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© mn. robert
"casse-noisette"
ballet de piotr illich tchaïkovski
Théâtre du Châtelet, Paris
3 décembre 2005
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Comme chaque année avant Noël, Casse-Noisette
figure au répertoire
de nombreuses compagnies. Dirigée par Makhar Vaziev,
la troupe du Mariinski, invitée au Théâtre
du Châtelet, est l'occasion de découvrir une nouvelle
version du conte hoffmannien. Crée le 18 décembre
1892 au Théâtre Marie de Saint-Pétersbourg,
dans la chorégraphie de Lev Ivanov,
ce ballet en deux actes fut revisité de nombreuses fois.
La production présentée ici, signée Mikhaïl
Chemiakin, date du 12 février 2001.
Le ballet débute en cuisine sur un tableau des préparatifs
de Noël.
À travers l'innocence de Clara et de son frère Fritz,
nous découvrons la maison, le sapin, les invités et
le parrain Drosselmeyer, un vieil original qui offre à sa
filleule un casse-noisette. L'enfant pressent très vite qu'il
ne s'agit pas seulement d'un jouet. Après le départ
des invités, elle descend au sa-lon et devient témoin
d'une scène étrange : des rats grignotent les jouets
disposés autour du sapin. Casse-Noisette à la tête
d'un régiment de sol-dats, tente alors de les repousser.
Toute effrayée, Clara lance sa chaus-sure à la tête
du Kronprinz et s'évanouit aussitôt. Les deux compères
s'en-volent dans la chaussure qui a pris de drôles de proportions.
Après avoir rencontré une tempête de neige,
Casse-Noisette et Clara découvrent, en compagnie de la fée
Dragée, le royaume de Konfiturenburg. La Valse des fleurs
se conclut par l'échange d'un baiser qui transforme le casse-noisette
en prince. Un grand divertissement est célébré
en leur honneur. Clara et son amoureux décident de demeurer
à jamais dans cet univers de douceurs.
Avec délice, Evguenia Obraztsova nous transporte
dans cette aventure merveilleuse. La beauté de son interprétation,
proprement dansée, et la générosité
qu'elle manifeste en scène, font rêver. De son côté,
Adrian Fadieïev nous éblouit par sa technique
et son placement irréprochable
que l'on ne peut manquer dans le Pas de deux du deuxième
acte. Les applaudissements du public lui offrent un succès
mérité. Vêtu de tutus
noirs scintillants et de coiffes décorées de gros
flocons, le corps de ballet interprète en rythme et avec
émotion, la Valse des flocons de neige sur la célèbre
musique de Tchaïkovski.
Parmi les divertissements proposés Tatiana Nekipelova,
Elena Youch-kovskaïa et Yana Selina dansent avec
élégance le Pas de Trois des Abeilles, malgré
un sol glissant au regard de leurs chaussons noirs, emplis de colophane.
Les chorégraphies des surs de Casse-Noisette, interprétées
par Yana Serebriakova, Xenia Ostreikovskaïa,
Iekaterina Petina et Daria Soukhoroukova sont exécutées
avec brio et réelle aisance technique, même si parfois,
certains pas pêchent sur la musicalité.
Du côté de la mise en scène, l'humour, le grotesque
et la fantaisie sont poussés à l'extrême. Les
souriceaux habituels ont été remplacés par
des personnages humanisés. Les rats aristocrates sont par
exemple identifia-bles à leurs hautes perruques colorées
et leurs longs gilets. Dans la cui-sine, en arrière plan,
un homme-mouche est enfermé dans une cage, première
allusion au royaume de Konfiturenburg. Le casse-noisette, quant
à lui, n'est pas le jouet de bois traditionnel, mais un petit
bonhomme atta-chant. L'épisode du transfert féerique
de Clara dans le monde merveilleux est assez original : Dorsselmeyer
détache une boule magique du sapin de Noël qu'il lance.
Elle s'agrandit et tourbillonne à l'écran jusqu'à
prendre tout l'espace. Plus tard, alors que Clara et le prince survolent
le royaume mer-veilleux, les chants d'enfants rappellent le vent
et la tempête de neige. La scène finale où Clara
et le prince sont perchés sur le gâteau orné
de bon-bons, autour duquel volent des abeilles, est proche de la
version de Marius Petipa. On peut toutefois regretter que cette
mise en scène originale, fouil-lée et très
colorée prenne le pas sur les variations et les moments dansés
du ballet.
Marion Saludas
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