Deux festivals de musique
aux Serres d'auteuil :
quelques questions à leur
créatrice, Anne-Marie Réby

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La genèse des festivals
Les contraintes du lieu
Les artistes de la première édition
Programme du Printemps
Programme des Nouveaux Solistes
Points forts de l'édition 2004

 

 

 



Le Printemps des Serres d'Auteuils

Tous les concerts ont lieu
à 19 Heures au Pavillon des Azalées
1 avenue Gordon Benett, Paris 16ème
Métro Ligne 10, Porte d'Auteuil
( Sortie Roland-Garros)
Bus 52, 123 et PC

jeudi 17 juin
SCHUMANN : Adagio et Allegro MENDELSSOHN : Variations oncertantes
LACHENMANN : Pression
CHOPIN : Sonate

Jérôme Pernoo, violoncelle
Jérôme Ducros, piano

samedi 19 juin
SCHUMANN : Études symphoniques
Variations posthumes Op.13
DUFOURT
: Meeresstille
BEETHOVEN :Sonate Op.14 n°2
François-Frédéric Guy, piano

dimanche 20 juin
BACH : Le Clavier bien tempéré, Livre I
VIERU : Sonate

Andréï Vieru, piano

vendredi 25 juin
CRUMB : A Little Suite for Christmas SCHUMANN : Trois Romances Op. 28
Davidsbündler Tänze
Eric Le Sage, piano

samedi 26 juin
DEBUSSY : Reflets dans l'Eau, Ondine
Jardins sous la Pluie, L'Isle joyeuse
La Cathédrale engloutie
DUTILLEUX : Le Jeu des Contraires SCHUMANN : Humoresque Op. 20

Philippe Cassard, piano

dimanche 27 juin
BRAHMS :
Quatuor pour piano et cordes Op. 26
AMY: Obliques II

Guillaume Sutre, violon
Miguel da Silva, alto
François Salque, violoncelle
Jean-François Heisser, piano


fête de la musique - lundi 21 juin
18h - 19h30- 20h45
Intégrale des sonates de
SERGEÏ PROKOFIEV

Frederic Chiu, piano

 

 

 

 

 


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Les Nouveaux Solistes
aux Serres d'Auteuils

Tous les concerts ont lieu
à 19 Heures au Pavillon des Azalées
1 avenue Gordon Benett, Paris 16ème
Métro Ligne 10, Porte d'Auteuil
( Sortie Roland-Garros)
Bus 52, 123 et PC

vendredi 27 août
VINE : Sonate
SCHUMANN : Kreisleriana
WAGNER-LISZT : La Mort d'Isolde

Katia Skanavi, piano

samedi 28 août
KODALY : Intermezzo pour Trio à cordes
LISZT : Variations sur "Weinen, Klagen, Sorgen, Zagen" de Johann Sebastian Bach
JOLIVET : Nocturne pour violoncelle et piano
SUK : Quatuor avec piano Op.1

François Sochard, violon
Antoine Tamestit, alto
Marie Bitlloch, violoncelle
Romain Hervé, piano

dimanche 29 août
CHOPIN : trois préludes
ANDREJEVAS : À l'oiseau qui ne revient pas
LISZT : Jeux d'eau à la Villa d'Este
Après une lecture de Dante

Philippe Giusiano, piano

vendredi 3 septembre
RACHMANINOV : Daisies Op. 38 n° 3
Étude Op. 33 n° 9, Polka
JOLIVET : Ascèses
WEBER :
Trio pour flûte, violoncelle et piano Op. 63

Sarah Louvion, flûte
Renaud Déjardin, violoncelle
Emmanuelle Swiercz, piano

samedi 4 septembre
MOZART : Sonate KV. 475
DEBUSSY : L'Isle Joyeuse
Quatre préludes du 1er Livre
MATALON : Dos Formas del Tiempo
STRAVINSKY : Suite de L'oiseau de feu

Chuan Quin, piano

dimanche 5 septembre
BRAHMS : Intermezzi Op.118
Sonate n°2 Op. 99
BERIO : Sequenza XIV

Eric-Maria Couturier, violoncelle
Shani Diluka, piano

vendredi 10 septembre
BACH :
Fantaisie chromatique et Fugue BWV 903
BACH-LISZT : Prélude et FugueBWV 543
BACH-BUSONI :
Choral BWV 639, Choral BWV 659
MULSANT : Passacaille
LISZT : Mephisto-Valse
Saint-François de Paule marchant sur les flots

Lisa de la Salle, piano

samedi 11 septembre
HAYDN : Sonate n°33 Hob 16/20
LIGETI : Musica Ricercata (extraits) BEETHOVEN : Sonate n°13 Op. 27 n°1
"Quasi una Fantasia"

Hélène Couvert, piano

dimanche 12 septembre
BLOCH : Quatre Pièces
OHANA : Noctuaire
GRIEG : Sonate Op.36

Emmanuelle Bertrand, violoncelle
Pascal Amoyel, piano

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Renseignements
08 20 00 75 75
01 46 31 02 26

Accompagnés du chant des oiseaux, dans la quiétude du jardin des Serres d'Auteuil, nous avons rencontré ANNE-MARIE REBY à qui nous avons posé quelques questions. Il conviendra de la saluer sur cette page.


Comment l'idée d'occuper la Pavillon des Azalées des Serres d'Auteuil par des concerts, au tout début et à la fin de l'été, vous est-elle venue ?
Le Jardin des Serres d'Auteuil est un endroit que je connais bien : enfant, j'habitais Boulogne et, mes parents n'ayant pas de voiture, je venais me promener tous mes dimanches ici. Lorsque je travaillais pour France Musiques, j'ai eu pour assistante une fille formidable qui, après son stage
à la Radio, a été nommée aux Serres d'Auteuil, à la Communication : elle m'a appelée pour me dire : "Il y a ici une serre vide durant l'été : je suis sûre que vous pourriez y faire de la musique". Je suis venue, et j'ai retrouvé le jardin avec émotion, je l'avoue. Avec quelques amis musiciens, nous avons fait des essais acoustiques qui nous ont persuadés qu'on pouvait en effet imaginer quelque chose dans le pavillon des azalées. L'idée était inté-
ressante d'essayer de monter une série musicale pour fin août, début septembre, au départ exclusivement axée sur les jeunes musiciens - soit des musiciens vraiment très jeunes non encore connus du public, ou des jeunes plus connus qui parrainent la série. Il y a deux ans, les musiciens eux-mêmes et le public ont suggéré une série de printemps que j'ai sou-haitée ouverte à des interprètes sans limite d'âge, si je puis dire.
Les Nouveaux Solistes
a donc été créé en 2000, et Le Printemps des
Serres d'Auteuil
il y a deux ans.

Y a-t-il des particularités acoustiques dans un lieu comme celui-ci ?
Lorsqu'elle est vide de toute plante, la serre sonne comme une petite église de campagne, c'est-à-dire avec une réverbération assez importante ; le son tourne beaucoup. En mettant de la moquette sur les trois quarts du sol, on créé une absorption et ça sonne nettement mieux.


Ce lieu vous a-t-il donné des craintes ? par raport à la fréquentation d'un public, aux dates choisies, etc.? J'imagine qu'il y avait un certain nombre de contraintes physiques, logistiques, peut-être administratives ?
La première contrainte est le temps. Donner ici des concerts est toujours risqué : lorsqu'il fait beau ou gris, tout va bien ; dès qu'il pleut, c'est plus difficile : si la pluie est assez importante, elle fait du bruit en tombant sur
la verrière. De plus, au niveau de l'estrade, la verrière n'est pas étanche, si bien que le pianiste reçoit des gouttes d'eau ! Je croise les doigts : ce n'est arrivé qu'une seule fois en quatre ans, mises à part quelques répétitions sous la pluie. Par ailleurs, le jardin est magnifique, mais si le temps est mauvais, c'est beaucoup moins agréable pour les gens qui, en général, viennent de bonne heure, s'installent pour lire au soleil ou à l'ombre après avoir pris leur billet. Le beau fixe donne au lieu un petit air de festival d'été très plaisant. Il y a eu également d'énormes craintes en ce qui concerne le public, bien sûr : il n'y avait jamais eu de musique dans cet endroit, de plus, ayant très peu de moyens, je n'avais pas engagé d'attachée de presse dès le début, si bien que la première année, nous avons fait des concerts avec soixante ou soixante-dix personnes dans la serre. C'était plutôt dur. Pour
la seconde édition, j'ai fait appel à une attachée de presse qui a fait un tel travail que les gens ont pris l'habitude de cette série de concerts. Nous avons d'abord à faire à un public de proximité, puis à des mélomanes toujours à l'affût des manifestations musicales - par exemple, je retrouve beaucoup de gens qui venaient à mon émission à Radio France -, il y a
bien sûr des gens de passage, et aujourd'hui, certains concerts ont fait salle comble, on a même du parfois refuser du monde. On peut dire que
le pari est gagné d'avoir attiré des gens qui maintenant attendent cet évè-
nement ; nous sommes dans le 16ème arrondissement, un arrondisse-ment qui, comme chacun sait, n'est pas socialement défavorisé, mais
l'est culturellement : il n'y a pratiquement pas de théâtre, aucune salle de concerts, si ce n'est la Maison de Radio France, mais qui demeure très excentrée du quartier. Si je reste suspendue à la météo pendant toute la période des festivals, les problèmes de public sont à peu près résolus,
je crois ; le reste suit tant bien que mal, et l'on fait ce qu'il faut pour
que ça marche.


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© crédit photoAMR

Par sa spécificité, le lieu amène-t-il un public différent,
avec des réactions peut-être différentes, elles aussi ?
Curieusement, la plupart des gens qui viennent ici ne connaissent pas le jardin. Sur les deux mille personnes qui sont venues écouter des concerts l'année dernière, il y en avait peut-être cent qui connaissaient l'endroit auparavant. Donc, le public découvre un lieu, est étonné, et le plus souvent séduit, puisqu'il revient. Ce qui me plait beaucoup, c'est que ces personnes connaissent peu la musique et viennent ici la découvrir. Je pense que le lieu y est pour quelque chose. Par exemple, il y a beaucoup de gens qui ne vont jamais eu concert pendant la saison, et qui viennent à ceux des Serres d'Auteuil, souvent parce qu'ils pensent que le concert dans une salle pari-sienne est resté très conventionnel, qu'il y faut absolument être habillé com-me ceci ou comme cela, que les enfants n'y sont pas les bienvenus parce qu'ils risqueraient d'être bruyants, etc. Ici, on s'habille comme on veut, on peut emmener ses enfants, et s'il y a un petit bruit d'enfant, ce n'est pas une catastrophe, c'est beaucoup plus convivial. Souvent, les gens me disent être agréablement surpris de pouvoir entendre des musiciens de cette valeur dans des conditions décontractées. De plus, étant données les dimensions de la serre, la proximité avec les artistes, que l'on voit comme il est impos-sible dans une salle de deux milles places, est souvent fascinante.


Quels ont été les artistes du 1er festival ? Comment cela s'est-il passé? Est-ce que, dès les premiers temps, vous demandiez que chaque programme comprenne une oeuvre contemporaine ?
C'est ma marotte ! J'ai toujours eu une curiosité et un goût pour la musique contemporaine. C'est absolument formidable de pouvoir côtoyer des créa-teurs ; c'est aussi très bien de jouer Brahms ou Beethoven, bien sûr, mais l'idée que les gens peuvent se faire de la musique contemporaine est tellement fausse qu'il me semble urgent que les organisateurs de concerts s'impliquent dans la diffusion de la musique d'aujourd'hui. Sinon, c'est la mort des compositeurs. Depuis le départ, en 2000, mon cahier des charges prévoit une heure de musique sans entracte comprenant obligatoirement une œuvre contemporaine. La deuxième contrainte que je me suis imposée depuis le début, c'est le prix des places. Pour la première année, l'entrée coûtait trente francs, aujourd'hui, les places sont à cinq et huit euros.
Je crois que, si l'on espère que le public de la musique classique se renouvelle, il est indispensable de faire des efforts tarifaires. Dans les salles de concerts, les tarifs restent assez élevés, et ce n'est pas toujours évident de payer des sommes folles pour aller écouter de la musique. Aux serres, les gens viennent - et en général ils reviennent ! -, ils paient cinq ou huit euros : donc, le risque n'est pas grand. Pour les enfants, les concerts sont gratuits : le public vient souvent en famille. Nous avons parfois une quinzaine de petits assis par terre dans la serre quand il y a beaucoup de monde. C'est toujours très sympathique car on voit que les gens sont très intéressés, et même à découvrir de la musique qu'ils ne connaissent pas. En ce qui concerne la musique contemporaine, c'est passionnant :
je demande que l'œuvre occupe dix à quinze minutes (le concert faisant
une heure, il n'est pas question de faire plus, bien évidemment) ; les réac-tions sont encourageantes. A la sortie de la serre, des gens sont venus me dire : "C'est incroyable, cette musique ! Jamais on ne serait allé écouter ça, parce qu'on n'aime pas la musique contemporaine". En fait, la plupart du temps, ils ne la connaissent pas, et n'ont qu'une mauvaise appréciation,
ou une idée fausse de ce que cette musique peut être. Et puis, la musique contemporaine est multiple. J'ai des goûts particuliers ; il y a de la musique contemporaine que je n'aimerais pas que l'on joue ici, aux serres d'Auteuil, je le dis aux artistes et, en général, tout se passe pour le mieux.
Par ailleurs, pour jouer cette musique, je voulais engager des artistes qui ne sont pas étiquetés musique contemporaine, c'est-à-dire des musiciens qui jouent du répertoire et qui sont tous, d'une manière ou d'une autre, intéressés par la création. Pour moi, ces interprètes sont formidables, parce qu'ils travaillent une pièce de Boulez ou Stockhausen avec autant d'engagement qu'une sonate de Mozart ou Schubert, et peuvent la trans-mettre au public qui soudain peut l'entendre, et c'est, pour moi, extraordinai-re. Vous savez, je ne crois pas que les organisateurs de concerts puissent se cacher derrière les frais soit disant énormes qu'occasionnerait la musi-que contemporaine : oui, il y a des frais, des droits Sacem, c'est vrai, c'est un peu plus cher que de faire jouer du répertoire, mais on est aussi là pour ça. Quant aux premiers artistes, il y avait Frederic Chiu que l'on retrouve cette année, Stéphanie-Marie Degand et Cédric Tiberghien qui ouvraient le festival avec une somptueuse sonate de Richard Strauss, Nicolas Angelich et François-Frédéric Guy qui avaient tous deux joué un Klavierstück de Stockhausen, et aussi Roger Muraro, entre autre.


Certains artistes sont-ils devenus des fidèles des serres?

Oui, bien sûr. Parfois, des artistes me proposent un programme qu'ils aimeraient jouer, d'autres fois, c'est moi qui imagine des programmes qui leur vont, du coup je ne me prive pas de les réinviter pour les entendre dans telle musique. C'est rarement le hasard, mais toujours une motivation artis-tique. Par exemple, Jean-Efflam Bavouzet, qui a donné l'intégrale de la musique pour piano de Ravel, le 21 juin dernier, reviendra l'année prochaine avec la 1ère Sonate de Boulez. Car l'édition 2005 - vous êtes
le premier à qui je le dis, c'est un scoop ! - sera un hommage à Boulez et
à Berio, pour leurs quatre-vingts ans, bien que Berio ne soit plus avec nous aujourd'hui. Jean-Efflam a joué aux serres les Notations, et je savais qu'il souhaitait jouer la sonate, donc je lui ai demandé s'il pensait être prêt pour 2005, et il a dit oui. Il y a tout un jeu de programmes que je peux imaginer
en correspondance avec certains artistes. C'est très excitant, même si je connais les limites de la série de concerts : la serre contient 250 person-nes, on ne peut pas aller au-delà, malheureusement parfois, elle n'est pas une véritable salle de concert, on y est assis sur des bancs de jardin,
ce qui n'est pas très confortable, etc.


L'édition 2004 approche (premier concert le 17 juin, à 19h) : sur quels évènements souhaiteriez-vous attirer notre attention ?
J'aimerais attirer votre attention sur le récital que Andréï Vieru donnera
le 20 juin pour Le Printemps des Serres d'Auteuil, parce que Andréï est un musicien extrêmement discret qui, je le crois, a une sorte de folie musicale qui n'est pas au goût du jour, justement. C'est un être absolument excep-tionnel, un mathématicien extraordinaire qui a inventé des théorèmes, qui continue à faire autant de maths que de piano. Il reste assez mal connu, bien qu'il ait été en vogue il y a quelques années lorsqu'il a commencé à enregistrer. Il n'a plus d'agent, il est assez particulier, et humainement c'est quelqu'un de formidable. C'est quelqu'un qui travaille beaucoup dans sa tête, je crois qu'il fait assez peu de piano, en fait, et qui a une grande intel-ligence du jeu. Il prépare toujours des programmes monstrueux ! Ici, il jouera des extraits du Clavier bien tempéré : il ne va pas tout jouer, mais
il aurait pu le faire, et enchaîner avec L'Art de la Fugue pour donner les Goldberg en bis, par exemple ! J'ai souhaité l'inviter cette année, car il ne me semble pas assez mis en valeur actuellement. On peut dire un mot également sur Philippe Cassard - qu'on n'entend pas assez non plus en
ce moment ; il joue beaucoup en Angleterre, il est très prisé par nos amis anglais, mais on le délaisse un peu chez nous - qui donnera un magnifique programme : des pièces de Debussy, le 3ème Prélude de Dutilleux et l'Humoresque de Schumann. Dans le cadre des Nouveaux Solistes aux Serres d'Auteuil, il y aura toujours ces très jeunes musiciens qui appartien-nent à la Fondation du groupe populaire, des jeunes qui ont un potentiel formidable, que je suis depuis quelques années, et que l'on retrouvera sûrement en haut de l'affiche dans dix ans. J'ai souhaité, comme je le fais toujours, inviter le lauréat du Concours Olivier Messiaen, qui s'est déroulé en novembre dernier : Chuan Qin, un artiste chinois de vingt cinq ans. J'ai demandé à Katia Skanavi, qui fait une grande carrière déjà, de jouer pour
la soirée d'ouverture, le 27 août, et j'ai tenu à programmer Philippe Giusiano qui lui aussi devient rare sur la scène française depuis son installation à Vilnius : il donnera bien sûr Chopin pour ses fans, mais aussi Liszt et Andrejevas, un jeune compositeur lituanien qu'il nous fera découvrir.


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Je me souviens d'un récital, en septembre dernier, où le public était venu si nombreux que la serre ne pouvait plus l'accueillir ; les fenêtres avaient été ouvertes pour permettre aux visiteurs d'entendre la musique dans le jardin : il y avait une ambiance très particulière à ce concert.
C'est arrivé d'autres fois?
Oui, ça arrive une ou deux fois par saison. Je ne sais pas par quel miracle ! C'est à la fois le fruit du travail de l'attachée de presse, de la publicité, de l'actualité du musicien - s'il vient de sortir un disque au moment du concert, les gens veulent l'entendre. Et il y a aussi des artistes qui ont un public très fidèle qu'ils amènent à chacun de leurs concerts, où qu'ils jouent dans Paris. C'est arrivé par exemple il y a deux ans pour Claire-Marie Le Guay qui sortait un disque, c'est arrivé l'an passé pour Cédric Tiberghien, ou encore pour Nicolas Angelich et François-Frédéric Guy...
On ne le sait pas à l'avance. On pourrait le deviner à la notoriété des inter-prètes : on pense généralement qu'il est plus facile de remplir une salle quand le musicien est un peu plus connu, mais ce n'est pas toujours le cas. Il y a aussi des gens connus qui ne sont plus dans la mode du mo-ment, on ne sait pas pourquoi, et j'aime bien les remettre sur le devant
de la scène.

C'est vous, votre personnalité, votre parcours qui impriment une
identité aux festivals ?

Il me semble que toutes les entreprises artistiques initiées par une person-ne sont inévitablement le reflet de son identité, bien sûr, qu'il s'agisse de grands festivals comme La Roque d'Anthéron avec René Martin, que ce soit le mien à une échelle nettement plus modeste. Il est vrai que lorsque je tra-vaillais pour France Musique, j'ai présenté de nombreuses émissions de musique vivante qui duraient une heure et dans lesquelles j'incitais les musiciens à jouer de la musique contemporaine. Et ça n'a rien d'évident lorsqu'il s'agit d'une quotidienne ! Ici, je n'ai pas de compromis à faire :
je ne fais aucune programmation commerciale ou obligée par qui que
ce soit, ni un mécène, ni un musicien. On travaille en bonne intelligence. J'aiguille beaucoup les jeunes musiciens dans leurs programmes ; les autres, je n'ai pas besoin de le faire, sauf parfois pour l'œuvre contempo-raine. La manière d'accueillir les gens, de recevoir les artistes, est aussi
le reflet de ma personnalité, j'imagine. C'est une constatation valable pour chaque organisateur de concerts qui s'implique vraiment dans ce qu'il fait
et qui a le feu sacré. Aujourd'hui, tout a l'air d'aller très bien : les musiciens jouent magnifiquement, il fait beau, les serres sont charmantes, mais dans le courant de l'année, c'est parfois décourageant. Comme tout le monde, je suis à la recherche de partenaires - pour payer les musiciens, car ce n'est pas avec les entrées que je peux le faire, bien sûr. Ce n'est pas toujours rose, mais, in fine, c'est vraiment ce que j'ai envie de faire maintenant.

propos recueillis le 25 mai 2004 par Bertrand Bolognesi

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