Reflets schubertiens
de Corinne Schneider
Fayard, 2007 - 224 pages
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La musique de Schubert (1797-1828), c'est presque mille partitions,
comprenant plus de six cents lieder, une vingtaine d'opéras
(dix sont achevés), neuf symphonies, une multitude de pièces
religieuses (dont
six messes), près d'une trentaine de pièces de musique
de chambre
(une quinzaine de quatuors), une vingtaine de sonates pour piano,
etc. ;
le tout composé en moins de vingt ans. Or, cette production
colossale
a été découverte lentement, saisie dans toute
son ampleur et son importance que plus d'un siècle après
la disparition du compositeur.
Le présent ouvrage, proche d'une recherche archéologique,
ne s'attache pas à l'analyse d'un processus créateur
mais au trajet des uvres, de
leur écriture à leur redécouverte.
A vingt-et-un ans, Schubert a déjà écrit plus
trois cents cinquante lieder et ses partitions circulent depuis
quelque temps déjà - copiées, échangées,
interprétées -, grâce à un cercle d'amis
fidèles. En 1825, frustré de se voir réduit
à un auteur de lieder et de danses, il élargit l'éventail
de ses éditeurs et réussit à faire imprimer
d'autres uvres. Sur la centaine publiée de son vivant,
la moitié le sera dans les trois dernières années.
A sa mort, per-sonne n'a idée de la somme qu'il reste encore
à découvrir.
Ferdinand Schubert, le frère aîné, est le premier
à recenser les manuscrits posthumes, tandis que les poètes
mis en musique par le Viennois collec-tent les inédits. Là
encore, les éditeurs s'arrachent les lieder, délaissant
opéras, cantates et symphonies, et c'est grâce à
Robert Schumann que
ces trésors verront le jour. A sa suite, Mendelssohn, Brahms,
Mahler, et
Liszt participent à leur redécouverte, que se soit
par la supervision, la transcription ou l'exécution, préparant
les hommages futurs rendus par Reger, Schönberg ou encore Berio.
On se demande comment le livre de Corinne Schneider (docteur en
mu-
sicologie et enseignante), en si peu de pages, arrive à évoquer
encore
les cheminements de l'édition complète, l'accueil
parisien de l'uvre,
les productions d'opéra, les premiers enregistrements discographiques,
l'accompagnement cinématographique, etc. La réponse
est simple :
un style dépouillé visant à l'objectivité,
qui présente l'essentiel sans être aride. Une biographie
sommaire ainsi que de nombreux tableaux récapi-tulatifs (listes
d'uvres, principalement) complètent efficacement cet
ouvrage passionnant à plus d'un titre.
Laurent Bergnach
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