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"Let's make an opera"
de Benjamin Britten
Arthaus, 2006
DVD multi-zones
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Benjamin Britten s'est toujours beaucoup investi afin que
les jeunes découvrent la musique (notamment avec The Young
Person's guide orchestra). Let's Make an Opera et The
Little Sweep vont encore plus loin que L'Enfant et les Sortilèges
de Ravel ou les Enfantines de Moussorgski. Dans la première
partie, des enfants écoutent une histoire racontée
par Doris (qui la tient de sa grand-mère), une dame chez
qui ils passent leurs vacances. Un petit garçon a été
vendu à deux ramoneurs par son père, invalidé
par un accident. Ces deux grosses brutes le malmènent et
le font grimper dans la cheminée, malgré sa terreur.
Ils l'abandonnent et Sam
sera sauvé par les enfants de la maison qui, avec l'aide
de la gentille nou-nou Rowan, l'aideront à échapper
à l'acariâtre Miss Baggott et à ses mé-
chants patrons. Les petits décident d'en faire un opéra,
The Little Sweep.
Le thème de l'oppression des enfants par les adultes est
récurrent chez Britten, et le librettiste ici est Eric Crozier
qui avait écrit le livret d'Albert Herring, autre
opéra où un jeune doit échapper aux adultes,
assez ludique lui aussi et se terminant bien. D'ailleurs, le compositeur
était très attaché personnellement à
cet opéra de poche (un quatuor à cordes, quelques
percussions et un piano quatre mains), où il a adapté
l'écriture aux capacités de ses interprètes
en herbe.
Le réalisateur Petr Weigl a choisi de mettre en scène
des acteurs
doublés par des chanteurs ; comme les techniques de doublages
sont maintenant bonnes, ce n'est pas dérangeant. Le prologue,
parfois un peu longuet, montre des scènes assez amusantes,
mais pas toujours gentil-les, de la vie quotidienne d'une ville
idyllique d'Angleterre, avec ses magni-fiques bâtiments et
ses parcs. L'on voit aussi Doris raconter l'histoire et la préparation
de l'opéra par les enfants, les jeunes gens et les adultes
qui
y prennent un grand plaisir. La construction des décors et
la distribution
des rôles se déroulent devant nos yeux.
Cela aboutit à une interprétation parfaite en tous
points.
Le rôle de Miss Baggott est distribué à Doris,
amusante et grincheuse à souhait, jouée par Jirina
Jeraskova et chantée par Felicity Palmer, tandis
que la gentille Rowan est jouée par la femme de chambre pleine
d'éner-
gie - Dagmar Verskrnova doublée par la voix superbe
du soprano Kate Flowers. Les enfants sont tous excellents
de vérité et de naturel, et l'aînée,
Dana Moravkova, est doublée par le délicat
soprano Lisa Milne. Sam est très attachant - Johan
Kolinsky doublé par Edward Yeo. Les deux vilains
ramoneurs sont doublés par les chanteurs Stephen Richardson
et John Graham Hall. Le public se voit confier certaines
parties : le chur du début où il est ordonné
à Sam d'aller ramoner les cheminées, l'entraînante
scène de la baignoire ou le magique chant nocturne. Dans
le film, il chante de
son mieux malgré plusieurs éléments indisciplinés
et comiques. C'est le
chur professionnel City of Birmingham Symphony Chorus qui
assure la partie vocale. Toute l'équipe est dirigée
avec attention par Simon Hasley.
Malgré les longueurs du prologue, ce DVD est le seul enregistrement
du Petit Ramoneur disponible en France et l'uvre vaut
vraiment d'être entendue.
Stéphanie Cariou
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