Pour la musique contemporaine
de richard millet
Fayard, 2004 - 318 pages
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Après La Voix d'alto (2001) et Musique secrète
(2004),
voici Pour la musique contemporaine, le nouveau livre de
Richard Millet
sur un de ses sujets de prédilection. L'ouvrage - "qui
pourra être lu com-
me l'itinéraire personnel d'un écrivain à travers
la musique savante d'aujourd'hui " -, regroupe des compte
rendus de disques commandités
par la Revue des Deux Mondes et des chroniques lues sur France
Culture, toujours sur le même sujet - plus des inédits,
spécialement rédigés pour cette parution. Au
total, près de cent quatre-vingt points de vue, d'une page
en moyenne, qui nous (re)plonge dans la musique du XXe siècle.
Millet insiste sur la subjectivité d'un tel projet : ce n'est
ni en musicologue,
ni en critique musical qu'il agit ; le livre n'est pas un guide
mais plutôt une leçon d'écoute. En quelques
mots, il décrit le contenu du disque qu'il chronique de façon
rationnelle (année de composition, instrumentarium) puis
émotionnelle (pourquoi telle oeuvre lui semble consolatrice,
médita-tive, hallucinatoire, etc.). Il sera peu tenu compte
de l'interprétation.
Si l'on trouve au début un chapitre sur Les grands aînés
(Debussy, Varèse), puis sur La génération
de 1920 (Berio, Ligeti, Nono
), la tentation chrono-logique
s'arrête là et les cadets (Leroux, Kyburz, Neuwirth
)
ne se retrou-vent pas forcément en dernières pages.
L'auteur préfère regrouper les compositeurs d'une
façon que certains jugeront simpliste, mais qui a l'avantage
de faire fi des écoles musicales. Les chapitres se succèdent
arbitrairement : sur les compositrices, sur les spectraux, sur la
spiritualité, sur l'opéra, sur les minimalistes nord-américains,
sur les connivences
avec la littérature, etc. La production variée de
certains créateurs fait qu'on retrouve leur nom plusieurs
fois, tels que Boulez, figure qui continue de cristalliser sur
son seul patronyme la haine de ce qui est savant, exigeant
et neuf. Outre le rappel et la découverte d'informations
précieuses, c'est une belle envie de partager des plaisirs
sonores qui ressort de cette lecture, et on félicitera l'auteur
d'avoir valorisé ainsi certains compositeurs, même
lorsque leur esthétique était éloignée
de ses préoccupations.
Laurent Bergnach
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