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"Les pêcheurs de perles" de Georges Bizet
Dynamic, 2004
DVD multi-zones
33459
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Beaucoup prédisaient au jeune Georges Bizet
(1838-1875), lauréat du
Prix de Rome, un brillant avenir
Pourtant, peu de ses uvres
obtinrent
un succès du vivant de leur auteur, et chacun sait que Carmen,
opéra créé l'année de sa mort, reçut
tout d'abord un accueil glacial. Figurant réguliè-
rement au répertoire, facile à monter (quatre solistes
plus un chur), Les Pêcheurs de perles est une
uvre qui connut l'adhésion du public - en
dépit d'une critique boudeuse. Représentée
pour la première fois au Théâtre-Lyrique de
Paris le 30 septembre 1863, elle connut dix-huit repré- sentations.
Sa reprise à La Scala de Milan, en 1886, installa définitivement
sa renommée. C'est d'ailleurs en Italie, au Teatro La Fenice
de Venise,
que nous emmène cette production, enregistrée en avril
2004.
Sur les côtes de Ceylan
Pour ne pas détruire
leur amitié, Zurga,
le chef des pêcheurs, et Nadir, le chasseur, ont promis de
ne plus appro-cher la mystérieuse prêtresse voilée
du temple de Candy, dont ils sont tombés tous deux amoureux.
Mais celle-ci, accompagnant le grand prêtre Nourabad pour
bénir la saison de la pêche aux perles, se trouble
en recon-naissant Nadir. En effet, celui-ci n'a pas respecté
le pacte et s'est rendu récemment au temple pour entendre
les chants de la Vierge protectrice.
À la nuit, les jeunes gens s'avouent leur amour, et sont
surpris. Les villageois souhaitent la mort des blasphémateurs,
de même que Zurga, d'abord réticent, puis fou de rage
en reconnaissant Leïla, la prêtresse de Candy. Mais il
reconnaît également, autour de son cou, un collier
qu'il a offert jadis à une enfant quand, fuyard, elle l'avait
caché au mépris de sa propre vie. Peu avant l'exécution,
Zurga favorise la fuite des amants en mettant le feu au village.
Pas de grands effets pour cette mise en scène toute simple
de Pier Luigi Pizzi : un plateau incurvé, un escalier,
un monument doré. Les costumes colorés, sans raffinement
excessif, s'accordent à la pauvreté des villageois
- et les pieds sont nus. En revanche, quel feu d'artifice du côté
vocal ! Le baryton Luca Grassi - Zurga - possède une
voix large et un timbre des plus agréables. Son charisme
n'est pas contestable. Face à lui, le ténor Yasu
Nakajima - le coureur des bois -, avec ses pianissimi
délicats, ses aigus cuivrés, paraît plus élégant,
peut-être parce qu'amoureux attendri. Douceur également
chez la basse Luigi De Donato, à la belle diction
mais dont la voix manque un peu de chair. Enfin, la soprano Annick
Massis - Leïla -
est proche de la perfection : voix cristalline, belle ligne de chant,
vocalises impeccables. À ces duos magnifiques d'émotion
s'ajoute, entre tension
et moelleux, la direction bouleversante de Marcello Viotti.
Le chef nous a quitté en février dernier, pendant
les répétitions de Manon, et nous regret-terons longtemps
ce serviteur d'une musique française trop souvent négligée
chez nous.
Samuel Moreau
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