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Ballet équestre du Cadre Noir de Saumur

Aérodrome, Prouvy
22 juin 2007

Après le succès de Lille, capitale européenne de la culture 2004, la Région Nord Pas de Calais a décidé de prolonger et d'adapter l'idée à une échelle plus réduite en instaurant tous les deux ou trois ans une capitale régionale de la culture. La première ville retenue dans ce cadre est Valenciennes, qui voit donc, tout au long de l'année, expositions, spectacles chorégraphiques et théâtraux, et autres activités culturelles se dérouler sur son sol. Parmi
les manifestations encore à venir, on notera par exemple un grand cycle Offenbach du 15 au 19 décembre au Théâtre Le Phénix, les expositions
De charbon et d'acier
sur le site de Wallers-Arenberg, Pharaon : homme,
roi, dieu, en collaboration avec Le Louvre au Musée des Beaux-Arts, ou encore la venue de la Compagnie Pietragalla.

L'Orchestre National de Lille est, bien entendu, partie prenante de cette année culturelle valenciennoise, en participant à deux manifestations grand public : un concert gratuit donné sur la Place d'armes, le 28 septembre pro-chain et, en ce mois de juin en assurant l'accompagnement musical du ballet équestre du Cadre Noir de Saumur.

Les représentations se déroulaient à l'aérodrome de Prouvy, sur lequel
un immense chapiteau avait été installé. Le prestige et la renommée du Cadre Noir, alliés à un prix d'entrée très démocratique, ont fait de ce rendez-vous un grand succès populaire, de sorte que les lieux, s'il avaient été plus grands encore, auraient été tout aussi bien remplis. Les écuyers de l'Ecole Nationale d'Equitation présentent leur savoir-faire, issu des meilleures
traditions de la cavalerie française, théorisées au cours des siècles par
quatre grands écuyers : François Robichon de la Guérinière, le Comte d'Aure, François Baucher et le général Alexis-François L'Hotte

Le public a droit à une démonstration des sauts d'école, courbettes, croupades et cabrioles, qui sont repris tout au long du spectacle, individu-ellement ou ensemble, montés ou à la main. On peut également admirer les différentes attitudes et allures (épaule rentrée, changement de pied
au galop, etc.), utilisés en équitation artistique. Le saut d'obstacle illustre l'orienation sportive prise par l'Ecole de Saumur depuis que le cheval a disparu du champ de bataille, option récompensée par de nombreuses médailles décrochées en compétition par les cavaliers qui en sont issus. Les présentations sont individuelles ou collectives, avec par exemple la fameuse Reprise des sauteurs en liberté, et on perçoit clairement à quel point est délicat le travail avec le cheval, certaines montures étant très réti-centes à effectuer les difficiles croupades. La reprise la plus spectaculaire est une évocation des plaisirs de la Belle Epoque, avec saut de table, saut de chaise et surtout le très difficile saut du piquet durant lequel le cheval
ne voit pas l'obstacle.

L'Orchestre National de Lille est dirigé à cette occasion par le Colonel François Boulanger. Bien entendu, la partie musicale n'est pas la plus importante du spectacle, mais elle est exécutée avec beaucoup de soin
et de vigueur, ce qui ferait presque oublier la sonorisation, inéluctable
dans un lieu aussi vaste. Le répertoire choisi est brillant et fait la part belle, en première partie, à la musique française : Carmen, le Carnaval Romain, des extraits de La vie Parisienne, de L'Arlésienne ou des Indes Galantes.
En seconde partie, on entend également Les Quatre Saisons, Peer Gynt,
les Danses Polovtsiennes, ce magnifique ballet se concluant par la Marche de Radetzky, à la grande joie du public qui peut offrir aux cavaliers et à
leurs montures un triomphe amplement mérité.

Richard Letawe