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"la clemenza di tito"
de wolfgang amadeus mozart
EMI classics, 2007
DVD multi-zones
0946 3 77453 9 7
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Avec Die Zauberflöte et le Requiem, La Clemenza
di Tito est l'un des derniers ouvrages que compose Mozart
à la fin de l'été 1791, pour fêter
le sacre pragois de l'empereur Leopold II de Bavière. Si
le sujet de cette commande n'est pas neuf - empruntée à
l'Antiquité romaine, l'histoire du monarque à l'inébranlable
magnanimité avait déjà inspiré Caldara,
Hasse ou encore Gluck -, son choix apparaît comme un hommage
idéal au style
de gouvernement éclairé dont le futur roi de
Bohème avait fait preuve en tant que grand-duc de Toscane.
En collaboration avec le poète de cour Caterino Mazzolà,
Mozart revoie le livret original de Métastase : on réduit
le nombre d'actes et d'airs et on augmente les scènes à
plusieurs, de même que la caractérisation des personnages.
Lors de la création au Théâtre National de Prague,
le 6 septembre 1791, l'accueil de la haute aristocratie se révèle
glacial - l'impératrice aurait parlé de "porcheria
tedesca !" / cochonnerie allemande ! -, mais le
public bourgeois, profitant à son tour des représen-tations,
s'enthousiasme. C'est aussi notre cas, à la découverte
de cette production zurichoise, superbement filmée par Felix
Breisach les 24
et 27 juin 2005.
Se méfiant des mises en scène historiques ou conceptuelles,
Jonathan Miller a placé au centre du plateau une tour
pivotante, mi-tour de guet,
mi-palais qui reflète le caractère globalement public
de l'action - loin des scènes domestiques de la trilogie
Da Ponte. Autour de l'escalier en spirale qui s'y enroule, les
protagonistes se succèdent, en costumes italiens des années
30. Les récitatifs secco - dont on sait qu'ils ne
sont pas de la main de Mozart - ont fait place à des textes
parlés qui gomment l'aspect guindé de l'opera seria
et renforce le travail réaliste d'une direction d'acteur
très précise. A cet égard, et malgré
des plans malencontreux sur un visage
grimaçant, signalons la performance de Vesselina Kasarova
(Sesto), laquelle impose sa présence, livrant des nuances
toujours liées à une intention dramatique, comme un
affranchissement de la convention.
Ses partenaires ne déméritent pas. Eva Mei
(Vitellia), à la technique irré- prochable, offre
de nouveau à ses admirateurs des vocalises impeccables et
évidentes. Jouissant du chant le plus homogène de
la distribution, Liliana Nikiteanu (Annio) séduit
par un timbre rond, une pâte très égale (le
grave, en particulier). Malin Hartelius (Servilia) possède
un legato d'une grande beauté. Du côté
masculin, Jonas Kaufmann incarne Tito avec largesse, mais
aussi agressivité dans le registre aigu ; avec le doute et
le dilemme s'emparant du personnage, les nuances apparaissent alors.
D'une cou-
leur un peu terne, le Publio de Günther Groissböck
s'avère plutôt fiable. Ajoutons à cela un
chur vaillant, la direction élégante autant
que tonique de Franz Welser-Möst, et l'on aura convaincu
le lecteur de la qualité
générale de ce spectacle.
Samuel Moreau
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