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Musique virtuose pour orgue
vol.1
Fugatto, 2007
DVD multi-zones
Fug 024
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C'est avec une conviction partagée par votre serviteur
que Federico
Savio a entrepris de filmer une douzaine de pièces pour
orgue car,
comme il s'interroge justement, "cet instrument-roi aux
multiples facettes, tantôt murmure, tantôt tonnerre,
toujours mystérieux et caché aux regards
du plus grand nombre, demandant tant de dextérité
à celui qui veut le
faire chanter, n'est-il pas l'instrument qui a le plus besoin d'être
montré ?".
Outre une belle prise de son, la variété du programme
constitue une invitation à découvrir ce document d'une
heure et demie.
Présentés ici par ordre chronologique de naissance,
les compositeurs
se succèdent, avec leurs styles si différents, dont
certains se reconnais-sent sans hésitation. Bien qu'il fut
organiste titulaire du Grand Orgue de Saint Gervais (Paris), l'auteur
de Messe à l'usage des Paroisse, François
Couperin, a peu écrit pour cet instrument, à l'inverse
de Johann Sebastian Bach qui lui a consacré une uvre
monumentale, dont la Toccata en fa majeur BWV 540 est une
des pièces les plus développées. S'il a rendu
hommage au précédent, c'est à Meyerbeer - et
à son Prophète - que
Franz Liszt emprunte un thème pour sa Fantaisie
sur Ad nos, ad saluta-
rem undam. Pilier de la renaissance de l'école française
dans ce domai-
ne, César Franck fut titulaire de Sainte Clotilde
avant d'enseigner l'orgue
au Conservatoire ; nous retrouvons son mélancolique Prélude,
Fugue
et Variation (1862), ainsi que des extraits du recueil L'Organiste
(1890),
écrit l'année de sa mort.
Elève du précédent au sortir de l'Institut
des jeunes aveugles,
Louis Vierne joua à Notre-Dame de 1900 à sa mort,
en 1937. Artiste virtuose et doué pour l'improvisation, il
laisse des pages lumineuses et sereines, telles L'Hymne au soleil
ou Berceuse. Quant à lui, Marcel Dupré
compose les célèbres Trois préludes et fugues
Op.7 (1912) alors qu'il
est encore étudiant au Conservatoire, pages que les éditeurs
jugent trop difficiles du point de vue technique - le troisième,
en sol mineur, se clôt effectivement sur une gigue endiablée.
Nommé d'abord à Saint Etienne
du Mont après des études avec Vierne, Maurice Duruflé
enseigna et se produisit comme concertiste. En 1942, alors qu'on
connaît l'influence de Dupré sur Olivier Messiaen,
c'est à un autre de ses élèves qu'une pièce
de Duruflé rend hommage : Jehan Alain, disparu au
combat en nous léguant l'éthéré Jardin
suspendu (1934) et l'enjoué Litanies (1937).
Elève de Mireille Krier (piano), Pierre Gazin et Marie-Claire
Alain,
Philippe Delacour enseigne à son tour, et joue très
régulièrement en
public. Alternant avec des plans des Grandes Orgues Haepfer-Aubertin
de Saint Jean-Baptiste (Château-Salins), restaurées
en 1995, et du
Grand Cavaillé-Coll de Notre-Dame (Metz), abîmé
lors d'une restauration
de façade en 1990 (aïe !), c'est un plaisir de voir
ces mains courant sur
les touches, les pieds dansant sur le pédalier, tandis que
son beau
visage demeure concentré et serein.
Samuel Moreau
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