hélène de montgeroult,
la marquise et la marseillaise
de Jérôme Dorival
Symétrie, 2006 - 421 pages
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Reconnue en France comme la meilleure pianiste de son temps, Hélène
de Montgeroult (1764-1836) fut nommée professeur de piano
au Conser-
vatoire en 1795, bien qu'elle n'ait jamais donné de concert
public. "Femme libre", elle adopta des valeurs
d'une réelle modernité, refusant de se réfu-gier
dans le statut de victime malgré des aventures aussi incroyables
que malheureuses. Sa vie l'entraîna à composer une
musique d'intériorité refusant le "commerce
de la virtuosité", alors en pleine expansion. Par
ses valeurs alternatives et cette distance avec son temps, sans
concessions ni compromissions artistiques, Hélène
de Montgeroult appartient désormais au nôtre. Qualifiée
de "savante musicienne" et donc peu comprise alors
en France, elle n'en composa pas moins une musique où l'émotion
se
mêle profondément à la science.
"Madame de Montgeroult a été placée
dans cette collection parmi les
artistes parce qu'il est plus rare d'être un talent du premier
ordre que mar-quise et femme du grand monde, surtout lorsque la
nature prodigue l'a don-né dans une position qui pouvait
s'en passer. N'eût-elle pas eu ce talent, elle eût été
brillante dans la sphère où elle était naturellement
placée, car elle était douée d'esprit et de
beauté. Elle était du petit nombre de ces femmes qu'on
ne peut rencontrer sans s'arrêter pour les regarder. Une taille
élevée, la tournure imposante, la peau de cette finesse
et de cette teinte brune-unie des climats chauds, les cheveux, les
yeux parfaitement noirs, et ce regard tour à tour perçant
ou d'une sensibilité enchanteresse qui annonce une imagination
vive et des sentiments profonds. Son esprit était aussi distingué
que sa personne. Son amie Madame de Staël en faisait grand
cas, et elle
la nommait mon Impératrice
". Ainsi s'exprime
Louis Girod de Vienney, baron de Trémont.
Elle aimait entendre l'opéra italien autant que jouer ses
contemporains Mozart et Haydn et fut la première à
faire connaître aux pianistes le style de Johann Sebastian
Bach. Son monumental Cours complet, commencé vers
1788 et publié vers 1812, montre que le piano romantique
était déjà présent à Paris sous
la Révolution et l'Empire - bien avant l'essor de Mendelssohn
et de Schumann.
Jérôme Dorival est musicien (compositeur et clarinettiste)
et historien.
Né à Paris, il a effectué ses études
d'histoire à la Sorbonne auprès d'Albert Soboul, Alphonse
Dupront et Dominique Julia, et ses études musicales au Conservatoire
de Paris où il a obtenu plusieurs prix. Depuis 1985, il est
compositeur au sein du Grame (centre national de création
musicale). Ses uvres pour orchestre, piano ou pour instruments
associés à des bandes enregistrées ou à
des dispositifs informatiques ont été interprétées
en France et dans une quinzaine de pays. Il a également publié
La Cantate française au XVIIIe Siècle dans
la collection Que sais-je ? aux Presses Universitaires de
France.
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