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"Le Roi d'Ys"
d'Edouard Lalo
Dynamic, 2009
DVD multi-zones
33592
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C'est tardivement, et à pas mesurés, qu' Edouard
Lalo (1823-1892)
aborde le genre lyrique, avec Fiesque tout d'abord - ouvrage
présenté
à un concours en 1867, et au public près d'un siècle
et demi plus
tard -, puis avec Le Roi d'Ys, créé avec succès
à l'Opéra Comique,
le 7 mai 1888. Jusque là, le musicien a surtout fréquenté
la musique
de chambre : en effet, après l'étude du violon et
du violoncelle amorcé
dans sa région lilloise, un perfectionnement auprès
de François Antoine Habenek (soliste réputé,
futur directeur musical de La Juive, Robert le Diable
ou Benvenuto Cellini), et l'initiation à la composition
avec Julius Schulhoff (pianiste) et Joseph-Eugène Crèvecoeur
(étudiant à peine
plus âgé que lui), Lalo intègre en 1855 l'un
des premiers quatuors
stables formés en France. Altiste tout d'abord, puis violoniste
au sein
du Quatuor Armingaud, il approfondit sa connaissance d'un répertoire
allemand qu'il aime tant (Beethoven, Schubert, Mendelssohn,
Schumann et Weber).
Après l'inspiration orientaliste du ballet Namouna
- hué en 1882, bien
que Debussy y reconnut une manière de chef-d'uvre -,
Le Roi d'Ys
puise dans une ancienne légende bretonne les ingrédients
de l'ouvrage romantique idéal : deux filles de roi amoureuses
du même homme, la haine de la sur délaissée
pour sa rivale heureuse, son alliance avec
le prince Karnac pour ruiner la cité, enfin l'inondation
de cette dernière, qu'interrompt Saint Corentin après
l'expiation de la coupable. A une
partition longtemps remaniée qui reprend des motifs de style
populaire, teintée du wagnérisme régnant alors,
l'alerte Patrick Davin offre relief lyrique, précision
du dessin, et juste ce qu'il faut de grandiloquence ;
mais il faut le reconnaître plus brouillon sur les parties
impliquant les chanteurs, et même dangereux pour ces derniers
de part ses mobilités
de tempo.
En ce mois d'avril 2008, à l'Opéra Royal de Wallonie,
les héroïnes
du drame profitent du chant large de Giuseppina Piunti (Margared)
et
de Guylaine Girard (Rozenn), des graves profonds de la première
et
du phrasé onctueux de la seconde. Rôle-titre d'une
diction exemplaire,
Eric Martin-Bonnet se révèle vaillant dans
l'ensemble de la tessiture
et nuancé dans l'aigu. Werner Van Mechelen (Karnac)
s'avère efficace,
mais plus encore Léonard Graus (Saint Corentin) et
Marc Tissons
(Jahel). Hélas, outre la mise en scène périssable
de Jean-Louis
Pichon, il faut signaler la déception d'entendre ici
Sébastien Guèze
(Mylio). C'est maintenant ou jamais que le jeune ténor doit
se remettre
en question car s'il réussit de rares passages en voix mixtes,
son chant trahit un placement mal contrôlé et un impact
changeant, un aigu brutal
et instable puisqu'au soutien déficient.
Laurent Bergnach
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