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"Signor Goldoni"
de Luca Mosca
Dynamic, 2009
DVD multi-zones
33600
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Elève de Donatoni et Sciarrino, le compositeur, pianiste
et claveciniste
Luca Mosca (né à Milan en 1957) a déjà
livré de nombreux ouvrages pour
la scène : Il Sogno di Titania, Peter Schlemihl,
America et K sur des livrets de Pilar Garcia, ainsi
que Mr. Me, Freud, Freud, I Love You et Ubuette
sur des livrets de Gianluigi Melage. Avec ce dernier, il signe aujourd'hui
Signor Goldoni (2005-07), un drame burlesque en deux actes
qui célèbre
le tricentenaire de la naissance du dramaturge, mais plus encore
Venise,
la ville qui l'a nourri. Car c'est des Champs Elysées à
la cité lagunaire, le temps d'une nuit de bal masqué,
que l'Anzolo Rafael (un archange de pierre, bien connu des touristes)
entraîne Carlo Goldoni, auquel s'accroche le poète
érotique Giorgio Baffo. Les revenants passent un temps inaperçus
au cur d'une fête qui célèbre les personnages
de Shakespeare et mêle
le natif d'Avon lui-même sous le déguisement d'Othello,
Mirandolina (prota-goniste de la Locandiera), Despina (son
héritière, héroïne de Mozart et Da Ponte),
sans oublier des personnages de Commedia dell'Arte. La suite ne
manque ni d'anachronismes, ni de rebondissements : un piège
est tendu au poète lubrique, un duel s'engage entre Goldoni
et Othello et une compé- tition de chant se met en place
à la suite d'un gage. Pour cette présentation au public
de La Fenice en septembre 2007, Davide Livermore livre une
mise en scène à l'esprit loufoque, aux décors
et costumes soignés.
Offrant un tissu riche et bigarré, une orchestration au
premier abord opulente, la partition extrêmement rythmique
de Mosca - défendue par Andrea Molino - rappelle le
Rake's progress de Stravinsky autant que certains collages
de Maderna. L'uvre propose des moments burles-
ques, grotesques, mais aussi certains potentiellement dramatiques,
qu'annonce, par exemple, un ensemble de mandolines inquiètes.
Signor Goldoni n'a pas à rougir des chanteurs qui
participent à sa
création - en anglais, une langue appréciée
pour ses qualités musicales -, tous sonores et efficaces
: l'alto Sara Mingardo (Desdemona), le ténor Michael
Bennett (Arlecchino), la basse Michael Leibundgut (Othello)
et les barytons Roberto Abbondanza (Goldoni) et Chris
Ziegler (Baffo).
De plus, il faut signaler les magnifiques duos de la colorature
Barbara Hannigan (Despina) avec le mezzo Cristina Zavalloni
(Mirandolina), ainsi que les prouesses de Aida Caiello, soprano
qui passe aisément des graves profonds aux suraigus les plus
acrobatiques.
Laurent Bergnach
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