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LUZ AZUL,
Choro et Samba
de Rio de Janeiro
le
label
l'autoproduction
le
catalogue
en
savoir plus
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Nos remerciements à Martine Mony pour son aide précieuse
Le label marseillais Luz Azul présente une pléiade
d'artistes brésiliens
de grand talent, issus de la nouvelle vague, et notamment celle
du Choro
et de la Samba de Rio de Janeiro. L'objectif de Luz Azul pour l'année
2005, année du Brésil en France, est de faire découvrir
les principaux acteurs de cette nouvelle scène musicale.
Nous avons rencontré Jacques Carrier,
à l'origine du projet.
LE LABEL
Tout d'abord, quel est votre travail au sein du label
Luz Azul ?
Mon travail au sein de Luz Azul consiste à la fois en une
activité de direc-
tion artistique et de production (choix des artistes et des uvres,
concep-tion musicale, mais aussi conception graphique des albums,
avec charte graphique) et de direction administrative (gérance,
coordination des lancements et tournées, etc).
Que signifie le nom de ce label ?
Luz Azul est un palindrome - mot en miroir, que l'on peut lire dans
les
deux sens - qui signifie Lumière Bleue. C'est aussi
un jeu de mots faisant allusion à la langue portugaise (préfixe
"lusa-") et le Sud ("sul" en portu-gais).Ce
dernier mot, pris comme générique, caractérise
bien sûr le lieu géographique mais aussi et surtout
une entité culturelle (on aime actuellement à parler
de musiques des Suds).
Quelle est sa spécialité ?
Luz Azul a été créé au départ
pour répondre à un besoin : celui de pré- senter
un catalogue d'uvres d'artistes brésiliens n'ayant
pas d'espace hors de leur pays d'origine. Les albums que se proposait
de présenter le label Luz Azul étaient des productions
indépendantes qui avaient peu de chance de trouver un distributeur
sur le plan international. Grâce au label Luz Azul, des artistes
comme Zé Paulo Becker, le Trio Madeira Brasil ou Rabo de
Lagartixa peuvent désormais être présents sur
le marché international. Tout ne serait pas complet sans
l'aide d'Amarelindo, production de spectacle vivant qui invite les
artistes à présenter leur travail en public, et ce
directement du Brésil, plusieurs fois par an. Luz Azul aidé
d'Amarelindo réduit ainsi la distance qui sépare le
Brésil de chez nous, et présente l'actualité
de ces artistes de façon plus immédiate, un lien plus
étroit entre artistes et public.
Pourquoi privilégier des artistes brésiliens ?
J'ai été très tôt séduit par la
richesse et la créativité musicales de ce
pays, ainsi que par la diversité de sa culture liée
au mélange, un mélange réussi. Les brésiliens
sont des gens curieux, cultivés, et toujours en quête
d'altérité. J'ai désiré lancer ce catalogue
avec des artistes brésiliens, plus particulièrement
de Rio de Janeiro, d'abord par affinité : je connaissais
leur immense talent, déjà reconnu dans leur pays.
J'ai ensuite affiné mon choix sur la qualité artistique
et la pertinence des projets réalisés dans ces albums,
tous indépendants. En choisissant de tels artistes et de
tels albums, je n'ai pas vraiment pris de gros risques... Ils étaient
excellents.
Il restait enfin à les faire connaître à un
plus large public.
L'AUTOPRODUCTION
Zé paulo Becker, en particulier, a une réputation
dont nous avons peu idée ici. Comment expliquer qu'il doive
recourir à une production indépendante ?
Dans le cas de Zé Paulo Becker - comme de celui du Trio Madeira
Brasil - c'est tout d'abord le choix de l'artiste qui désire
rester indépendant. Et au Brésil, bon nombre d'entre
eux s'autoproduisent : il existe notamment à Rio une pépinière
d'artistes de qualité qui produisent tous leur propre album.
Cette fourmilière est à l'image du pays où
malgré les limites financières,
les gens se donnent quand même les moyens d'arriver à
un résultat.
C'est aussi ce concept de "système D" que je voulais
montrer au delà
des frontières de ce pays.
L'autoproduction est donc un risque limité
Ces musiques sont populaires. Il y a donc par définition
un lien étroit entre les artistes et le public. Les artistes
sont prolifiques et le public dynamique. Les endroits où
évoluent ces musiques sont légion à Rio. Il
suffit d'aller le soir à Lapa, au centre ville, et de se
rendre compte de l'envergure de ce phénomène. Le Choro
et la Samba se rencontrent dans n'importe quel bar musical, cabaret,
théâtre, centre culturel, tous les jours de la semaine
sans déroger, et à toute heure du jour et de la nuit.
Dans ce contexte, l'autopro-duction n'est pas le résultat
d'une réflexion approfondie sur le marché, du moins
en première intention. C'est avant tout et le plus naturellement
du monde la conséquence d'une démocratisation des
moyens de production au service d'une musique jouée et écoutée
par tous.
Le Choro est au cur des disques que vous éditez.
Pouvez-vous
nous en parler ?
Pour résumer, le Choro est l'adaptation tropicalisée
de nos musiques occidentales importées au Brésil à
la fin du XIX° siècle. Dans les salons
de l'aristocratie carioca, la mode était alors à la
valse et à la polka. Les musiciens d'abord amateurs, souvent
des fonctionnaires publics, descendants d'immigrants, qui avaient
comme passion la pratique d'un instrument (guitare, flûte,
cavaquinho), étaient engagés pour jouer ces musiques
venus d'Europe. Ils récupérèrent leur contenu
et l'adaptèrent à leur façon, plus chaude,
plus colorée, plus rythmée. De ce mélange entre
le nouveau monde et la vielle Europe naquit le Choro, qui devint
alors la première musique populaire nationale au Brésil.
Un "Officina do Choro"
a été créée il y a quelques années,
devant le renouveau de ce genre et l'émergence de jeunes
musiciens en quête de toujours plus de
références.
La guitare a une grande place dans cette musique
La guitare (viola, violão en portugais) a été
amenée au Brésil par les premiers découvreurs.
Economiquement, bien sûr, la guitare représente l'instrument
pratique, transportable, mais tout de même polyphonique, donc
élaboré. C'est l'instrument emblématique, parce
que simple de conception, mais original dans sa technique de jeu,
à l'image de cette culture où simplicité ne
rime pas forcément avec facilité.
Propos recueillis en juin 2005
par Laurent Bergnach
pixinguinha ©
LE CATALOGUE
LA-001
Zé Paulo Becker / Lendas Brasileiras
C'est en traînant un soir au bar Semente que j'ai vu jouer
Zé Paulo pour la première fois. Il était là
seul assis et penché sur sa guitare, les yeux fermés,
concentré sur ses notes, au milieu de tout ce monde et d'un
vacarme indé- finissable, fait de paroles, et de musique,
sa musique. Un jeu vif, incisif, mais subtil et sensible. (Jacques
Carrier)
Guitariste de solide formation technique, Zé Paulo Becker
étudia avec
Léo Soares (qui prit des cours avec Jodacil Damaceno, qui
étudia avec Antônio Rabello qui avait en son temps
reçu des conseils de Quincas Laranjeiras - un des pionniers
de la guitare, au Brésil). Il est diplômé de
l'Uni-Rio - écoles de musique de Rio de Janeiro -, puis commence
sa carrière en gagnant le Concours National Villa-Lobos en
1990. En 1992,
il est troisième de la version internationale de ce même
concours. Malgré cette voie toute tracée pour une
carrière de concertiste, la passion de la musique populaire
le conduit à prendre une autre direction. En jouant au côté
de grands interprètes populaires, il a appris ce qui n'est
pas enseigné
à l'école : le molecagem (badinerie), les improvisations
de baixarias (ligne de basse et de contrepoint), le rapport ludique
avec le rythme. Sa thèse universitaire aborde le rôle
de la guitare à six cordes dans l'accompagne-ment du Choro
actuel. Pour ce CD, Zé Paulo arrange avec maestria des thèmes
populaires en pièces élaborées pour guitare
- avec la participation spéciales de Beto Cazes aux percussions.
LA-002
Zé Paulo Becker / Sob O Redentor
Pendant de nombreuses années, je n'ai pas compris la
direction que
les jeunes musiciens donnaient à la musique instrumentale
brésilienne. Une musique élevée aux plus hauts
rangs de qualité par des instrumentis-
tes comme Pixinguiha (1897-1973), Jacob do Bandolim (1918-1969)
et Paulo Moura, par exemple.
Maintenant, je sens qu'il existe une génération de
nouveaux musiciens cariocas, qui jouent, arrangent et composent
avec une impressionnante et stimulante qualité, et qui remettent
notre musique dans son droit chemin.
Un des représentants de cette génération est
Zé Paulo Becker. (Wagner Tiso)
LA-003
Trio Madeira Brasil
Le Trio Madeira Brasil est né en 1996 de la rencontre inévitable
de trois grands noms de la scène instrumentale brésilienne
: Zé Paulo Becker (guitare à six cordes), Marcello
Gonçalves (guitare à sept cordes) et Ronaldo do Bandolim
(mandoline). Tous sont, en même temps, accompagnateurs et
solistes.
Forts de parcours et d'expériences différents, les
trois musiciens se réunissent autour d'un concept : celui
de jouer une "musique populaire
de chambre". Leur répertoire est éclectique,
constitué d'uvres de grands maîtres du Choro,
mais aussi d'auteurs plus récents venant d'horizons musicaux
et de pays très divers. Sur ce premier album sorti en 1998,
on croise Manuel de Falla, Scott Joplin, Ernesto Nazareth, Egberto
Gismonti, Chico Buarque, etc.
LA-004
Pixinguinha de Poche
Pixinguinha, le plus grand compositeur de choro de tous les
temps, plus Henrique Cazes et Marcello Gonçalves, deux instrumentistes
exception-
nels : la somme résultante est ce merveilleux album qui démontre
qu'il est possible de recréer, sans porter préjudice
à personne et sans abandonner les ressources offertes par
la musique brésilienne elle-même.
Le grand Pixinga, depuis qu'il était enfant et flûtiste,
adorait exhiber dans
la musique qu'il jouait les détails que l'instrumentiste
académique n'aurait su découvrir. Henrique Cazes lui-même,
dans une étude sur l'histoire du choro, a noté que
certains enregistrements du début du siècle attribués
à Pixinguinha, ne lui appartenait pas, car le flûtiste
se limitait alors à exécuter la mélodie à
la lettre, chose que le génial musicien ne faisait pas, puisque
dès ses premiers enregistrements, il se révéla
un improvisateur intarissable.
Un autre aspect de ce disque est la solution trouvée
par Henrique - cavaquinho m.j. passos / tércio ribeiro (1999)
- et Marcello - guitare sept cordes m.j. passos (1996) -, éliminant
l'idée formelle du soliste et de l'accompagnement. (Sergio
Cabral)
LA-005
Rabo de Lagartixa
A partir d'une formation instrumentale hors du commun, Rabo de
Lagar-
tixa (La Queue du Lézard) étend les frontières
du choro dans de multiples directions : la musique du Nordeste,
la bossa nova, la samba et la pop ne sont pas si éloignées
les unes des autres, lorsqu'elles s'amalgament ainsi.
A travers un répertoire mêlant jeunes auteurs et compositeurs
consacrés, invités de marque et collaborateurs de
qualité, et avec des arrangements inédits, Rabo de
Lagartixa ouvre grand l'espace pour la rénovation, tout en
respectant une règle essentielle : seule la musique décide
de ce qui lui convient. Le nom du groupe se réfère
à la volonté de créer une musique
qui ne se soumet pas aux stéréotypes de la culture
de masse (on aura beau couper la queue du lézard, elle repoussera
toujours) et dotée d'une rythmique pulsatile omniprésente
: car même sectionnée, la queue du lézard continue
à se mouvoir frénétiquement.
LA-006
Zé Renato / Cabô
Zé Renato a déjà un long passé d'auteur-compositeur-interprète
au Brésil. D'abord membre depuis trente ans du légendaire
quartette vocal Boca Livre, il entreprend ensuite une carrière
en solo, et devient l'un des plus impor-tants chanteurs de la nouvelle
génération. Sa voix haut perchée au timbre
si émouvant se reconnaît facilement, tandis que son
travail d'écriture et de production fait preuve d'une extrême
sophistication et d'une grande qualité.
Après de très beaux hommages à des grands maîtres
de la samba cario-ca, cet album enregistré en juillet 1999
est une uvre d'auteur. Zé Rento
en signe la plupart des morceaux et les produit avec sa fidèle
bande de musiciens (Carlinhos Sete Cordas, Pedro Amorim, Nema Antunes,
Rodrigo Campello, Marcelinho Moreira) sur le même mode fédérateur
qu'est celui de la samba, parfait dénominateur commun entre
tous les genres de la musique populaire brésilienne. Un album
vivant, démonstratif et plein
d'une joie communicative.
© luz azul
EN SAVOIR PLUS
Luz Azul Productions
78, chemin de la Clue
13011 Marseille
04 91 89 05 41
www.luzazulrecords.com
*
Atelier de guitare de Jussieu
SIASC, case 92
4, place Jussieu
75252 Paris cedex 05
01 43 54 32 77
01 44 27 30 05
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Programme de
l'Année du Brésil en France
www.bresilbresils.org
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