forme musicale.


CRÉATION ET AMÉLIORATIONS
En 1927, la maison Pleyel est plus que centenaire. Elle affirme sa gloire en s'investissant dans une nouvelle salle, entièrement destinée à la musique de concert : un très vaste immeuble est programmé non loin de la place de l'Étoile, contenant un auditorium de 3000 places, de conception moderne pour l'époque. C'est ainsi que s'ouvre, le 18 octobre 1927, la Salle Pleyel, œuvre de l'architecte Gustave Lyon, inaugurée par un concert fleuve alliant Wagner, les grands noms de la musique internationale (Falla, Stravinski)
et les représentants de la scène française (Franck, Dukas, Debussy et Ravel).

Neuf mois après son inauguration, un incendie détruit entièrement la grande salle et le plafond des salles Chopin et Debussy. L'auditorium est reconstruit plus sobrement et avec des matières ininflammables, notam-ment pour les fauteuils désormais métalliques. La réouverture a lieu dès
la fin de l'année 1928. L'orgue commandé à la maison Cavaillé-Coll est inauguré le 5 mars 1930 par Marcel Dupré. Il semble que l'acoustique ait
eu à souffrir de la rénovation entreprise : dans le contexte de la crise éco-nomique de 1929, les moyens investis sont modestes ; de plus, l'usage
de certains matériaux est interdit pour des raisons de sécurité. La filiale
de Pleyel qui gère l'immeuble ne se relève pas de ce choc financier et
la salle, ramenée à une jauge de 2400 places, devient la propriété de la banque qui avait accordé l'emprunt d'origine en 1935, le Crédit Lyonnais.

Sous le management assez souple du Crédit Lyonnais, la Salle Pleyel devient le lieu de concerts le plus célèbre de Paris. C'est là que Stravinski revient diriger Agon en 1957, puis Threni en 1958, ou qu'Otto Klemperer donne des interprétations d'une grande intensité spirituelle de la Neuviè- me de Mahler et de l'Héroïque de Beethoven. C'est là que l'Orchestre de Paris élit résidence et conquiert un large public avec Daniel Barenboïm. C'est là que, de Louis Armstrong à Ravi Shankar, de Sviatoslav Richter à Jorge Bolet, de Jascha Heifetz à David Oïstrakh, tous les interprètes qui marquent notre perception de la musique sont amenés à se produire. Jusqu'à la fin des années 1950, on ne procède dans l'immeuble Pleyel
qu'à des travaux d'entretien courant. La consolidation de la voûte de la grande salle, en 1957, est l'occasion de remettre en question la qualité
de l'acoustique. En effet, alors que la critique est enthousiaste en 1927,
il semble que, trente ans plus tard, on reproche à la salle une résonance trop grande et un écho en retour. André Hamayon, architecte de l'immeuble, est alors chargé de dresser un projet "esthétique et acoustique" pour la grande salle. On profite de l'opportunité pour agrandir le plateau et consti-tuer un cadre de scène, ce qui modifie considérablement l'esthétique mais aussi, pour le coup, l'acoustique de la salle. Afin d'améliorer cette dernière, on abaisse le plafond et l'on procède, en 1961, à la pose de réflecteurs en forme de pointes de diamants. Enfin, en 1959, André Hamayon s'attaque
à la rotonde d'entrée qui, à l'origine ouverte à la partie supérieure, se retrouve pourvue d'une calotte sphérique au rez-de-chaussée. Dans le même temps, la grande galerie d'exposition de l'étage ainsi que la partie
de la rotonde attenante sont cloisonnées et transformées pour accueillir des studios de danse.

En 1981, le Crédit Lyonnais décide la rénovation de la salle, s'inscrivant dans une politique générale de mécénat qui vise à encourager toutes les activités culturelles et à en élargir l'audience à un public nouveau. La maî- trise d'œuvre est confiée aux architectes Claude Hamayon et Xavier Ros-
set, associés à l'acousticien Abraham Melzer, à l'architectescénographe Bernard Guillaumot et au décorateur Noël Davoine. Les travaux consistent d'abord en une restauration de la grande salle, d'abord pour redonner à la coque la forme concave conçue par Gustave Lyon en 1927 - afin qu'elle retrouve son efficacité amplifiante -, ensuite pour rétablir le volume originel en faisant disparaître le cadre de scène qui le coupait en deux depuis 1961 et reconstituer ainsi la continuité d'origine. En 1994, Christian de Portzam-parc modifie les nez de balcons, habille les murs et le plafond, redécore le hall et la rotonde en enlevant notamment la mosaïque du sol pour laisser
la place à du marbre blanc,

En 1998, suite aux difficultés financières du Crédit Lyonnais, la Salle Pleyel est mise en vente. Le nouveau propriétaire, Hubert Martigny, président-directeur général de la société IDSH, confie la direction artistique du lieu à Madame Carla-Maria Tarditi jusqu'en 2002, date de la fermeture de la salle pour raison de travaux. Au plan architectural, les travaux de 1981, menés très rapidement, n'améliorèrent guère les sensations acoustiques, et eurent même pour résultat de réduire le temps de réverbération. Fort heu-reusement, la réouverture de la Salle Pleyel s'annonce différemment : aux termes de l'accord passé en 2004 entre l'État et le propriétaire, c'est en
effet une très importante campagne de réhabilitation architecturale et acoustique qui est engagée.

 

hall




QUATRIÈME RÉNOVATION

Cette quatrième rénovation d'un lieu hautement historique est un événement qui aura nécessité une fermeture de quatre années. François Ceria (diplômé de l'Ecole des Beaux Arts et de Columbia University) et Artec Consultants Inc (cabinet de conception acoustique et scénographique, créé en 1970 par Russell Johnson) signent une rénovation ambitieuse permet-tant de retrouver le style d'origine de la salle et placer tant le confort (des musiciens et du public) que l'acoustique au premier rang des préoccu-pations du propriétaire et de l'architecte. Les travaux (qui auront coûté plus de 30 millions d'euros) ont débuté en janvier 2005 et se sont achevés en juillet 2006, soit 19 mois de curage et de travaux dans un environnement partiellement occupé, au cœur de la capitale.

La rénovation de l'ensemble immobilier Pleyel comprend trois espaces distincts : celle de la Salle Pleyel proprement dite (11 000 m² environ), bâtiment Art déco qui sera loué à la Cité de la musique pour 50 ans à compter de septembre 2006 ; celle des surfaces de bureaux (3 000 m²)
de l'immeuble donnant sur la rue du Faubourg Saint-Honoré ; et celle du magasin sur rue (280 m²) qui va devenir un show-room pour les pianos Pleyel, fabriqués à Alès dans le Gard.

Longue de 44 mètres sur 27 mètres avec une hauteur sous plafond de 19 mètres, la salle proprement dite offre un volume inédit réadapté pour des conditions optimales d'écoute et de confort musical - murs clairs (blancs très légèrement teintés), habillages de bois de hêtre, sièges en hêtre clair recouverts d'un tissu moderne maille 3D de coloris " bourgogne " assez perçant, parquet d'origine totalement rénové et simplement huilé mettant
en valeur le bois d'angélique, scène en bois chêne clair, etc. Le tout est rehaussé dans sa profondeur par un éclairage adapté mettant en valeur
les murs et balcons avec une couleur blanche très légèrement atténuée grâce au contraste avec les niches éclairées quant à elles de façon plus froide.

1913 sièges viennent remplacer les 2 370 de la configuration précédente. Les anciens sièges bleus, à l'accoudoir incommode, ont disparu pour être remplacés par des sièges neufs, dont l'assise est élargie - 55 cm au lieu de 45 cm, comme à l'Opéra Bastille. La distance entre chaque rangée est également élargie à 85-87 cm. Moins de spectateurs et plus de volume général améliorent de près de 30 % le volume par spectateur et donc les conditions d'écoute. Des sièges sont placés en fond de scène derrière l'orchestre : 162 places permettent d'accueillir soit des chœurs soit des spectateurs qui verront… le chef d'orchestre de face. 1030 sièges consti-tuent le parterre avec une configuration harmonieuse en trois rangées dis-posées avec un léger arrondi donnant à chacun des sièges une visibilité parfaite et une sensation d'espace avec ce parterre quasi plan. Les deux balcons en fond de salle sont par ailleurs totalement regradinés avec
397 places au 1er étage et 324 au 2ème étage.

Le faux plafond existant est supprimé pour retrouver le plafond d'origine
sur lequel deux passerelles techniques sont toutefois installées pour accrocher les équipements scénographiques (projecteurs, poursuites…). Cette amélioration va permettre d'homogénéiser le champ acoustique. Par ailleurs, le fond de la salle au niveau du parterre, sous le premier balcon, est fortement rapproché afin de supprimer les sièges depuis lesquelles les conditions d'écoute n'étaient pas totalement satisfaisantes. Création d'Artec, des balcons latéraux ont avant tout une fonction acoustique, et il a paru plus judicieux d'utiliser les espaces pour accueillir du public. Ils permettent de projeter les réflexions sonores sur le parterre et d'améliorer la sensation d'enveloppement et la clarté du son.


vue sur la scène

 




AUTRES ESPACES

Le vaste hall de la salle, long de 24 mètres sur 12 mètres, est totalement restauré dans son état d'origine. Les couleurs sont retrouvées après des recherches communes avec les Architectes des Bâtiments de France. La coupole existante est ouverte comme en 1927 pour remettre le hall en relation visuelle avec le vaste foyer créé au deuxième étage en fond de parterre ; vaste puits de lumière, la continuité des espaces publics est
ainsi créée. La mosaïque du sol détruite en 1994 est recréée à l'identique de 1927 (pierres noires, pierres blanches et dallages dorés à l'or fin), re-donnant une majesté à cette rotonde et à ce hall rythmé et ponctué par
les colonnades qui servent de support au bâtiment.

Les deuxième et troisième étages étaient à l'origine des galeries d'exposition (près de 450 pianos à queue). Le deuxième étage sert de
foyer en fond de parterre et est ouvert sur le hall sous un puits de lumière dans l'espace de l'ancienne rotonde : plus de 600 m² pour le confort des spectateurs qui ne sont plus obligés de descendre à l'entracte. Résolu-ment contemporain, cet espace de 30 mètres sur 24, rythmé par le sol en wengé et ses murs aux couleurs douces, s'ouvre sur la rue du Faubourg Saint-Honoré grâce à ses immenses baies vitrées qui occupent la totalité de la hauteur sous plafond (4 mètres). Trois fresques originales de l'artis-
te Marco Del Re (Galerie Maeght) seront installées de part et d'autre des grandes baies vitrées (fresques noir et blanc) et sur le mur séparatif entre
la salle et le foyer (fresque rouge et blanc) : technique originale de plâtre peint puis gravé à la gouge dans un esprit typiquement Art déco.

La Salle Chopin, autrefois salle de musique de chambre de 480 places,
est transformée en un espace polyvalent pour permettre un meilleur fonc-tionnement. Un plancher plat vient remplacer le plancher incliné, les sièges fixes sont supprimés, l'esthétisme est maintenu dans son style d'origine. Une régie spécifiquement attribuée à Radio France est installée dans la Salle Debussy et une partie de la salle permettra un espace polyvalent supplémentaire.

La présence d'orchestres résidents et d'orchestres invités, conjuguée aux nécessités d'utilisations variées de la salle, ont conduit à repenser entiè- rement et complètement l'immeuble dit " Daru ". Cet immeuble accessible depuis le n° 8 de la rue Daru (entrée des artistes), destiné à l'accueil des musiciens, mitoyen de la scène, ce bâtiment de 6 étages a depuis son origine abrité les équipements et locaux nécessaires au bon fonctionne-ment de la salle. L'immeuble a été entièrement reconstruit pour s'adapter aux normes de sécurité et pour repenser les espaces. Un soin particulier est apporté aux loges, au foyer d'artistes, aux locaux d'administration, soit environ 1 500 m². Certains locaux (foyer ou loges) peuvent être utilisés par les musiciens pour s'échauffer. C'est pourquoi ces nouveaux espaces
ont fait l'objet d'une isolation et d'un traitement acoustique particulier.


mosaïque vue du foyer



EN SAVOIR PLUS
SALLE PLEYEL
252, rue du faubourg Saint-Honoré
75008 Paris


réservations : 01 42 56 13 13

www.sallepleyel.fr