les cuivres de la philharmonie de berlin

Zermatt Festival
St.Mauritius-Pfaarkirche, Zermatt
1er septembre 2007

Depuis plusieurs décennies, le prestigieux Blechbläserensemble der Berliner Philharmoniker honore le répertoire pour ensemble de cuivres.
Le programme qu'il donne ce soir voyage de la musique de scène d'Ab-
delazer
de Purcell à la suavité d' I got ryth'm de Gershwin. L'on aurait
pu craindre qu'une acoustique d'église s'accommode mal de ce type d'émission sonore : il n'en est rien, bien au contraire, et l'on est plutôt surpris de la précision du rendu. Avec l'altière sonnerie baroque, c'est décidément une ouverture so british que s'offre le festival de Zermatt !

Si l'éclat est singulier, la grande égalité de legato obtenue dans Jesu
bleiber meine Freude
, choral extrait de la Cantate BWV147 de Bach
arrangé par Enrique Crespo, retient l'écoute, de même que la sonorité idéalement organistique de l'ensemble dans Ich ruf zu dir, Herr Jesu
Christ BWV639
.

Remarquables d'équilibre et de couleur, les Danses écossaises adaptées pour quatre trombones par Ulrich Dieckmann nous maintiennent plus fer-mement encore de l'autre côté de la Tamise, les musiciens entreprenant ensuite une gentille promenade dans la capitale avec les London Minia-tures de Gordon Langford - à qui l'on doit quelques fameuses orchestra-tions pour le cinéma, comme celle des Aventuriers de l'arche perdue. L'on goûte alors la souplesse veloutée de London Calling, l'alternance érigée
en principe de jeu sur pavillons libres ou bouchés avec Soho, l'agitation
un rien désuète de Trafalgar Square ou la pompe souriante de Horse Guards Parade.

Après l'entracte, un bref adieu à la perfide Albion, avec les crus de l'Ho-
mage to the Noble Grape
de Goff Richards, puis une incursion hongroise - Csardas de Jenö Hubay -, en finissent avec le Vieux Monde pour magnifier
la verve rutilante des américains Walter Donaldson et Glenn Miller. C'est non seulement par la virtuosité et la complicité que les artistes charmèrent l'auditoire, mais avant tout par leur conduite raffinée de la dynamique.

Cette troisième saison, ouverte hier par Christian Zacharias et l'Orchestre de Chambre de Lausanne, se déroulera sur trois week-ends observant
une succession exacte : la St.Mauritius-Pfaarkirche du village accueillera
les concerts chaque vendredi et samedi soir, tandis que les mélomanes
se rendront le dimanche, à 11 heures, à la charmante chapelle de Riffe-
lalp. L'édition 2007 est également marquée par l'arrivée d'un nouveau directeur artistique, Nicolas Bohnet qui, en quelques mois à peine,
sut mettre en place un programme de qualité, avec la complicité des
artistes (le Sharoun Ensemble, le soprano Christiane Oelze, etc.).

Bertrand Bolognesi