Deux
festivals de musique aux Serres d'auteuil : quelques questions à
leur créatrice, Anne-Marie Réby
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Le
Printemps des Serres d'Auteuils | Tous
les concerts ont lieu à 19 Heures au Pavillon des Azalées 1
avenue Gordon Benett, Paris 16ème Métro Ligne 10, Porte d'Auteuil
( Sortie Roland-Garros) Bus 52, 123 et PC jeudi
17 juin SCHUMANN : Adagio et Allegro MENDELSSOHN : Variations oncertantes
LACHENMANN : Pression CHOPIN : Sonate Jérôme Pernoo,
violoncelle Jérôme Ducros, piano
samedi 19 juin SCHUMANN
: Études symphoniques Variations posthumes Op.13 DUFOURT :
Meeresstille BEETHOVEN :Sonate Op.14 n°2 François-Frédéric
Guy, piano dimanche 20 juin BACH : Le Clavier bien
tempéré, Livre I VIERU : Sonate Andréï
Vieru, piano vendredi 25 juin CRUMB : A Little
Suite for Christmas SCHUMANN : Trois Romances Op. 28 Davidsbündler
Tänze Eric Le Sage, piano samedi 26 juin DEBUSSY
: Reflets dans l'Eau, Ondine Jardins sous la Pluie, L'Isle joyeuse La Cathédrale
engloutie DUTILLEUX : Le Jeu des Contraires SCHUMANN : Humoresque Op. 20 Philippe
Cassard, piano dimanche 27 juin BRAHMS : Quatuor
pour piano et cordes Op. 26 AMY: Obliques II Guillaume Sutre,
violon Miguel da Silva, alto François Salque, violoncelle Jean-François
Heisser, piano fête
de la musique - lundi 21 juin 18h - 19h30- 20h45 Intégrale
des sonates de SERGEÏ PROKOFIEV Frederic Chiu, piano
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Les
Nouveaux Solistes aux Serres d'Auteuils | Tous
les concerts ont lieu à 19 Heures au Pavillon des Azalées 1
avenue Gordon Benett, Paris 16ème Métro Ligne 10, Porte d'Auteuil
( Sortie Roland-Garros) Bus 52, 123 et PC vendredi
27 août VINE : Sonate SCHUMANN : Kreisleriana WAGNER-LISZT :
La Mort d'Isolde Katia Skanavi, piano
samedi 28 août KODALY
: Intermezzo pour Trio à cordes LISZT : Variations sur "Weinen,
Klagen, Sorgen, Zagen" de Johann Sebastian Bach JOLIVET : Nocturne pour
violoncelle et piano SUK : Quatuor avec piano Op.1 François
Sochard, violon Antoine Tamestit, alto Marie Bitlloch,
violoncelle Romain Hervé, piano dimanche
29 août CHOPIN : trois préludes ANDREJEVAS : À l'oiseau
qui ne revient pas LISZT : Jeux d'eau à la Villa d'Este Après
une lecture de Dante Philippe Giusiano, piano
vendredi
3 septembre RACHMANINOV : Daisies Op. 38 n° 3 Étude Op. 33
n° 9, Polka JOLIVET : Ascèses WEBER : Trio pour flûte,
violoncelle et piano Op. 63 Sarah Louvion, flûte Renaud
Déjardin, violoncelle Emmanuelle Swiercz, piano
samedi
4 septembre MOZART : Sonate KV. 475 DEBUSSY : L'Isle Joyeuse Quatre
préludes du 1er Livre MATALON : Dos Formas del Tiempo STRAVINSKY
: Suite de L'oiseau de feu Chuan Quin, piano dimanche
5 septembre BRAHMS : Intermezzi Op.118 Sonate n°2 Op. 99 BERIO
: Sequenza XIV Eric-Maria Couturier, violoncelle Shani Diluka,
piano vendredi 10 septembre BACH : Fantaisie chromatique
et Fugue BWV 903 BACH-LISZT : Prélude et FugueBWV 543 BACH-BUSONI
: Choral BWV 639, Choral BWV 659 MULSANT : Passacaille LISZT : Mephisto-Valse
Saint-François de Paule marchant sur les flots Lisa de la
Salle, piano samedi 11 septembre HAYDN : Sonate
n°33 Hob 16/20 LIGETI : Musica Ricercata (extraits) BEETHOVEN : Sonate
n°13 Op. 27 n°1 "Quasi una Fantasia" Hélène
Couvert, piano dimanche 12 septembre BLOCH : Quatre
Pièces OHANA : Noctuaire GRIEG : Sonate Op.36 Emmanuelle
Bertrand, violoncelle Pascal Amoyel, piano |
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photo en entier Renseignements 08
20 00 75 75 01 46 31 02 26 | Accompagnés
du chant des oiseaux, dans la quiétude du jardin des Serres d'Auteuil,
nous avons rencontré ANNE-MARIE REBY à qui nous avons posé
quelques questions. Il conviendra de la saluer sur cette page.
Comment l'idée d'occuper la Pavillon des Azalées des Serres
d'Auteuil par des concerts, au tout début et à la fin de l'été,
vous est-elle venue ? Le Jardin des Serres d'Auteuil est un endroit
que je connais bien : enfant, j'habitais Boulogne et, mes parents n'ayant pas
de voiture, je venais me promener tous mes dimanches ici. Lorsque je travaillais
pour France Musiques, j'ai eu pour assistante une fille formidable qui, après
son stage à la Radio, a été nommée aux Serres
d'Auteuil, à la Communication : elle m'a appelée pour me dire :
"Il y a ici une serre vide durant l'été : je suis sûre
que vous pourriez y faire de la musique". Je suis venue, et j'ai retrouvé
le jardin avec émotion, je l'avoue. Avec quelques amis musiciens, nous
avons fait des essais acoustiques qui nous ont persuadés qu'on pouvait
en effet imaginer quelque chose dans le pavillon des azalées. L'idée
était inté- ressante d'essayer de monter une série musicale
pour fin août, début septembre, au départ exclusivement axée
sur les jeunes musiciens - soit des musiciens vraiment très jeunes non
encore connus du public, ou des jeunes plus connus qui parrainent la série.
Il y a deux ans, les musiciens eux-mêmes et le public ont suggéré
une série de printemps que j'ai sou-haitée ouverte à des
interprètes sans limite d'âge, si je puis dire. Les Nouveaux
Solistes a donc été créé en 2000, et Le Printemps
des Serres d'Auteuil il y a deux ans. Y
a-t-il des particularités acoustiques dans un lieu comme celui-ci ?
Lorsqu'elle est vide de toute plante, la serre sonne comme une petite église
de campagne, c'est-à-dire avec une réverbération assez importante
; le son tourne beaucoup. En mettant de la moquette sur les trois quarts du sol,
on créé une absorption et ça sonne nettement mieux. Ce
lieu vous a-t-il donné des craintes ? par
raport à la fréquentation d'un public, aux dates choisies, etc.?
J'imagine qu'il y avait un certain nombre de contraintes physiques, logistiques,
peut-être administratives ? La première contrainte est
le temps. Donner ici des concerts est toujours risqué : lorsqu'il fait
beau ou gris, tout va bien ; dès qu'il pleut, c'est plus difficile : si
la pluie est assez importante, elle fait du bruit en tombant sur la verrière.
De plus, au niveau de l'estrade, la verrière n'est pas étanche,
si bien que le pianiste reçoit des gouttes d'eau ! Je croise les doigts
: ce n'est arrivé qu'une seule fois en quatre ans, mises à part
quelques répétitions sous la pluie. Par ailleurs, le jardin est
magnifique, mais si le temps est mauvais, c'est beaucoup moins agréable
pour les gens qui, en général, viennent de bonne heure, s'installent
pour lire au soleil ou à l'ombre après avoir pris leur billet. Le
beau fixe donne au lieu un petit air de festival d'été très
plaisant. Il y a eu également d'énormes craintes en ce qui concerne
le public, bien sûr : il n'y avait jamais eu de musique dans cet endroit,
de plus, ayant très peu de moyens, je n'avais pas engagé d'attachée
de presse dès le début, si bien que la première année,
nous avons fait des concerts avec soixante ou soixante-dix personnes dans la serre.
C'était plutôt dur. Pour la seconde édition, j'ai fait
appel à une attachée de presse qui a fait un tel travail que les
gens ont pris l'habitude de cette série de concerts. Nous avons d'abord
à faire à un public de proximité, puis à des mélomanes
toujours à l'affût des manifestations musicales - par exemple, je
retrouve beaucoup de gens qui venaient à mon émission à Radio
France -, il y a bien sûr des gens de passage, et aujourd'hui, certains
concerts ont fait salle comble, on a même du parfois refuser du monde. On
peut dire que le pari est gagné d'avoir attiré des gens qui
maintenant attendent cet évè- nement ; nous sommes dans le 16ème
arrondissement, un arrondisse-ment qui, comme chacun sait, n'est pas socialement
défavorisé, mais l'est culturellement : il n'y a pratiquement
pas de théâtre, aucune salle de concerts, si ce n'est la Maison de
Radio France, mais qui demeure très excentrée du quartier. Si je
reste suspendue à la météo pendant toute la période
des festivals, les problèmes de public sont à peu près résolus,
je crois ; le reste suit tant bien que mal, et l'on fait ce qu'il faut pour que
ça marche.
Cliquez sur l'image pour voir la photo en entier ©
crédit photoAMR Par sa spécificité,
le lieu amène-t-il un public différent, avec des réactions
peut-être différentes, elles aussi ? Curieusement, la
plupart des gens qui viennent ici ne connaissent pas le jardin. Sur les deux mille
personnes qui sont venues écouter des concerts l'année dernière,
il y en avait peut-être cent qui connaissaient l'endroit auparavant. Donc,
le public découvre un lieu, est étonné, et le plus souvent
séduit, puisqu'il revient. Ce qui me plait beaucoup, c'est que ces personnes
connaissent peu la musique et viennent ici la découvrir. Je pense que le
lieu y est pour quelque chose. Par exemple, il y a beaucoup de gens qui ne vont
jamais eu concert pendant la saison, et qui viennent à ceux des Serres
d'Auteuil, souvent parce qu'ils pensent que le concert dans une salle pari-sienne
est resté très conventionnel, qu'il y faut absolument être
habillé com-me ceci ou comme cela, que les enfants n'y sont pas les bienvenus
parce qu'ils risqueraient d'être bruyants, etc. Ici, on s'habille comme
on veut, on peut emmener ses enfants, et s'il y a un petit bruit d'enfant, ce
n'est pas une catastrophe, c'est beaucoup plus convivial. Souvent, les gens me
disent être agréablement surpris de pouvoir entendre des musiciens
de cette valeur dans des conditions décontractées. De plus, étant
données les dimensions de la serre, la proximité avec les artistes,
que l'on voit comme il est impos-sible dans une salle de deux milles places, est
souvent fascinante. Quels
ont été les artistes du 1er festival ? Comment cela s'est-il passé?
Est-ce que, dès les premiers temps, vous demandiez que chaque programme
comprenne une oeuvre contemporaine ?
C'est ma marotte ! J'ai toujours eu une curiosité et un goût pour
la musique contemporaine. C'est absolument formidable de pouvoir côtoyer
des créa-teurs ; c'est aussi très bien de jouer Brahms ou Beethoven,
bien sûr, mais l'idée que les gens peuvent se faire de la musique
contemporaine est tellement fausse qu'il me semble urgent que les organisateurs
de concerts s'impliquent dans la diffusion de la musique d'aujourd'hui. Sinon,
c'est la mort des compositeurs. Depuis le départ, en 2000, mon cahier des
charges prévoit une heure de musique sans entracte comprenant obligatoirement
une uvre contemporaine. La deuxième contrainte que je me suis imposée
depuis le début, c'est le prix des places. Pour la première année,
l'entrée coûtait trente francs, aujourd'hui, les places sont à
cinq et huit euros. Je crois que, si l'on espère que le public de la
musique classique se renouvelle, il est indispensable de faire des efforts tarifaires.
Dans les salles de concerts, les tarifs restent assez élevés, et
ce n'est pas toujours évident de payer des sommes folles pour aller écouter
de la musique. Aux serres, les gens viennent - et en général ils
reviennent ! -, ils paient cinq ou huit euros : donc, le risque n'est pas grand.
Pour les enfants, les concerts sont gratuits : le public vient souvent en famille.
Nous avons parfois une quinzaine de petits assis par terre dans la serre quand
il y a beaucoup de monde. C'est toujours très sympathique car on voit que
les gens sont très intéressés, et même à découvrir
de la musique qu'ils ne connaissent pas. En ce qui concerne la musique contemporaine,
c'est passionnant : je demande que l'uvre occupe dix à quinze
minutes (le concert faisant une heure, il n'est pas question de faire plus,
bien évidemment) ; les réac-tions sont encourageantes. A la sortie
de la serre, des gens sont venus me dire : "C'est incroyable, cette musique
! Jamais on ne serait allé écouter ça, parce qu'on n'aime
pas la musique contemporaine". En fait, la plupart du temps, ils ne la
connaissent pas, et n'ont qu'une mauvaise appréciation, ou une idée
fausse de ce que cette musique peut être. Et puis, la musique contemporaine
est multiple. J'ai des goûts particuliers ; il y a de la musique contemporaine
que je n'aimerais pas que l'on joue ici, aux serres d'Auteuil, je le dis aux artistes
et, en général, tout se passe pour le mieux. Par ailleurs, pour
jouer cette musique, je voulais engager des artistes qui ne sont pas étiquetés
musique contemporaine, c'est-à-dire des musiciens qui jouent du répertoire
et qui sont tous, d'une manière ou d'une autre, intéressés
par la création. Pour moi, ces interprètes sont formidables, parce
qu'ils travaillent une pièce de Boulez ou Stockhausen avec autant d'engagement
qu'une sonate de Mozart ou Schubert, et peuvent la trans-mettre au public qui
soudain peut l'entendre, et c'est, pour moi, extraordinai-re. Vous savez, je ne
crois pas que les organisateurs de concerts puissent se cacher derrière
les frais soit disant énormes qu'occasionnerait la musi-que contemporaine
: oui, il y a des frais, des droits Sacem, c'est vrai, c'est un peu plus cher
que de faire jouer du répertoire, mais on est aussi là pour ça.
Quant aux premiers artistes, il y avait Frederic Chiu que l'on retrouve
cette année, Stéphanie-Marie Degand et Cédric Tiberghien
qui ouvraient le festival avec une somptueuse sonate de Richard Strauss, Nicolas
Angelich et François-Frédéric Guy qui avaient
tous deux joué un Klavierstück de Stockhausen, et aussi Roger
Muraro, entre autre.

Certains
artistes sont-ils devenus des fidèles des serres? Oui, bien
sûr. Parfois, des artistes me proposent un programme qu'ils aimeraient jouer,
d'autres fois, c'est moi qui imagine des programmes qui leur vont, du coup je
ne me prive pas de les réinviter pour les entendre dans telle musique.
C'est rarement le hasard, mais toujours une motivation artis-tique. Par exemple,
Jean-Efflam Bavouzet, qui a donné l'intégrale de la musique
pour piano de Ravel, le 21 juin dernier, reviendra l'année prochaine avec
la 1ère Sonate de Boulez. Car l'édition 2005 - vous êtes
le premier à qui je le dis, c'est un scoop ! - sera un hommage à
Boulez et à Berio, pour leurs quatre-vingts ans, bien que Berio ne
soit plus avec nous aujourd'hui. Jean-Efflam a joué aux serres les Notations,
et je savais qu'il souhaitait jouer la sonate, donc je lui ai demandé s'il
pensait être prêt pour 2005, et il a dit oui. Il y a tout un jeu de
programmes que je peux imaginer en correspondance avec certains artistes.
C'est très excitant, même si je connais les limites de la série
de concerts : la serre contient 250 person-nes, on ne peut pas aller au-delà,
malheureusement parfois, elle n'est pas une véritable salle de concert,
on y est assis sur des bancs de jardin, ce qui n'est pas très confortable,
etc.
L'édition
2004 approche (premier concert le 17 juin, à 19h) : sur quels évènements
souhaiteriez-vous attirer notre attention ? J'aimerais attirer votre
attention sur le récital que Andréï Vieru donnera le
20 juin pour Le Printemps des Serres d'Auteuil, parce que Andréï
est un musicien extrêmement discret qui, je le crois, a une sorte de folie
musicale qui n'est pas au goût du jour, justement. C'est un être absolument
excep-tionnel, un mathématicien extraordinaire qui a inventé des
théorèmes, qui continue à faire autant de maths que de piano.
Il reste assez mal connu, bien qu'il ait été en vogue il y a quelques
années lorsqu'il a commencé à enregistrer. Il n'a plus d'agent,
il est assez particulier, et humainement c'est quelqu'un de formidable. C'est
quelqu'un qui travaille beaucoup dans sa tête, je crois qu'il fait assez
peu de piano, en fait, et qui a une grande intel-ligence du jeu. Il prépare
toujours des programmes monstrueux ! Ici, il jouera des extraits du Clavier
bien tempéré : il ne va pas tout jouer, mais il aurait pu
le faire, et enchaîner avec L'Art de la Fugue pour donner les Goldberg
en bis, par exemple ! J'ai souhaité l'inviter cette année,
car il ne me semble pas assez mis en valeur actuellement. On peut dire un mot
également sur Philippe Cassard - qu'on n'entend pas assez non plus
en ce moment ; il joue beaucoup en Angleterre, il est très prisé
par nos amis anglais, mais on le délaisse un peu chez nous - qui donnera
un magnifique programme : des pièces de Debussy, le 3ème Prélude
de Dutilleux et l'Humoresque de Schumann. Dans le cadre des Nouveaux
Solistes aux Serres d'Auteuil, il y aura toujours ces très jeunes musiciens
qui appartien-nent à la Fondation du groupe populaire, des jeunes qui ont
un potentiel formidable, que je suis depuis quelques années, et que l'on
retrouvera sûrement en haut de l'affiche dans dix ans. J'ai souhaité,
comme je le fais toujours, inviter le lauréat du Concours Olivier Messiaen,
qui s'est déroulé en novembre dernier : Chuan Qin, un artiste
chinois de vingt cinq ans. J'ai demandé à Katia Skanavi,
qui fait une grande carrière déjà, de jouer pour la soirée
d'ouverture, le 27 août, et j'ai tenu à programmer Philippe Giusiano
qui lui aussi devient rare sur la scène française depuis son installation
à Vilnius : il donnera bien sûr Chopin pour ses fans, mais aussi
Liszt et Andrejevas, un jeune compositeur lituanien qu'il nous fera découvrir.
© anaclase Cliquez sur l'image pour voir la
photo en entier Je
me souviens d'un récital, en septembre dernier, où le public était
venu si nombreux que la serre ne pouvait plus l'accueillir ; les fenêtres
avaient été ouvertes pour permettre aux visiteurs d'entendre la
musique dans le jardin : il y avait une ambiance très particulière
à ce concert. C'est arrivé d'autres fois? Oui, ça
arrive une ou deux fois par saison. Je ne sais pas par quel miracle ! C'est à
la fois le fruit du travail de l'attachée de presse, de la publicité,
de l'actualité du musicien - s'il vient de sortir un disque au moment du
concert, les gens veulent l'entendre. Et il y a aussi des artistes qui ont un
public très fidèle qu'ils amènent à chacun de leurs
concerts, où qu'ils jouent dans Paris. C'est arrivé par exemple
il y a deux ans pour Claire-Marie Le Guay qui sortait un disque, c'est arrivé
l'an passé pour Cédric Tiberghien, ou encore pour Nicolas Angelich
et François-Frédéric Guy... On ne le sait pas à
l'avance. On pourrait le deviner à la notoriété des inter-prètes
: on pense généralement qu'il est plus facile de remplir une salle
quand le musicien est un peu plus connu, mais ce n'est pas toujours le cas. Il
y a aussi des gens connus qui ne sont plus dans la mode du mo-ment, on ne sait
pas pourquoi, et j'aime bien les remettre sur le devant de la scène.
C'est vous, votre personnalité, votre parcours
qui impriment une identité aux festivals ? Il me
semble que toutes les entreprises artistiques initiées par une person-ne
sont inévitablement le reflet de son identité, bien sûr, qu'il
s'agisse de grands festivals comme La Roque d'Anthéron avec René
Martin, que ce soit le mien à une échelle nettement plus modeste.
Il est vrai que lorsque je tra-vaillais pour France Musique, j'ai présenté
de nombreuses émissions de musique vivante qui duraient une heure et dans
lesquelles j'incitais les musiciens à jouer de la musique contemporaine.
Et ça n'a rien d'évident lorsqu'il s'agit d'une quotidienne ! Ici,
je n'ai pas de compromis à faire : je ne fais aucune programmation
commerciale ou obligée par qui que ce soit, ni un mécène,
ni un musicien. On travaille en bonne intelligence. J'aiguille beaucoup les jeunes
musiciens dans leurs programmes ; les autres, je n'ai pas besoin de le faire,
sauf parfois pour l'uvre contempo-raine. La manière d'accueillir
les gens, de recevoir les artistes, est aussi le reflet de ma personnalité,
j'imagine. C'est une constatation valable pour chaque organisateur de concerts
qui s'implique vraiment dans ce qu'il fait et qui a le feu sacré. Aujourd'hui,
tout a l'air d'aller très bien : les musiciens jouent magnifiquement, il
fait beau, les serres sont charmantes, mais dans le courant de l'année,
c'est parfois décourageant. Comme tout le monde, je suis à la recherche
de partenaires - pour payer les musiciens, car ce n'est pas avec les entrées
que je peux le faire, bien sûr. Ce n'est pas toujours rose, mais, in
fine, c'est vraiment ce que j'ai envie de faire maintenant. propos
recueillis le 25 mai 2004 par Bertrand Bolognesi
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