Wagner
Manuel Pratique à l'usage des mélomanes
de Philippe Olivier
Hermann Éditeurs, 2007 - 314
pages
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Jacques Dubois est agent général d'une compagnie
d'assurance et
vit à Bar-sur-Seine, une localité de l'Aube. Il aime
la musique depuis long-temps. A la suite de l'acquisition - par
hasard - d'une compilation d'extraits orches-traux de Richard Wagner,
il se sent des affinités considérables
avec l'univers artistique de ce compositeur mais est confronté
à quelques difficultés : comment s'initier sérieusement
au maître quand on n'habite
pas une grande ville ? Comment assister au festival de Bayreuth
? Ainsi commence l'ouvrage de Philippe Olivier, actuellement l'un
des meilleurs spécialistes internationaux du compositeur,
auteur érudit qui à la délica-tesse de s'adresser
au néophyte dans un style simple. Au bout de quel-ques pages
tenant du roman, notre wagnérien en herbe rencontre le Prof.
Dr. Dr. Veit Nachtigal qui va l'initier à la richesse d'une
vie et d'une uvre. Une année de correspondance va donner
naissance au présent guide, constitué d'une cinquantaine
d'entrées classées par ordre alphabétique,
occasion à plus d'une anecdote savoureuse.
Dans ce Manuel pratique à l'usage des mélomanes
couvrant des évé-
nements sur plus d'un siècle et demi, les considérations
artistiques se
mêlent à différentes histoires, quelles soient
familiales, économiques ou politiques. En vrac, on y croise
une Ouverture du Vaisseau fantôme arran-gée
pour orchestre militaire, les pâtisseries de Ruth Müller,
un parfum et
un service à thé Walkyrie, Anton Bruckner couvert
de plâtre, une répétition pour la vente des
saucisses, une cabale du Jockey Club, Cosima dissi-mulée
dans un cagibi, Siegfried chanté en russe, les serviettes-éponge
de James Levine, les bretelles de Hans Knappertsbusch, des nouveautés
de Broadway données au Festspielhaus, des octogénaires
venant dépanner en fosse, Wilhelm Furtwängler se séparant
de sa secrétaire, le Lourdes du théâtre
vivant de la vente de timbres-poste à l'effigie d'Hitler,
les ordinateurs du Kartenbüro, Winifried cultivant des
légumes, les vignettes publicitaires
de la firme Liebig, Isolde intentant un procès à sa
mère, le critique musical viennois Eduard Hanslick, un piano
centenaire sauvé de l'oubli par Pierre Boulez, un cercueil
sur une gondole, le futur Benoît XVI, la censure radio-phonique,
un acteur de films pornographiques, la faillite de la Deutsche
Grammophon, Richard Strauss sur son lit de mort, Friedlinde
prédisant la catastrophe du Reich, Maria Callas approchée
par Wieland, les peintures
au pochoir de Wahnfried, etc.
Armé pour affronter le prochain bicentenaire de la naissance
de Richard Wagner (en 2013), Jacques Dubois peut désormais
s'élancer sur des routes "pleines de bifurcations
et de carrefours, dont les voies multiples révèlent
toujours des paysages, des situations et des individus constam-ment
nouveaux". Quant au lecteur, il a fait le point de ses
connaissances sur le compositeur et sur son héritage, grâce
aux approches souvent originales d'un Prof. Dr. Dr. Nachtigal passionné,
admirateur mais
critique.
Laurent Bergnach
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