Le madrigal en son jardin
de Roger Tellart
Fayard, 2004 - 300 pages
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Au commencement était la frattola
A Florence, Mantoue, Venise,il existe tout un répertoire
ancré dans la mémoire populaire italienne,qui prospère
entre 1510 et 1520, en opposition aux modèles polyphoniques
Franco-Flamands officiellement en vigueur. Sa forme orale permet
une spontanéité, une improvisation, une liberté
de ton et de forme qui en font le charme et la spécificité.
Ces mélodies à base de textes comiquesou amoureux,
de vers d'Horace ou de Pétrarque, sont les premières
manifestations d'un art musical national. En ce passionnant pour
le toscan plus que pour le latin, des hommes comme Laurent le Magnifique
sont symboliques des transformations en cours depuis la seconde
moitié du XVeme siècle. Rome devient le lieu d'éclosion
du madrigal proprement dit, à l'écriture musicale
savante et à la poésie plus affirmée. Ses fonda-teurs
- qui ont fait leur apprentissage en écrivant des motets
- vont mener la musique vers le profane, avec des confidences de
passions et d'émois qui invitent à s'intéresser
à l'Homme plutôt qu'à Dieu. Vers 1550, le madrigal
a depuis longtemps rencontré un public cultivé ; il
va s'éloigner des thèmes élégiaques
et nostalgiques qui marquaient ses débuts pour devenir, entre
1570 et 1780, l'emblème coloré de la musique italienne.
Faisant suite à cette passionnante histoire du madrigal
(qui se clôt sur
son influence dans les autres pays d'Europe, l'Angleterre en particulier),
Roger Tellart consacre la seconde partie de son ouvrage à
un dictionnaire des madrigalistes de la Renaissance où, entre
Agazzari et Zoilo, ont retrou-
vera bien sûr Marenzio, Gesualdo et Monteverdi, les princes
de l'âge d'or.
Laurent Bergnach
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