Georges Enesco
d'Alain Cophignon
Fayard, 2006 - 700 pages
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La situation de Georges Enesco (1881-1955) lui confère une
singulière universalité. A ses racines roumaines (musique
folklorique et liturgique), s'ajoutent les études de l'enfant
prodige à Vienne et Paris qui le placent au cur de
l'Europe musicale. La liste des personnalités qui ont traversé
sa
vie - jalonnée par ses concerts à Paris ou à
Bucarest, ses masters-classes et ses voyages à travers
le monde - constitue une sorte de Bottin artistique. La prolixité
de ses dons est surprenante. Violoniste, sa célébrité
de virtuose l'amène à devenir le maître de Menuhin.
Pianiste, Cortot jalouse sa techni-que de jeu et Lipatti le considère
comme son père spirituel. Chef d'orches-tre, il est l'un
des successeurs possibles de Toscanini à New York
D'un
puissant charisme et d'une stupéfiante mémoire, il
incarne le musicien complet, "le plus étonnant génie
musical depuis Mozart", comme l'a
affirmé Pablo Casals.
Mais c'est avant tout à l'un des plus grands compositeurs
du XXe siècle, encore à découvrir, que rend
hommage cette première monographie con-sacrée à
Georges Enesco en langue française, s'appuyant sur des inédits
recueillis tant en France qu'en Roumanie. D'une activité
créatrice étendue sur près de soixante-dix
ans, on retient d'authentiques chefs-d'uvre pour piano et
de musique de chambre, symphonique ou vocale qui témoignent
d'un lyrisme ardent. Son opéra dipe délivre
un message d'humanisme et de profonde spiritualité face au
destin. Au-delà d'un "romantisme national"
de jeunesse, son langage musical de maturité, salué
par György Ligeti,
est empreint d'une souveraine liberté et d'une modernité
exigeante bien
que discrète. Après avoir vécu les deux premières
guerres mondiales
dans son pays (où il a beaucoup contribué à
développer la vie musicale), affaibli par sa santé
précaire et de sérieuses difficultés matérielles,
il a néanmoins en 1946 "choisi" l'exil en
France.
© Fayard
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