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Textuel, 1998 - 112 pages
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Personnage aux idées foisonnantes, John Cage (1912- 1992)
pouvait s'intéresser à tout, pourvu que l'invention
et la découverte soient
au rendez-vous. Fils d'un inventeur, il est tout d'abord peintre
abstrait et passionné d'architecture, puis révolutionnaire
en matière de composition
et d'interprétation musicales, mais aussi, par l'adoption
de techniques particulières, un des poètes les plus
singuliers de sa génération. Sa poé- sie a
été très peu traduite en France (excepté
Le Livre des champignons
et le Journal) et Christophe Marchand-Kiss, directeur de
la collection L'il du poète et traducteur de
la présente édition, a jugé qu'il était
nécessaire
de publier un ouvrage plus représentatif de l'uvre
globale.
Outre des pages appartenant aux deux titres déjà
mentionnés, on trouve ici Six mésostiques,
- poèmes visuels composés par ordinateur, à
l'adresse d'amis proches ou d'artistes estimés -, Un autre
chant - bribes d'impres-sions et de visions assez intimes, extrait
de X (1983) -, et Où mangeons-nous ? Que mangeons-nous
? - flux de langage étonnant, tiré de Mots
vides (1979) et de sa découverte de la diète macrobiotique.
On l'a compris, la poésie de Cage est moins une question
d'inspiration
que d'expérimentations. Pour les retranscrire, le hasard
a aussi son rôle,
si bien que "des considérations socio-politiques
et idéologiques se
mêlent aux critères esthétiques et musicaux"
(Boulez). On y croise des personnalités du monde de l'art
(danseurs de la compagnie Cunningham, critiques, etc.), des sciences
humaines ou économiques qui font l'objet de notes précieuses,
et l'on y retrouve des sujets qui continuent d'intéresser
l'homme du XXIe siècle, comme la contre-culture, la mondialisation,
l'urbanisme, l'expansion des médias, etc. Laissons maintenant
la vie brouiller la différence entre la vie et l'art.
Laurent Bergnach
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