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"wozzeck" d' Alban
Berg
Arthaus, 2007
DVD multi-zones
101 277
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Tout commence par un fait divers : en 1821, à Leipzig,
le soldat-barbier Johann Christian Woyzeck poignarde sa maîtresse
dans un accès de jalousie. L'homme est-il ou non responsable
de ses actes ? Psychiatres
et experts d'Etat répondent par l'affirmative et le coupable
est exécuté trois ans après le crime. Scientifique
de formation, sensible aux idées socialis-tes et révolutionnaires
- il va connaître l'exil et la censure -, Karl Georg Büchner
(1813-1837) s'intéresse à la dimension sociale de
cette affaire. Mais, atteint de typhus, il meurt à vingt-trois
ans sans avoir pu terminer sa pièce. Les fragments, disséminés
entre plusieurs manuscrits, sont édités une première
fois en 1879 sous un titre qui passera à la postérité
: Woyzeck.
Le 5 avril 1914, Alban Berg assiste à la première
représentation
viennoise de l'uvre. Très impressionné, il met
en route quelques esquis-ses musicales qu'il reprend plus sérieusement
en 1917, à son retour du front. Malgré de nombreuses
interruptions dans son écriture, l'opéra drama-tique
voit enfin le jour, en octobre 1921. S'il est clairement articulé
en trois actes de cinq scènes chacun, le traitement en est
résolument contempo-rain, avec un contenu expressionniste.
Dès sa création berlinoise, le 14 décembre
1925, l'ouvrage s'inscrit au répertoire, malgré la
propagande nazie qui condamne son antimilitariste tendancieux, ne
pouvant l'écarter que le temps du pouvoir.
Reprenant une production hambourgeoise de 1970, ce film met en
scène
la vie de garnison dans un château du sud de l'Allemagne,
avec ce problè- me d'esthétique que souligne Rolf
Lieberman : "Alors qu'en matière de télévision,
il s'agit en premier lieu de rendre la réalité telle
qu'elle est, l'opéra est en revanche un art stylisé.
Comment faut-il donc s'y prendre pour qu'ils se rejoignent ?"
Effectivement, la structure du livret se prête à
merveille au cinéma, cette cité labyrinthique est
kafkaïenne à souhait, mais lorsque le Tambour Major
roule des yeux et qu'un ivrogne frise la caricature, on sent
le décalage. Malgré tout, rendant l'entière
cruauté du propos, le film de Joachim Hess est prenant.
D'une direction rapide, lyrique et leste, Bruno Maderna
accompagne des interprètes idéaux. Précis,
souple, et jouissant d'un chant impacté à l'aigu superbe,
Gerhard Unger incarne un Capitaine qui abuse de sa position
hiérarchique. Avec un timbre riche et une belle voix mixte,
Hans Sotin est
un Médecin à l'autorité effrayante. Face au
duo moraliste, le côté humble
et modeste du rôle-titre éclate, d'autant que le chant
de Toni Blankenheim s'avère un peu sourd et discret.
Sena Jurinac (Marie) possède une assise grave touchante,
et Peter Haage (Andres) un chant clair et juvénile.
Seul déçoit le Tambour peu nuancé de Richard
Cassily.
Laurent Bergnach
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