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loin des cimetières !
les bonnes résolutions 2008
édito'
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lectures pour une musique au présent
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© anaclase.com
édito'
Entre la Saint Etienne et la Saint Sylvestre, il est de coutume
de prononcer de bonnes résolutions pour l'année qui
vient. Et si, pour une fois, celles-ci s'orientaient un peu plus
courageusement vers la musique d'aujourd'hui ? Car enfin, lorsqu'on
se souhaite une bonne année, il s'agit bien de s'en-gager
mutuellement à regarder vers ce qui vient plutôt que
de remâcher indéfiniment le passé. Aussi, en
cette heure qui clame son admiration
des patrimoines anciens, est-ce à vivre la création
sans transplantation anachronique que je vous invite. N'est-il pas
précieux, en effet, de partager
le patrimoine contemporain dans sa contemporanéité
même, de le saisir sans attendre, d'accepter de se confronter
à notre temps, tout simplement, qui sans doute est ni plus
beau ni plus laid que d'autres, mais demeure le nôtre ? Car
c'est bien celui-là que nous avons à vivre, qu'on
le veuille ou non. Le refuser ne comporte-t-il pas le grand risque
de marcher à côté de soi-même dans la
voluptueuse contemplation de son ombre ? Une mauvaise habitude est
prise dès la scolarité : celle de commencer par ce
que l'on appelle le commencement, c'est-à-dire d'appréhender
le monde par ce
qui est le plus éloigné de nous, ce sur quoi nous
avons le plus de chance d'accumuler malentendus, contresens, phantasmes
et préjugés. Jouerez-vous le jeu d'un commencement
qui serait Aujourd'hui, soit ce qui est directement à
portée d'oreilles ? Certes, le rêve serait de pouvoir
ouvrir le champ de cette approche de part et d'autre de ce point
; mais, pour tâcher d'accompagner toujours les artistes vivants
et les interprètes de demain plutôt que de s'extasier
sur ce que l'histoire a cru pouvoir digérer, notre rédaction
ne se prétend pas prophétesse. En attendant qu'une
cristalline madame Irma dirige un jour notre chronique, voici quelques
conseils de lecture, inspirés par de récentes parutions,
pour une année 2008 que je vous souhaite de passer deux-mille-huitesquement,
j'entends : loin des cimetières !
Bertrand Bolognesi
lectures
LE CAS SCHÖNBERG
D'ESTEBAN BUCH
Editions Gallimard, Collection Bibliothèque des Idées
Septembre 2006
356 pages
Partant que les habitudes ne se laissent pas si aisément
bouleverser, imaginons cette manière de commencement
que serait la Vienne vieillis-sante à l'orée du 20ème
siècle. Les derniers mois de l'actualité musico-
logique ont vu paraître cette passionnante étude des
rapports d'Arnold Schönberg (1874-1951) avec la critique en
son temps. Afin de permettre à son lecteur de mieux saisir
cette sorte de perversité qui domina les regards que les
musicographes posèrent sur sa musique (Horn parlera même
de Katzenmusik !), mais aussi ceux que Schönberg lui-même
jeta sur ses détracteurs (voir son Kritiker I caricaturant
férocement Liebstöckl), l'auteur l'introduit dans la
capitale austro-hongroise dont il dresse un état des lieux
de la critique musicale. Le 31 mars 1913, un concert désormais
célèbre sous son nom de Skandalkonzert opposait
les nouveaux créateurs à un public refusant leurs
innovations. On y jouait l'Opus 4 d'Anton von Webern, les Maeterinck
Lieder d'Alexander von Zemlinsky, la Kammersinfonie Op.9
d'Arnold Schönberg, les Altenberg Lieder d'Alban Berg
et les Kindertoten-lieder de Gustav Mahler. Cet essai s'interroge
sur ce qui a pu conduire à
ce précipité des humeurs, à partir de la soirée
du 18 mars 1902 durant laquelle Franz Jelinek, Franz Schmidt et
les membres du Quatuor Rosé créèrent Verklärte
Nacht. L'ouvrage n'étant pas une biographie, les uvres
analysées le sont principalement sous l'angle imposé
par son sujet avoué. De fait, c'est la notion même
d'avant-garde que sonde Buch, jusqu'à un chapitre conclusif
intitulé Pour une histoire politique de l'avant-garde
musicale.
ANTON VON WEBERN
D'ALAIN GALLIARI
Librairie Arthème Fayard
Octobre 2007
984 pages
Voilà enfin une somme que tout le monde attendait ! Personnalité
nimbée de plusieurs mystères - celui de sa mort accidentelle,
en septembre 1945, n'étant sans doute pas le principal -,
le moins populaire des trois Viennois ne se laisse pas saisir facilement.
Alain Galliari sait magistralement creuser une documentation foisonnante
et scrupuleuse jusqu'à nous
faire rencontrer le compositeur dont on a l'impression de pouvoir
soudain regarder le quotidien. Le personnage est si bien campé
qu'on se prendrait presque à anticiper ses réactions
dans certaines circonstances que répète une vie à
maints égards confuse. C'est précisément en
lui donnant ainsi chair et vie que l'auteur contredit avant même
de s'en expliquer l'idée toute faite selon laquelle Webern
(1883-1945) aurait été un froid formaliste.
Loin des clichés qu'il bouscule poliment mais sûrement,
ce livre démontre l'héritage romantique d'un musicien
aperçu jusqu'alors à travers le prisme radical de
la génération qui lui suivit. L'extrême modernité
de son uvre n'est en rien antagoniste avec la conviction d'une
musique empruntant les voies de la théorie dodécaphoniste
qui, précisément, serait l'aboutissement de plusieurs
siècles de création musicale. Bien entendu, chaque
opus fait ici l'objet d'une analyse rigoureuse dont la clarté
enthousiasme.
L'HOMME DU SON
DE GIACINTO SCELSI
Poésies recueillies et commentées par Luciano Martinis
Avec la collaboration de Sharon Kanach
Actes Sud
Octobre 2006
313 pages
Si l'on se souvient d'avoir lu avec grand intérêt
Les anges sont ailleurs
[lire notre compte rendu],
un ouvrage regroupant plusieurs textes du com-positeur italien (1905-1988),
c'est son uvre de poète que l'on abordera
à travers ce volume qui réunit différents recueils
- Le poids net, L'Ordre
de ma vie, Sommet de feu, L'Archipel nocturne,
La Conscience aiguë,
Cercles - que viennent compléter quelques poèmes
isolés. Entre mots d'ordre, saisie mystique ou hermétisme
du sacré qu'on ne saurait nommer,
le verbe - français, car Scelsi écrivit ses vers en
notre langue : "je considère que le français
est une langue beaucoup plus souple que l'italien dont la phonétique
est, dirais-je, toute sur les touches blanches, sans demi-tons
ni chromatisme. Elle n'a pas l' et l'ui français.
(
) L'italien est une langue
faite de granit, destinée aux monuments qui portent des épigraphes
et aux constructions de marbre" - impose la méditation.
La découverte de cet aspect méconnu de l'inspirateur
involontaire des spectraux est accom-
pagnée par les précisions précieuses de son
éditeur et quelques
fac-similés.
GYÖRGY LIGETI
Lorsque le temps devient espace
DE LEILING CHANG
Librairie L'Harmattan, Collection Univers musical
Février 2007
288 pages
C'est le travail du temps dans la musique de György Ligeti
qu'interroge Leiling Chang dont elle met les conceptions en regard
avec les réflexions des théoriciens du temps musical.
Quatre parties articulent cette étude :
un état des lieux de la pensée sur le temps en musique,
sur un temps-mouvement ; une approche précise du temps ligétien
à travers la notion
de "pseudomorphose de la musique à la peinture"
empruntée par le compositeur à Theodor Wiesengrund
Adorno ; une analyse précise du Deuxième livre
d'études pour piano du Hongrois ; enfin, Maximisation
du temps comme espace élargit le sujet hors des limites
annoncées, jusqu'à une sociologie du temps musical.
LES ECRITS DE LUIGI NONO
EDITION DE LAURENT FENEYROU
Editions Contrechamps
Février 2007
710 pages
Ceux qui connaissent les quatre-vingt sept textes de Luigi Nono
parus
chez Christian Bourgois il y a une quinzaine d'années se
réjouiront de pouvoir approfondir leur approche de la pensée
du compositeur italien grâce à cette nouvelle publication,
toujours dirigée par Laurent Feneyrou. Cette cinquième
édition compte en effet quelques cent soixante-quatorze entrées
(compte tenu de la reprise des articles précédemment
livrés),
grâce auxquelles l'on cernera d'autant mieux l'engagement
humain de Nono, à travers de nombreuses prises de position
importantes. Les
uvres du créateur sont ici présentées,
bien sûr, mais aussi sa vision d'autres musiciens, comme Sylvano
Bussotti, Sofia Goubaïdoulina, Hans Werner Henze, Luigi Dallapiccola
ou Karl Amadeus Hartmann. L'on y
entend également parler théâtre, littérature,
arts plastiques, politique et société - "le
vaste horizon culturel (
) de Nono que matérialisent
les neuf mille livres de sa bibliothèque, nombre d'entre
eux étant annotés".Certains passages offriront
un précieux prolongement à la lecture du Webern
d'Alain Galliari. Enfin, grâce à un Cd inclus dans
ce volume, l'on écoutera
le maître lors d'une conférence prononcée à
Genève en mars 1983.
LEÇONS DE MUSIQUE
DE PIERRE BOULEZ
Christian Bourgois Editeur, Collection Musique/Passé/Présent
Février 2005
759 pages
C'était il y a deux ans : l'on fêtait les quatre-vingt
ans de Pierre Boulez. Christian Bourgois mettait sous presse deux
volumes dont ces Leçons
de musique, partiellement publiées en 1989 sous le titre
Jalons pour une décennie. Il s'agit de l'ensemble
des cours prononcés par le compositeur au Collège
de France, entre 1979 et 1995. Ainsi le corpus littéraire
de
Boulez se trouve-t-il mis en ordre, pour ainsi dire, se partageant
en plusieurs volumes de Points de repère : Imaginer,
le premier (1995), nous plonge dans la réflexion du jeune
Boulez qui sonde un cortège d'ancêtres - Bach, Stravinsky,
Debussy, Bartók, Schönberg, Berg, Webern -, discourt
sur l'esthétique et pense la musique d'aujourd'hui
; le deuxième, Regards sur autrui, poursuit une des
démarches du premier en l'introduisant magistralement des
expériences du chef d'orchestre. Nous tenons ici le troisième
tome, à travers lequel Boulez tache de définir les
relations qui subordonne l'un à l'autre matériau et
invention. Les leçons clarifient le
geste musical, l'idée, la pensée, les processus de
création, la perception
et la mémoire, l'analyse, etc. Un quatrième livre
est annoncé qui regroupera les pages consacrées à
l'institution et aux prises de positions du musicien volontiers
polémiste. Comme le dit Jean-Jacques Nattiez sans son avant-propos
: "lire Boulez, c'est déjà écouter
sa musique"
QUADERNO DI STRADA DE SALVATORE SCIARRINO
DE GIANFRANCO VINAY
Editions TUM-Michel De Maule
Mai 2007
137 pages
Le musicologue Gianfranco Vinay emprunte à douze chants
et un proverbe pour baryton et ensemble instrumental de Salvatore
Sciarrino (2003) le titre de la brève introduction qu'il
consacre à son univers. L'auteur nous fait découvrir
le théâtre intime du compositeur sicilien, à
travers son approche de plusieurs partitions pour la scène,
d'Amor e Psiche de 1972 à Da gelo
a gelo de 2006, en passant par Cailles en sarcophage
(1980), Lohengrin (1984), Luci mi traditrici (1998)
ou Macbeth (2002). Après une présentation générale
de La dramaturgie musicale de Sciarrino, et deux chapitres
plus spécifiques, Vinay consacre la majeure partie de son
livre à une analyse détaillée du Quaderno
di strada. Publié quelques jours avant la création
française de Da gelo a gelo (Opéra Garnier,
mai 2007), l'ouvrage offrira bien des clés à quiconque
se déplacera en août à Salzbourg dont le programme
permet de retrouver de nombreuses uvres de Sciarrino, parmi
lesquelles sa Terribile e spaventosa storia del principe di Venosa
e della bella Maria (1999) convoquant les pupi pour nous conter
les amours tragiques de
Carlo Gesualdo.
MATHESIS ET SUBJECTIVITÉ
D'HUGUES DUFOURT
Editions MF, collection Répercutions
Avril 2007
391 pages
Recoupant certaines des considérations bouléziennes
susmentionnées,
ce préambule déjà développé
à un plus vaste déploiement, annoncé en trois
autres volumes, expose et analyse le phénomène musical,
de sa préhistoire et sa genèse jusqu'à ses
plus récentes mises en perspective, au fil de quatre-vingt
cinq alinéas. C'est en cela que la démarche diffère
totalement de celle des Leçons : il n'y a guère
de raison pratique aux considérations d'Hugues Dufourt,
bien que sa parole de compositeur
se trouve ici la plupart du temps mise en abîme en amont
par ses argumentations philosophiques - sociologiques, phénoménologiques,
épistémologiques, esthétiques, historiques,
etc. Pour un livre qui n'est
pas d'un abord facile, l'on vous conseillera de prendre quelques
notes à
sa lecture qui, à les relire, auront fait l'économie
des multiples justifications légitimant tout raisonnement
- une saine habitude universitaire poussée
ici à un scrupuleux excès qui, d'ailleurs, pourrait
bien tuer dans l'uf toute objection. Pour présenter
un état des lieux de son sujet, ce brillant Rheingold
amorce une pensée tant personnelle que neuve qu'on a hâte
d'approfondir dans les mois à venir, à travers ces
promesses faites de L'harmonie : fin d'un monde, naissance
d'un espace, de Principes de la musique, enfin De
l'espace sonore à la musique spectrale.
L'OPÉRA AU XXe SIÈCLE
EDITION DE PATRICK SCEMAMA & STEPHANE ROUSSEL
Editions Textuel
Octobre 2007
175 pages
Qui croit encore à la mort de l'opéra ? Bien au contraire,
les musiciens
n'ont cessé d'en composer, ces dernières années.
La création semble plutôt bien se porter. Plus qu'une
histoire de ce genre durant le siècle tout juste achevé,
ce sont des points de vue croisés que présente cet
ouvrage qui convoque neuf auteurs, préfacés par Gerard
Mortier. Timothée Picard sonde les inspirations littéraires,
Stéphane Roussel s'attache à lire l'image, Philippe
Albèra présente ces cinquante dernières années
de créations lyriques, introduit par la rétrospective
de Pascal Huynh, tandis que Pierre Flinois interroge le pouvoir
de la fosse, qu'Alain Perroux se concentre sur l'évolution
des techniques vocales et que l'indéniable souveraineté
du metteur en scène passionne Patrick Scemama. L'horizon
s'élargit avec
Le rituel et la modernité d'Alain Patrick Olivier, en
préambule, et l'article conclusif de Marcella Lista, L'uvre
d'art totale, une rêverie de la moder-
nité. Outre ce graphisme particulier qui fait la signature
de l'éditeur, on retrouvera vingt-quatre images (regroupées
en quatre portfolios soignés)
de productions récentes, dont certaines chroniquées
par Anaclase. Non négligeable : une liste des opéras
créés au 20ème siècle, en fin de
volume.
OLIVIER MESSIAEN
DE PETER HILL & NIGEL SIMEONE
Librairie Arthème Fayard
Janvier 2008
592 pages
Dernier né des seize ouvrages présentés par
ce dossier, cet Olivier Messiaen est la traduction (par Lucie
Kayas) du livre du pianiste Peter Hill
et du musicologue Nigel Simeone publié il y a trois ans par
l'Université de Yale. Car 2008, c'est l'année Messiaen,
bien sûr, même si ce peut être aussi l'année
Giacinto Scelsi, l'année Gérard Grisey et surtout
- avant tout, même, car il s'agit du centenaire d'un vivant
- l'année Eliott Carter (né quel-ques heures après
l'illustre oiseleur). Et, s'il vous plait, ne me dites surtout pas
que c'est aussi l'année ffonkka : vous me feriez tant
grogner que votre toile fonderait immédiatement ! Les auteurs
nous invitent à regarder l'enfant Messiaen, fils de poétesse,
à connaître avec lui deux guerres et bientôt
ses responsabilités de titulaire à la Sainte-Trinité
et de pédagogue au Conservatoire. Du piano à l'orgue
jusqu'aux vastes partitions d'orchestre (qui, d'ailleurs, convoquent
presque toujours le grand crocodile de concert), l'uvre
est clairement présentée sans que l'ouvrage propose
d'analyses
à proprement parler. L'on aborde bientôt son testament
: Saint François d'Assise, l'opéra qui vit
le jour à l'automne 1983, après six ans de travail
acharné. À cette lecture, vous vous trouverez assez
bien préparés aux nombreux concerts qui feront entendre
la quasi-totalité des uvres du maître.
PIERRE BOULEZ : TECHNIQUES D'ÉCRITURE
ET ENJEUX ESTHÉTIQUES
EDITION DE JEAN-LOUIS LELEU & PASCAL DECROUPET
Editions Contrechamps
Juillet 2006
323 pages
Il y a dix ans furent réunis plusieurs chercheurs travaillant
sur la musique
de Pierre Boulez à la Fondation Sacher, à La Napoule,
dans le cadre du RITM - Centre de Recherche sur l'analyse et l'interprétation
des Textes en Musique) -, le laboratoire que Jean-Louis Leleu
dirige à l'Université de Nice. De ce colloque seront
issus plusieurs communications dont certaines sont collectées
par cet ouvrage qui les met en regard par des articles plus récents.
D'une approche du double héritage de Webern et de Messiaen
(à travers le Livre pour quatuor, à la toute
fin des années quarante) à celle des structures
hétérophoniques plus tardives (Rituel in memoriam
Bruno Maderna, 1975), en passant par l'affirmation du sérialisme
boulézien (Structures, 1952-1961), les préoccupations
harmoniques (Marteau sans maître, 1955), les avatars
des formants (Sonate n°3, 1957), les phéno-mènes
enveloppants (Doubles, 1957) et les considérations
formelles (Eclats/Multiples, 1964-1971). Ce livre se referme
sur l'évocation d'un projet d'opéra jamais mené
à terme et une étude du langage boulézien
dans ses influences extra-européennes. On lira ici neuf
auteurs : Luisa Bassetto avec Marginalia ou l'opéra-fantôme,
Pascal Decroupet pour Moments doubles, figurés en prisme
et Penser sensiblement la musique écrit en collaboration
avec Jean-Louis Leleu, lui-même auteur ici de L'écriture
polyphonique
dans le "Livre pour quatuor ", Allen F. Edwards
pour Eclats/Multiples et le problème de la forme musicale,
Paolo Dal Molin pour Sans cause extérie-ures apparente,
ni affluents, ni glaciers, ni orages, Peter O'Hagan avec Antiphonie
: une étude du processus de composition, Rosângela
Pereira de Tugny livrant L'autre moitié de l'art,
Robert Piencikowski et ses Inscriptions : Ligeti, Xenakis,
Boulez, enfin Werner Strinz dont est publié Observations
sur des objets retrouvés. Notons que l'ouvrage fournit
un CD-Rom comprenant des exemples musicaux et les documents auxquels
se réfèrent les textes.
LA MUSIQUE CONTEMPORAINE EN 100 DISQUES
DE PIERRE GERVASONI
Editions MF
Novembre 2007
223 pages
Historien de la musique et musicologue, Pierre Gervasoni est
bien connu des lecteurs du Monde et d'Art press.
Si le propos affirmé de ce dossier est de vous inviter
à lire sur la musique de votre temps, le but logique est,
bien sûr, de jouir des éclaircissements de ces lectures
au moment de l'écoute, au concert ou au disque. Ce guide
est donc un outil précieux, d'autant qu'il s'articule en
un plan original et raisonné. Il se consultera donc de
diverses manières, selon qu'on s'identifiera au personnage
implicitement induit par ses quatre parties, partant qu'il est
également possible de ne se prendre pour aucun et d'y piocher
ici et là (mais c'est vraiment dommage). Les informations
sont transmises le plus clairement qui soit, sans jargonner, introduisant
efficacement à des mondes riches dont elles livrent quelques
clés sans jamais imposer de chemin critique.
L'UNITÉ DE LA MUSIQUE
EDITION DE JEAN-JACQUES NATTIEZ
Actes Sud
Septembre 2007
1211 pages
Voici le cinquième volet du vaste projet de Jean-Jacques
Nattiez, inauguré en mars 2003 par un tome intitulé
Musiques du XXe siècle. Il s'agit de Musiques : une
encyclopédie pour le XXIe siècle dont étaient
déjà dispo-nibles Les Savoirs musicaux (mars
2004), Musiques et cultures (septembre 2005) et Histoire
des musiques européennes (septembre 2006). On l'avait
bien compris : Nattiez n'entend pas borner son approche qu'il souhaite
le plus large possible, et si les précédents volumes
en rendaient compte déjà, celui-ci réaffirme
la volonté d'une encyclopédie de toutes les musiques
qui soulignerait leur interpénétration. Histoire,
esthétique, sociologie et phénoménologie croisent
les mêmes eaux, à travers un parcours menant de L'impact
du colonialisme sur la musique africaine à D'aujourd'hui
à demain : vers l'unité de la musicologie.
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