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© david port
Bang on a can all-stars
invite Iva Bittová
Théâtre de la Ville, Paris
27 mars 2006
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De retour dans leur "favorite theater in Paris"
- dixit le clarinettiste Evan Ziporyn -, Bang on a Can
All-Stars présente ce soir un programme bien différent
de celui de leur précédent passage où dominait
la projection vidéo. La soirée commence avec My
lips from speaking, une pièce écrite par Julia
Wolfe cette année, qui emprunte son nom à une
phrase de la Bible et sa matière à Think, une
chanson à succès d'Aretha Franklin. Conçue
pour six pianos, nous en découvrons ici une version pour
un piano et bande. Avec vigueur, Lisa Moore déstructure
quelques mesures d'une mélodie jazzy, assaisonnée
d'une note répétée, de clusters et autres dissonances.
Autre pièce de 2006 dont c'est la création en France,
Snakes and
Ladders (Serpents et Echelles) de Fred Frith fait
référence à un jeu proche du celui de l'Oie
au cours duquel la case échelle vous donne de l'avance
et le serpent oblige à un retour en arrière.
Comme le dé qui aide au dé-
placement sur un plateau, les bonds musicaux seront d'abord restreints
à quelques notes par instrument. Le vibraphone - David
Cossin - et le piano démarrent la partie, puis les pizz'
de violoncelle - Wendy Sutter - et de contrebasse -
Robert Black. Lorsque le morceau devient plus animé,
la clarinette et la guitare électrique - Mark Stewart
- sortiront de leur réserve pour un emballement répétitif,
avant le retour au calme du début. En revan-che, nul répit
dans la transe hypnotique de Music in Fifths, composé
par Philip Glass en 1969. Le rythme rapide des instruments
jouant à l'unisson et à un fort niveau sonore finit
par saturer l'air de vibrations ; les aigus du piano n'arrivent
plus à percer cette masse bourdonnante de laquelle s'échappe
comme des chantonnements.
En seconde partie de soirée, Iva Bittová
entre seule en scène avec
son violon, livrant un solo mélancolique accompagné
de cris gutturaux,
proches parfois du chant diaphonique, de claquements de langue ou
de talon, de sifflements d'oiseaux. Née en 1958 en Moravie
du Nord, l'artiste
a suivi des cours de musique, de danse et de théâtre
qui lui procurent une grande aisance scénique. Apprenant
qu'elle a travaillé, il y a une quinzaine d'année,
sur la fusion minimaliste entre thèmes slaves et tziganes
et rock alternatif, on s'étonne moins d'une collaboration
avec le sextuor américain. Ce dernier la rejoint pour
Elida, suite de chansons douces-amères com-posée
en 2004 où résonnent des amorces de valse, des mélopées
orien-tales, des soupçons de jazz et de folk, avec des accords
d'harmonica,
de grelots ou de banjo. La gestuelle de la soliste est importante,
la voix
souple, expressive - on pense parfois à Armande Altaï,
Monica Passos
ou Tori Amos -, les effets toujours maîtrisés.
Laurent Bergnach
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