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© jean-luc adde
cinq cordes dont une
vocale
spectacle de variétés
Journées de la Harpe
Théâtre Municipal, Arles
24 octobre 2004
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Deux violons, un alto, un violoncelle : bref, un quatuor
à cordes
mais pas seulement. Outre la présence d'un chanteur, les
instrumentistes eux-mêmes poussent la voix, dans un divertissement
d'une heure et quart environ, plein de surprise, d'humour et de
poésie. Une fois n'est pas cou-tume : c'est d'un spectacle
de variétés dont nous vous parlons aujourd'hui, quelque
chose de l'ordre d'un cabaret populaire fait de trois fois rien,
si ce n'est - et voilà qui n'est pas donné à
tout le monde ! - d'une d'inventivité rafraîchissante.
Quatre excellents musiciens accompagnent Cyril
Giroux, nous
racontant les histoires du cocu lucide qui, au petit matin, prépare
le
café pour le retour de la traîtresse adorée,
du marloux de quinze ans qui découvre la gymnastique amoureuse
dans un terrain vague, de l'adoles-cent acnéique amoureux
de la première femme qui ne se moque pas ouvertement de lui,
et qui lui dit un craquant Ze t'aime grâce à
son nouvel appareil dentaire, du bureaucrate qui a envie de hurler,
ou encore du poignant et sordide assassinat de la Diva, un soir
de première
parisienne, à la fin d'une aria sublime
Les violonistes Frédéric Dessus et Guillaume
Fontanarosa, l'altiste Bertrand Causse et la fort drôle
Anne Causse au violoncelle ne se conten-tent pas de savoir
nous faire rire ; ils donnent de vrais beaux moments de musique,
parfois seulement pour illustrer un geste, à d'autres passages
plus profonds, où l'on se prend à rêver à
des pages de Janacek, Klein, Zemlinsky ou Jongen, dans une couleur
volontiers est-européenne, un
peu juive, un peu tzigane, tandis que la voix principale affiche
un clin d'il nettement caf'conc', réalisant un délicieux
alliage entre Les Frères Jacques, Weill, Gréco, et
Alexandre Vertinsky. La pétillante mise en scène de
Muriel Mayette s'avère ingénieuse, rythmée
et tout en finesse, emportant un grand succès, puisque le
public du Théâtre d'Arles se lève et en redemande
!
Bertrand Bolognesi
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