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Récital Boris Berezovsky : LISZT
Idéale Audience International / Naïve / Mirare, 2003
DVD multi-zones
DR 2104 AV 103
57'30
| Boris
Berzovsky a été filmé le 4 août 2002, pour Les
Pianos de la Nuit*. Pianiste influent du XIXème siècle
qui forma une centaine d'élèves, et un des initiateurs du récital
consacré à cet instrument, Franz Liszt a marqué l'histoire
de la composition pianistique. Ses compositions pour le clavier ont inauguré
une technique de jeu révolutionnaire et difficile dont l'instru-ment a
tiré une palette nouvelle de textures et de sonorités. Citons juste
les trois volumes d'Années de pèlerinage (1836-1877), les
vingt Rhapsodies hongroises (1846-1885), le Concerto n° 1 en mi
bémol majeur (1849, révisé en 1853), le Concerto
n° 2 en la majeur (1848, révisé en 1856-1861). Il réalise
également plus de deux cents arrangements et transcriptions pour piano
d'uvres d'autres compositeurs (Schubert, Mozart, Verdi, etc.). Certaines
pages pianistiques tardives annoncent Bartók, Debussy ou Schönberg.
Les études composées par Liszt sont en nombre considérable,
et elles nous servent à mesurer tout ce que le compositeur hongrois a apporté
à la technique pianistique moderne. Adaptation assez libre des Caprices
pour violon, les six Etudes d'après Paganini (1840) sont d'une virtuosité
éblouis-sante qui annonce ce que seront les douze Etudes d'exécution
transcen-dante de 1851. Ces dernières sont en fait la version remaniée
d'exercices conçus par Liszt à l'âge de quinze ans. De morceaux
au départ assez vains, le génie de la maturité fait des chefs-d'uvre
de poésie - Mazeppa et Harmonies du soir sont d'ailleurs
des références directes à Hugo et Lamartine -, des fleurons
de la musique romantique. Elève d'Eliso Virsaladze et d'Alexander
Satz, médaille d'or du concours Tchaïkovski en 1990, le trentenaire
Boris Berezovsky s'attaque donc à ce monument de virtuosité
que sont les douze Etudes... On entre très vite dans le concert.
D'emblée, on peut constater que le pianiste sait faire monter la tension
(n°2), qu'il peut être tonique jusqu'à paraître sauvage
(n°8), voire brutal (n°4) - au risque alors de manquer de couleur... ou
de casser une corde ! Et s'il rate quelques touches, paradoxalement, ce n'est
pas dans les passages les plus difficiles. Ce que nous retiendrons de ce récital
- comme une leçon de fair-play -, c'est le calme, la décontraction
de l'artiste qui aborde certains morceaux avec tendresse (les arpenggiandi
sur le début de la troisième), une légèreté
adéquate et pleine de suspens (n°5). Malgré la quantité
de notes, les pianissimi existent (n°6). Le musicien nuance son jeu, avec
passion et maîtrise (n°10) et atteint une gravité intérieure
sans offrir au spectateur un masque de grimaces. La souffrance d'un artiste,
dégoulinant de sueur sous les projecteurs, vient parfois nous donner à
réfléchir sur le bien-fondé de cette expérience :
offrir un jouet très perfectionné à un réalisateur
- ici Andy Sommer - dont l'ego flatté reste inconscient de ses propres
maladresses. Laurent Bergnach
*
Les Pianos de la Nuit est une collection de récital enregistrés
en public lors du Festival International de Piano de La Roque d'Anthéron
en juillet-août 2002. Réalisées spécialement pour le
DVD, ces interprétations virtuoses de pianistes contemporains ont vocation
à constituer dès aujourd'hui les archives classiques du XXIème
siècle. |