CATHY BERBERIAN Cantac'trice
de Marie Christine Vila
Fayard, 2003 - 405 pages
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"La
musique est l'air que je respire et la planète que j'habite",
écrit Cathy Berberian quelques jours avant de mourir. En parcourant
cette biographie de Marie Christine Vila, on peut que la croire. Premiers
concerts familiaux
à l'âge de deux ans (Ramona...), premières
découvertes discographiques
à sept (Tito Schipa, le plus grand ténor de l'entre-deux-guerres),
la jeune Arménienne, né en 1925 dans le Massachussetts,
finit par rêver de l'Europe. Elle fera sa conquête tout
comme elle a séduit le jeune étudiant Luciano Berio,
dans le Milan des années 50. Ensemble, ils seront emblématiques
de la nuova vocalita, bien loin de ce qui faisait la joie du
public de la Scala. On assiste aux expériences vocales majeures
de l'époque - Darmstadt est au zénith -, dans la musique
électroacoustique, le théâtre musical, le récital
conçu comme spectacle, mais aussi la redécouverte du
répertoire baroque (Nikolaus Harnoncourt lui propose les rôles
de la Messaggiera et de Spe-ranza de l'Orfeo de Monteverdi,
qu'elle refuse tout d'abord).
Berberian crée des oeuvres de Berio, de Cage, de Bussotti,
de Pousseur, de Stravinsky même, avant de poursuivre dans une
voie plus personnelle dans la seconde partie de sa carrière.
A côté de ses propres créations qui voient le
jour - le célèbre Stripsody, à base d'onomatopées
de bandes dessinées -, elle s'autorise alors à chanter
la musique légère du XIXe ou
les Beatles qu'elle porte en haute estime, symbole de ce mélange
de culture savante et populaire qu'elle défend également.
Marie Christine Vila a déjà écrit de nombreux
articles et ouvrages sur la musique - Mozart, le mélodrame,
l'opéra... C'est une diva à contre-courant que nous
découvrons dans son livre, bien écrit et documenté,
le premier
à être consacré à celle que son mari surnommait
Magnificathy.
Anne Bluet
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