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"La Didone" de
Francesco Cavalli
Dynamic, 2007
2 DVD multi-zones
33537
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On redécouvre lentement la production de Pier Francesco
Cavalli
(alias Pietro Francesco Bruni Caletti, né en 1602, disparu
en 1676),
parmi laquelle une quarantaine d'opéras, presque tous mythologiques,
qui furent vite oubliés après sa mort. Dans l'introduction
au livret de Didone fournie pour la représentation
au Teatro San Cassiano de Venise en 1641, le compositeur précise
: "Cette uvre ressent des opinions modernes.
Elle n'est pas faite selon les règles traditionnelles".
S'appuyant sur un texte de Gian Francesco Busenello, le musicien
réputé dans la Cité des Doges s'essaie pour
la première fois à mettre en musique une histoire
et déjà, c'est pour enrichir le genre ; il opte pour
un pathos et une expressivité des plus passionnés,
pour une texture dramatique et une conception mélodi-que
dans la lignée de Monteverdi - s'en montrant digne successeur
avec L'Ormindo (1644), La Calisto (1651) ou encore
Ercole Amante (1662).
Gian Luca Zoccatelli livre l'analyse suivante :
"Précédée d'un prologue solennel dans
lequel Iris exhorte les mortels à ne pas offenser les dieux,
l'histoire de Didon s'anime au travers de nombreu-ses pages solistes
très différentes les unes des autres par leur caractère
et leur structure, conçues tantôt par le simple support
de la basse continue tantôt avec un accompagnement instrumental
plus articulé, comprenant cinq parties réelles auxquelles
le compositeur accorde parfois des mo-ments autonomes qui créent
une diversité par rapport à l'action ou qui
s'y insinuent avec une parfaite logique pour l'intensifier de façon
intentionnelle et suggestive".
Filmés en 2006 au Teatro Malibran, les chanteurs de cette
production vénitienne méritent, pour certains, d'être
mieux connus : Claron McFadden incarne Didone avec beaucoup
de concentration et un chant fiable, Antonio Lozano défend
Anchise par de beaux récitatifs et Eolo avec puissance,
Jordi Domènech (Iarba) possède un alto profond,
Magnus Staveland (Enea) prend doucement de l'assurance, etc.
Sans aucun registre faible, Marina De Liso (Ecuba, etc.)
apparaît comme notre préférée, tant elle
pos-sède de présence, d'assurance et d'expressivité.
La musique, qui met en lumière les conflits entre les personnages,
est défendue par les talentueux Fabio Biondi et ses
musiciens d' Europa Galante. Malgré tous ces atouts,
on a du mal à se passionner, peut-être à cause
d'une mise en scène irréprochable mais si dépouillée
qu'elle en devient trop lisse.
Laurent Bergnach
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