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piotr anderszewski joue
les variations diabelli
Virgin Classics, 2004
Idéale Audience Internationale
DVD multi-zones
5 99463
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Les Variations Diabelli sont pour Beethoven ce que
sont pour Bach
les Variations Goldberg : le testament pianistique d'un compositeur,
une étape décisive dans la carrière d'un interprète.
Avant que de jouer cette heure de musique, Piotr Anderszewski
nous rappelle brièvement, dans
un documentaire d'une vingtaine de minutes, les origines de cette
uvre, concentration des émotions.
En 1819, l'éditeur et compositeur Anton Diabelli (1781-1858)
s'adresse
à une cinquantaine de musiciens (Czerny, Schubert, Hummel,
et bien d'autres, jusqu'au jeune Liszt, alors âgé de
onze ans) en vue d'obtenir différentes variations d'une valse
qu'il a écrite. Devant la médiocrité du matériau
de départ, Beethoven commence par refuser. Il se ravise ensuite
pour entreprendre en juin 1819 une série de trente-trois
variations qui seront terminées quatre ans plus tard, en
avril 1823. 33 Veränderungen über einen Waltzer von
A.Diabelli, avant-dernière composition pour le piano,
paraissent en juin de la même année, dans un recueil
indépendant.
Juste quelques motifs, pas de thème
Quel défi pour le compositeur, s'extasie le pianiste - qui,
bien avant ses débuts internationaux à Londres, en
1991, avait déjà impressionné plus d'un jury
de concours par sa maîtrise de Beethoven - avant de nous livrer
toutes ces transformations, à partir de rien !
Et quand on pense avoir fait le tour du morceau primitif, on va
encore
plus loin après la 20ème variation
Majoritairement
écrite en ut majeur, l'uvre n'oublie pas l'humour et
l'ironie, comme pour cette paraphrase de Don Giovanni. Piotr
Anderszewski laisse parler un enthousiasme presque enfantin qui
nous donne une belle leçon de musique, bientôt prolongée
par son interprétation précise.
A une parfaite tenue des mains, le pianiste ajoute un jeu plein
de relief. L'élégance alterne avec une certaine rudesse,
le recueillement (20ème) avec une lourdeur relative, proche
de la gravité (30ème), etc. Le pianiste
et l'homme nous sont rendus très proche par la caméra
intelligente de Bruno Monsaingeon qui, cette une fois encore,
fait merveille (voir les
films sur Oïstrakh, Richter, et le récital
Grigori Sokolov). Dans le livret,
le violoniste-réalisateur explique les bonheurs et les soucis
d'une telle entreprise, du choix de la méthode de tournage
(effectué à l'été 2000, à l'Auditorio
Stelio Molo de Lugano) jusqu'au montage final. Quand l'artiste
est aussi bien devant que derrière la caméra, cela
donne un magnifique cadeau pour les amoureux du clavier.
Samuel Moreau
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