"Dido and Aeneas" de Henry Purcell

FRA musica / Opéra Comique, 2009
DVD multi-zones

Puisqu'il est à l'origine de cette nouvelle collection - avec Carmen
et L'Etoile comme prochaines sorties -, laissons d'abord la parole au producteur et réalisateur François Roussillon :

"En novembre 1988, bénéficiant du soutien sans faille de mes associés,
je fondai FRA, société de production dont la mission serait de faire par-
tager au plus grand nombre par l'intermédiaire de la télévision, notre
passion pour la musique, l'opéra et la danse. La conviction que l'écran permettrait de potentialiser les qualités d'un spectacle scénique nous
a orientés vers la captation. Vingt ans plus tard, nous disposons de
somptueux moyens techniques pour restituer la magie de la scène."

En partenariat avec l'Opéra Comique - qui présentait l'an passé
cette adaptation d'une production des Wiener Festwochen [lire notre chronique du 3 décembre 2008] -, voici donc filmé, une nouvelle fois,
Dido and Aeneas
, l'opéra baroque le plus plébiscité au monde. On sait
qu'il nous manque beaucoup d'éléments sur la genèse de l'ouvrage,
dont la première représentation connue, en décembre 1689, eut lieu à
la Boarding School for Girls de Londres. La musique du Prologue étant perdue, Deborah Warner l'a remplacée par trois poèmes - Echo et
Narcisse
de Ted Hugues, The Waste Land de Thomas Stearns Eliot et
Il aimerait avoir les voiles des cieux de Williams Butlet Yeats. Messagère entre deux époques, Fiona Shaw installe d'emblée un esprit bouffon,
dont ne manquerons pas les sorcières, et une fraîcheur que l'on
retrouve dans la danse des gamines du chœur.

A part quelques effets redondants (cris, cigarette), cette mise en scène théâtrale séduit autant que la distribution vocale : Malena Ernman (Dido
au timbre riche, à la mort saisissante), Christopher Maltman (Aeneas vaillant et nuancé, auquel son grain de baryton donne une présence incroyable), Judith van Wanroij (ferme Belinda), Hilary Summers (Magicienne charismatique), etc. William Christie et Les Arts
Florissants
occupant la fosse avec aisance, le plaisir du mélomane
est donc complet.

Laurent Bergnach