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"beatrice di Tenda"
de Vincenzo Bellini
TDK, 2006
2 DVD multi-zones
DV-OPBDTM
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"La musique de Bellini vient du cur et entretient
un rapport intime avec
le texte" ; ainsi parlait Richard Wagner d'un confrère
dont il fallut attendre
la seconde moitié du XXe siècle - encore merci à
Maria Callas ! - pour que des uvres comme la tragédie
lyrique Beatrice di Tenda soient redécou-vertes et
montées. En effet, alors que Rossini et ses prédécesseurs
pou-vaient, grâce à une composition formelle, finir
un ouvrage en une semaine, Vincenzo Bellini (1801-1835) prend
son temps : au-delà de la sobriété
des passages orchestraux, des churs emphatiques, des solistes
gran-diloquents, on reconnaît son style au soin d'adapter
davantage la musique aux caractéristiques et aux sentiments
de ses personnages. La précision
et l'harmonie sont ses chevaux de bataille et, comme le rappelle
le maestro Marcello Viotti dans un documentaire bonus d'une
trentaine de minutes, même si le drame compte assez peu à
l'époque, le phrasé bellinien, son art de la variation,
ne sont pas à regarder de haut.
Bellini a déjà écrit quelques-uns de ses succès
quand il se penche sur
un sujet médiéval, inspiré d'un événement
historique. Le 16 mai 1412, Giovanni Maria Visconti, duc de Milan,
est victime d'une conspiration. Bea-trice de' Lascari (ou di Tenda),
la veuve d'un capitaine qui vient de mourir, prend la relève
du commandement de l'armée. Grâce à elle, Filippo,
frère
de Giovanni, parvient à écraser les rebelles et à
reconquérir le duché. Tout deux finissent par se marier.
Mais six ans plus tard, Filippo tombe amou-reux d'Agnese del Maino.
Dans le but d'annuler leur union, il accuse sa femme d'avoir une
liaison avec le courtisan Michele Orombello. L'innocente victime
sera décapitée dans la nuit du 13 au 14 septembre.
A son librettiste Felice Romani, le musicien demanda de soigner
le portrait d'une femme douce et fragile, qui fait dignement face
à son destin tragique. Débarrassée de
la virtuosité vocale qui avait plu dans Norma (1831),
l'uvre connaît un échec retentissant (mais de
courte durée) à sa création vénitienne,
le 16 mai 1833.
Cette production de l'Opernhaus Zürich, filmée en décembre
2001,
séduira les amateurs de bel canto mais décevra
ceux de belles reconsti-tutions historiques. Par ses costumes et
ses volumes architecturaux - une structure tournante à escaliers
et plateformes, qui offre différentes possi-bilités
de lieux durant le premier acte -, nous sommes à la frontière
des XIXe et XXe siècles. Dans cet espace assez impersonnel,
la direction d'ac-teurs se révèle malheureusement
sans surprise, voire indigente, d'autant qu' Edita Gruberova
- le rôle titre - semble assez extérieure au propos.
Si
la voix est large, les aigus remarquables d'agilité, le timbre
s'avère souvent agressif, le legato peu assuré
et le chant imprécis. Plus expressive, souple, nuancée
s'avère sa rivale Agnese, incarnée par Stefania
Kaluza. Michael Volle - Visconti - possède une
voix ferme, bien projetée, bien articulée. Même
voix saine pour Raúl Hernández - Orombello -, raide
par
moments mais d'un timbre rond très caressant.
Samuel Moreau
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