Leonard Bernstein
de Renaud Machart
Actes Sud / Classica, 2007 - 222
pages
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Dans le roman Bleu de chauffe, Nan Aurousseau offre au plombier
Mamout une rencontre avec l'écrivain Jean-Patrick Manchette,
suite à l'éclatement de deux radiateurs en fonte dans
son appartement de banlieue. Le romancier accepte de donner son
avis sur le manuscrit que lui soumet le héros et lui conseille
de tout reprendre : "Pensez d'abord à toute votre
histoire, jusqu'à
la fin, méditez-la bien. Il faut prendre exemple sur les
vaches, vous savez,
il faut beaucoup mâcher pour donner du bon lait ".
Sans doute pressé par l'événementiel - les
représentations parisiennes
de Candide et West Side Story -, il semble que Renaud
Machart ait avalé son sujet, à l'exemple du boa, pour
ensuite faire une bonne sieste. Car
outre l'engouement pour un musicien narcissique au catalogue certes
rempli mais d'uvres assez périssables - opposant la
musique pop
au sérialisme démodé, l'Américain
lui-même déclare : "Gerschwin était
un compositeur de songs qui a évolué vers la
musique sérieuse. Je suis
un compositeur de musique sérieuse qui essaie d'être
un auteur de
songs" -, comment expliquer ces redondances, ces
ragots de couloir ?
Si, comme l'auteur, vous pensez que son compatriote John Adams
semble avoir donné de véritables chefs-d'uvre
lyriques au répertoire américain, vous comprendrez
et apprécierez cet ouvrage sur un des compositeurs les plus
mineurs du XXe siècle. Dans le cas contraire,
vous chercherez votre nourriture loin des cimetières...
Laurent Bergnach
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