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© nick ruechel
Bang on a can all-stars
Théâtre de la Ville, Paris
12 mars 2007
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De même que les hirondelles annoncent opiniâtrement
le printemps, retrouver le collectif Bang on a can all-stars
laisse prévoir des moments inédits et rares - les
uvres jouées aujourd'hui l'étant pour la première
fois en France. Connaît-t-on bien, de ce côté
de l'Atlantique, la musique
de Don Byron qui domine le programme avec trois morceaux
(dont un bis)
et auquel le groupe new-yorkais a consacré un album [écoutez
un extrait
de A ballad for many] ? A la recherche d'un "son
qui dépasse les genres",
ce clarinettiste associé au jazz - également saxophoniste,
compositeur
et arrangeur - ne se confronte pas moins à des univers variés
(classique, salsa, funk, etc.). Pour Basquiat (nom du célèbre
peintre de sang haïtien), un violoncelle plaintif, une clarinette
écorchée, des échos de guitare élec-trique
et des vibrations de cloches-tubes composent un hommage mélan-colique
à "un frère qui connaissait l'art plus qu'il
n'était censé le connaître
et qui s'est retrouvé dans les hauts lieux de la société,
là où il n'était pas censé être,
entouré de gens qui faisaient semblant de l'accepter".
Avant cela, Sunray ouvre la soirée, dans un climat
délicatement élé-
giaque que David Lang fait évoluer vers un ostinato
martelé puis un final crescendo des six instrumentistes
- dont certains mènent le jeu à tour de rôle.
Overvoltage Rumble lui succède. Attentive à
l'exploration de sonorités nouvelles, Annie Gosfield
confronte des vibrations graves de contrebasse, violoncelle et clarinette
basse avec la clarté des percussions accompa-gnées
d'une guitare flirtant avec l'aigu ; les vagues électroniques
d'un syn-thétiseur ajoutent à l'énergie dégagée
par cette pièce de 2006. Music from Shadowbang (2001)
vient clore cette première partie, soutenant à l'origine
un spectacle de marionnettes balinais - ethnie avec laquelle le
clarinettiste Evan Ziporyn multiplie les collaborations.
Pour illustrer les aventures de deux frères, Dalem et Sangut,
quatre mouvements proposent des climats caressants, inquiets et
généralement doux amers.
Même si son uvre existe hors de ses collaborations
avec Peter Greenaway - pour orchestre symphonique, quatuor ou pour
la scène -, le cinéma a immanquablement popularisé
la musique de Michael Nyman.
Le 24 avril 2003, la partition enjouée de Manhatta
accompagnait pour la première fois le film muet éponyme
de Paul Strand (direction) et Charles Scheeler (photographie)
; alternant avec des vers de Walt Whitman, une foule urbaine s'y
presse entre pierre et eau, dominée par la fumée récurrente
d'une locomotive ou d'un transatlantique.
Enfin, écoutons Ornette Coleman, l'aîné
de la soirée (naissance en 1930) et père de la musique
harmolodique - les formes trop structurées, trop rigides
laissent place à une "improvisation compositionnelle"
où harmonie et mélodie échangent leur place.
Comment rendre compte du déliquescent Haven't been where
I left autrement qu'en ces termes : un orchestre de kiosque
habitué aux romances, auquel des perturbations magnétiques
donneraient des sursauts free jazz et wold music ?
Laurent Bergnach
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