"Ersatztrip",
de Christian Ubl
Artdanthé
Théâtre Le Vanves, Vanves
15 février 2007
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Démarrée le 22 janvier dernier, et en collaboration
avec d'autres lieux
d'Ile-de France, la 9ème édition du festival Artdanthé
propose cartes blan-ches, résidences et mini-thèmes
autour d'une quarantaine de spectacles. En parallèle d'un
cycle canadien de plusieurs semaines, quelques jours
d'une plateforme de jeunes chorégraphes franco-allemands
nous offrent une rencontre avec le travail de Christian Ubl.
Né en 1972, ce Viennois de naissance aborde la danse à
travers un parcours éclectique (patinage artistique, danses
latinos sportives, etc.) Interprète pour Dominique Ba-gouet,
Michel Keleminis ou Christiane Blaise, il crée avec Caroline
Blanc - également sur scène ce soir - le projet
CUBe. C'est dans ce cadre que la pièce de groupe ersatZtrip
voit le jour en 2005-2006, réflexion sur l'esthé-
tique plastique et énergétique. "Il y a quatre
corps danseurs et trois corps non-danseurs. Il n'y a pas de hiérarchie
entre les corps, ni de jugement ou d'interrogation sur leur présence.
Il s'agit de regrouper des corps différents, de les mêler
ponctuellement pour y trouver des espaces libres. Souvent,
les corps héroïques surgissent de corps abstraits et
flous, de corps sans visage mais forts en expression et densité.
Un désir, une extase, une pensée, une action, une
présence : un ersatz !".
Un grand garçon s'amuse avec un super-héros en plastique.
Sur le mur
du fond, les phrases lumineuses qui accompagnaient l'installation
des spectateurs - Il faut pas que tu t'abimes, Tu as intérêt
à assurer, Je veux
être fier de toi - laissent place à des adresses
au jouet préféré : Tu es le plus grand,
tu es le plus fort, tu es le plus musclé. Deux danseuses
et
deux danseurs (en pantalon et chemise) prennent part au jeu, puis
se transforment en entités inquiétantes : sur une
musique synthétique (uni-vers robotique puis alarme d'un
état d'urgence), mi animaux mi machi-
nes, ces êtres aux visages de gargouilles grimacent au ralenti,
puis se concentrent sur un ballet de reptations réglé
au cordeau.
L'épisode qui suit nous ramène au calme, sur fond
de voix distordues,
soit une procession d'objets déposés devant un squelette
trônant sur
une vitrine d'exposition, avec guirlandes et napperons dorés.
Puis, c'est
la frénésie dionysiaque, avec les corps s'ébrouant
sur le remix latino d'un récent succès de Madonna.
Fabrice Cattalano, compositeur d'une bande-son relativement
minimaliste, empoigne alors le micro pour une chanson au refrain
polémique - "Remplacer c'est tuer" -, rappelant
le caractère
original et unique de chacun. La dernière ligne droite voit
le grand garçon revêtir la panoplie de Superman et
les danseurs se glisser dans des cos-tumes de broderies noires pour
une suite de contacts apaisants, afin que chacun reprenne confiance
en lui-même par cette douce intimité.
Laurent Bergnach
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