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PIANO 20 21,
une collection de pièces contemporaines
pour piano
l'apprentissage
en Conservatoire
l'origine
de la méthode
le
choix des compositeurs
les
oeuvres au programme
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Tous nos remerciements à Geneviève Ibanez et Brigitte
Lemoine
pour leur participation à la réalisation de ce dossier.
Vous êtes professeur à
Boulogne, au Conservatoire National de Région. Le répertoire
contemporain y est-il bien défendu ?
En théorie, il n'y a pas de résistance au contemporain
de la part des professeurs. On en donne toujours aux examens de
fin d'année. Dans d'autres conservatoires, s'il y a des réticences,
je les comprends car cela demande vraiment un effort, comme tout
ce qui est nouveau. Cependant, avec le travail qu'a fait le Ministère
- imposer une pièce d'écriture contempo-raine à
chaque DE ou CA -, les professeurs sont beaucoup plus aptes à
innover.
Et concernant les élèves ?
Leur résistance vient en grande partie du manque de temps
pour
travailler. Ils doivent dans l'année travailler du Bach (ou
du Bartók) pour la polyphonie, un classique, un romantique,
un moderne, un contemporain : cela fait beaucoup. On fait des choix
selon les élèves, mais c'est difficile. Personnellement,
j'ai rencontré des élèves que des dissonances
choquaient, mais vraiment c'est rare, et lorsqu'ils savent un morceau
contemporain, ils veulent toujours le jouer pour épater
la galerie.
C'est un problème de familiarité,
en somme ?
Sans aucun doute. Lorsque les élèves sont choqués,
ils me disent
"ce n'est pas beau". C'est tout le travail pédagogique
du professeur qui les fait changer d'avis. J'ai différents
trucs pour les petits (le sel, le sucre, par exemple); pour
les grands, j'ai tout un panel (ne serait-ce que l'harmonique n°7...).
Bartók, bien sûr, leur ouvre les oreilles - il existe
un petit livre de Mikrokosmos choisis avec des dessins appropriés,
très bien fait. Kurtág et les Agrexandrins de
Louvier marchent aussi très bien. Evidemment, l'idéal,
c'est lorsqu'ils peuvent aller au concert. En théorie, écouter
Stravinsky ou Prokofiev provoque un déclic. Mais là
encore, les élèves (je ne parle pas
des professionnels) sont très peu disponibles, car ils vont
très tôt le matin au lycée.
Vous-même, quand avez-vous abordé
le contemporain ?
Lorsque j'étais au Conservatoire, mon professeur Marcel Ciampi
nous donnait à travailler des oeuvres des élèves
de composition. Mon cama-
rade de classe Claude Bonneton m'a poussée dans cette voie.
Je trouve fantastique de connaître les compositeurs. On a
tellement de problème d'interprétation avec ceux qui
sont morts - bien que les enregistrements ne soient pas toujours
évidents avec les compositeurs
vivants. En plus, j'ai
toujours plaint les gens de l'époque des grands génies
qui n'avaient pas
pu entendre les oeuvres novatrices de l'époque. Remarquez,
avec ce raisonnement, on ne voudrait jamais mourir !
Comment est venue l'idée de cette méthode
de piano ?
Le mérite en revient à l'éditeur. Cependant
cette idée devait déjà trotter
dans l'air car, avant Lemoine, j'avais déjà été
contacté par un autre éditeur. Mais, cela traînait
Les éditions Lemoine, m'ayant proposé de graver
le CD en même temps, cela a été tout à
fait déterminant.
Pourquoi ?
Le CD est un atout majeur. D'abord ils peuvent choisir selon leur
sensibilité. Violence, mystère, ludique, tragique
etc. Ils ne sont pas assez forts pour se faire une idée devant
la lecture seule de la partition ! Ensuite, ils poursuivent plus
facilement leurs efforts pour jouer mieux ! D'autre part, en préparatoire,
on est inondé de pièces, parfois charmantes, parfois
bêtifiantes, et en supérieur, bien sûr on trouve
tout ce qu'on veut d'intéressant ; mais, il n'y avait pas
de morceau de moyenne difficulté. La nouvelle édition
Lemoine devrait combler cette lacune, d'autant que le Prix de la
Sacem va permettre d'ajouter un quatrième volume aux trois
prévus à l'origine. L'appellerons-nous juste Piano
21 ?...
Comment s'est fait le choix des compositeurs
réunis ici ?
Le plus difficile a été effectivement de se mettre
d'accord sur les compositeurs. Nous avions à peu près
la même esthétique musicale.
Dans l'ensemble nous ne voulions pas trop de néotonals :
ces livres sont écrits pour initier à une écriture
vraiment contemporaine. Je sais bien que
le génie peut se manifester sous n'importe quel langage (exemple
Chostakovitch), mais je ne voulais pas trop de sous-Scriabine
ou autre
Donc, nous recherchions des compositeurs avec leur
langage propre.
La musique est tellement diverse, que, si je parle d'une manière
pédago-gique d'images et de sensations à des élèves,
je pense souvent comme Stravinsky que "la musique se suffit
à elle même".
Comment s'est passé le contact avec eux ?
Bien dans l'ensemble, je n'ai eu que deux refus (un par manque de
temps, l'autre par manque d'intérêt). Je pense que
les compositeurs ont envie d'écrire, comme un pianiste a
envie de jouer. Même s'ils ont réfléchi à
l'aspect pédagogique, je leur avais demandé (peut-être
à l'insu de l'éditeur) des pièces de cinq à
six minutes qui pouvaient être assez intéressantes
pour être jouées en concert. Il fallait juste ne pas
dépasser le niveau moyen ou du diplôme de fin d'études
et j'ai donné à certains quelques exemples de morceaux.
Certains compositeurs sont venus me voir souvent pour savoir
si un trait n'était pas trop difficile, ou un accord trop
grand - l'un d'eux m'a même écrit deux versions d'une
même pièce. Quelques professeurs ont trouvé
que c'était difficile, mais ce n'est pas vrai.
Propos recueillis par Laurent Bergnach en avril
2005
Au Programme
VOLUME 1
Jacques Charpentier : Bref
Thierry Escaich : Variations - Etudes
Renaud Gagneux : Passacaille sans tonalité
Ichiro Nodaïra : In memoriam T.
Gérard Pesson : Folies d'Espagne
Alain Weber : Hommage à Bartók
Michel Zbar : Chronos mobilum
26991 H.L.
VOLUME 2
Thérèse Brenet : Tout l'or des nuits
Régis Campo : Kinderball
Edith Canat de Chizy : Mobiles immobiles
Charles Chaynes : Rencontres vénitiennes
Jean-Claude Henry : Traces...
Alain Louvier : Triangle
Jean-Marc Singier : Triés, pétris... pêle-mêle
26992 H.L.
VOLUME 3
Jacques Castérède : Danses au crépuscule
Jean-Jacques Di Tucci : Prélude
Edith Lejet : Fleurs d'opale
Serge Nigg : Deux images de nuit
Antoine Tisné : Dans les clartés hyperboréennes
Ton That Thiet : Images furtives
Jean-Jacques Werner : Night Sky
27255 H.L.
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