loin des cimetières !

les bonnes résolutions 2008

 

édito'
16 lectures pour une musique au présent





 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 


 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


© anaclase.com



édito'

Entre la Saint Etienne et la Saint Sylvestre, il est de coutume de prononcer de bonnes résolutions pour l'année qui vient. Et si, pour une fois, celles-ci s'orientaient un peu plus courageusement vers la musique d'aujourd'hui ? Car enfin, lorsqu'on se souhaite une bonne année, il s'agit bien de s'en-gager mutuellement à regarder vers ce qui vient plutôt que de remâcher indéfiniment le passé. Aussi, en cette heure qui clame son admiration
des patrimoines anciens, est-ce à vivre la création sans transplantation anachronique que je vous invite. N'est-il pas précieux, en effet, de partager
le patrimoine contemporain dans sa contemporanéité même, de le saisir sans attendre, d'accepter de se confronter à notre temps, tout simplement, qui sans doute est ni plus beau ni plus laid que d'autres, mais demeure le nôtre ? Car c'est bien celui-là que nous avons à vivre, qu'on le veuille ou non. Le refuser ne comporte-t-il pas le grand risque de marcher à côté de soi-même dans la voluptueuse contemplation de son ombre ? Une mauvaise habitude est prise dès la scolarité : celle de commencer par ce que l'on appelle le commencement, c'est-à-dire d'appréhender le monde par ce
qui est le plus éloigné de nous, ce sur quoi nous avons le plus de chance d'accumuler malentendus, contresens, phantasmes et préjugés. Jouerez-vous le jeu d'un commencement qui serait Aujourd'hui, soit ce qui est directement à portée d'oreilles ? Certes, le rêve serait de pouvoir ouvrir le champ de cette approche de part et d'autre de ce point ; mais, pour tâcher d'accompagner toujours les artistes vivants et les interprètes de demain plutôt que de s'extasier sur ce que l'histoire a cru pouvoir digérer, notre rédaction ne se prétend pas prophétesse. En attendant qu'une cristalline madame Irma dirige un jour notre chronique, voici quelques conseils de lecture, inspirés par de récentes parutions, pour une année 2008 que je vous souhaite de passer deux-mille-huitesquement, j'entends : loin des cimetières !

Bertrand Bolognesi



lectures


LE CAS SCHÖNBERG

D'ESTEBAN BUCH
Editions Gallimard, Collection Bibliothèque des Idées
Septembre 2006
356 pages

Partant que les habitudes ne se laissent pas si aisément bouleverser, imaginons cette manière de commencement que serait la Vienne vieillis-sante à l'orée du 20ème siècle. Les derniers mois de l'actualité musico-
logique ont vu paraître cette passionnante étude des rapports d'Arnold Schönberg (1874-1951) avec la critique en son temps. Afin de permettre à son lecteur de mieux saisir cette sorte de perversité qui domina les regards que les musicographes posèrent sur sa musique (Horn parlera même de Katzenmusik !), mais aussi ceux que Schönberg lui-même jeta sur ses détracteurs (voir son Kritiker I caricaturant férocement Liebstöckl), l'auteur l'introduit dans la capitale austro-hongroise dont il dresse un état des lieux de la critique musicale. Le 31 mars 1913, un concert désormais célèbre sous son nom de Skandalkonzert opposait les nouveaux créateurs à un public refusant leurs innovations. On y jouait l'Opus 4 d'Anton von Webern, les Maeterinck Lieder d'Alexander von Zemlinsky, la Kammersinfonie Op.9 d'Arnold Schönberg, les Altenberg Lieder d'Alban Berg et les Kindertoten-lieder de Gustav Mahler. Cet essai s'interroge sur ce qui a pu conduire à
ce précipité des humeurs, à partir de la soirée du 18 mars 1902 durant laquelle Franz Jelinek, Franz Schmidt et les membres du Quatuor Rosé créèrent Verklärte Nacht. L'ouvrage n'étant pas une biographie, les œuvres analysées le sont principalement sous l'angle imposé par son sujet avoué. De fait, c'est la notion même d'avant-garde que sonde Buch, jusqu'à un chapitre conclusif intitulé Pour une histoire politique de l'avant-garde musicale.


ANTON VON WEBERN
D'ALAIN GALLIARI
Librairie Arthème Fayard
Octobre 2007
984 pages

Voilà enfin une somme que tout le monde attendait ! Personnalité nimbée de plusieurs mystères - celui de sa mort accidentelle, en septembre 1945, n'étant sans doute pas le principal -, le moins populaire des trois Viennois ne se laisse pas saisir facilement. Alain Galliari sait magistralement creuser une documentation foisonnante et scrupuleuse jusqu'à nous
faire rencontrer le compositeur dont on a l'impression de pouvoir soudain regarder le quotidien. Le personnage est si bien campé qu'on se prendrait presque à anticiper ses réactions dans certaines circonstances que répète une vie à maints égards confuse. C'est précisément en lui donnant ainsi chair et vie que l'auteur contredit avant même de s'en expliquer l'idée toute faite selon laquelle Webern (1883-1945) aurait été un froid formaliste.
Loin des clichés qu'il bouscule poliment mais sûrement, ce livre démontre l'héritage romantique d'un musicien aperçu jusqu'alors à travers le prisme radical de la génération qui lui suivit. L'extrême modernité de son œuvre n'est en rien antagoniste avec la conviction d'une musique empruntant les voies de la théorie dodécaphoniste qui, précisément, serait l'aboutissement de plusieurs siècles de création musicale. Bien entendu, chaque opus fait ici l'objet d'une analyse rigoureuse dont la clarté enthousiasme.




L'HOMME DU SON

DE GIACINTO SCELSI
Poésies recueillies et commentées par Luciano Martinis
Avec la collaboration de Sharon Kanach
Actes Sud
Octobre 2006
313 pages

Si l'on se souvient d'avoir lu avec grand intérêt Les anges sont ailleurs
[lire notre compte rendu], un ouvrage regroupant plusieurs textes du com-positeur italien (1905-1988), c'est son œuvre de poète que l'on abordera
à travers ce volume qui réunit différents recueils - Le poids net, L'Ordre
de ma vie
, Sommet de feu, L'Archipel nocturne, La Conscience aiguë,
Cercles
- que viennent compléter quelques poèmes isolés. Entre mots d'ordre, saisie mystique ou hermétisme du sacré qu'on ne saurait nommer,
le verbe - français, car Scelsi écrivit ses vers en notre langue : "je considère que le français est une langue beaucoup plus souple que l'italien dont la phonétique est, dirais-je, toute sur les touches blanches, sans demi-tons
ni chromatisme. Elle n'a pas l'
œ et l'ui français. (…) L'italien est une langue
faite de granit, destinée aux monuments qui portent des épigraphes et aux constructions de marbre"
- impose la méditation. La découverte de cet aspect méconnu de l'inspirateur involontaire des spectraux est accom-
pagnée par les précisions précieuses de son éditeur et quelques
fac-similés.


GYÖRGY LIGETI
Lorsque le temps devient espace
DE LEILING CHANG
Librairie L'Harmattan, Collection Univers musical
Février 2007
288 pages

C'est le travail du temps dans la musique de György Ligeti qu'interroge Leiling Chang dont elle met les conceptions en regard avec les réflexions des théoriciens du temps musical. Quatre parties articulent cette étude :
un état des lieux de la pensée sur le temps en musique, sur un temps-mouvement ; une approche précise du temps ligétien à travers la notion
de "pseudomorphose de la musique à la peinture" empruntée par le compositeur à Theodor Wiesengrund Adorno ; une analyse précise du Deuxième livre d'études pour piano du Hongrois ; enfin, Maximisation
du temps comme espace
élargit le sujet hors des limites annoncées, jusqu'à une sociologie du temps musical.


LES ECRITS DE LUIGI NONO
EDITION DE LAURENT FENEYROU
Editions Contrechamps
Février 2007
710 pages

Ceux qui connaissent les quatre-vingt sept textes de Luigi Nono parus
chez Christian Bourgois il y a une quinzaine d'années se réjouiront de pouvoir approfondir leur approche de la pensée du compositeur italien grâce à cette nouvelle publication, toujours dirigée par Laurent Feneyrou. Cette cinquième édition compte en effet quelques cent soixante-quatorze entrées (compte tenu de la reprise des articles précédemment livrés),
grâce auxquelles l'on cernera d'autant mieux l'engagement humain de Nono, à travers de nombreuses prises de position importantes. Les
œuvres du créateur sont ici présentées, bien sûr, mais aussi sa vision d'autres musiciens, comme Sylvano Bussotti, Sofia Goubaïdoulina, Hans Werner Henze, Luigi Dallapiccola ou Karl Amadeus Hartmann. L'on y
entend également parler théâtre, littérature, arts plastiques, politique et société - "le vaste horizon culturel (…) de Nono que matérialisent les neuf mille livres de sa bibliothèque, nombre d'entre eux étant annotés".Certains passages offriront un précieux prolongement à la lecture du Webern
d'Alain Galliari. Enfin, grâce à un Cd inclus dans ce volume, l'on écoutera
le maître lors d'une conférence prononcée à Genève en mars 1983.


 


LEÇONS DE MUSIQUE
DE PIERRE BOULEZ
Christian Bourgois Editeur, Collection Musique/Passé/Présent
Février 2005
759 pages

C'était il y a deux ans : l'on fêtait les quatre-vingt ans de Pierre Boulez. Christian Bourgois mettait sous presse deux volumes dont ces Leçons
de musique
, partiellement publiées en 1989 sous le titre Jalons pour une décennie. Il s'agit de l'ensemble des cours prononcés par le compositeur au Collège de France, entre 1979 et 1995. Ainsi le corpus littéraire de
Boulez se trouve-t-il mis en ordre, pour ainsi dire, se partageant en plusieurs volumes de Points de repère : Imaginer, le premier (1995), nous plonge dans la réflexion du jeune Boulez qui sonde un cortège d'ancêtres - Bach, Stravinsky, Debussy, Bartók, Schönberg, Berg, Webern -, discourt
sur l'esthétique et pense la musique d'aujourd'hui ; le deuxième, Regards sur autrui, poursuit une des démarches du premier en l'introduisant magistralement des expériences du chef d'orchestre. Nous tenons ici le troisième tome, à travers lequel Boulez tache de définir les relations qui subordonne l'un à l'autre matériau et invention. Les leçons clarifient le
geste musical, l'idée, la pensée, les processus de création, la perception
et la mémoire, l'analyse, etc. Un quatrième livre est annoncé qui regroupera les pages consacrées à l'institution et aux prises de positions du musicien volontiers polémiste. Comme le dit Jean-Jacques Nattiez sans son avant-propos : "lire Boulez, c'est déjà écouter sa musique"


QUADERNO DI STRADA DE SALVATORE SCIARRINO
DE GIANFRANCO VINAY
Editions TUM-Michel De Maule
Mai 2007
137 pages

Le musicologue Gianfranco Vinay emprunte à douze chants et un proverbe pour baryton et ensemble instrumental de Salvatore Sciarrino (2003) le titre de la brève introduction qu'il consacre à son univers. L'auteur nous fait découvrir le théâtre intime du compositeur sicilien, à travers son approche de plusieurs partitions pour la scène, d'Amor e Psiche de 1972 à Da gelo
a gelo
de 2006, en passant par Cailles en sarcophage (1980), Lohengrin (1984), Luci mi traditrici (1998) ou Macbeth (2002). Après une présentation générale de La dramaturgie musicale de Sciarrino, et deux chapitres plus spécifiques, Vinay consacre la majeure partie de son livre à une analyse détaillée du Quaderno di strada. Publié quelques jours avant la création française de Da gelo a gelo (Opéra Garnier, mai 2007), l'ouvrage offrira bien des clés à quiconque se déplacera en août à Salzbourg dont le programme permet de retrouver de nombreuses œuvres de Sciarrino, parmi lesquelles sa Terribile e spaventosa storia del principe di Venosa e della bella Maria (1999) convoquant les pupi pour nous conter les amours tragiques de
Carlo Gesualdo.


MATHESIS ET SUBJECTIVITÉ
D'HUGUES DUFOURT
Editions MF, collection Répercutions
Avril 2007
391 pages

Recoupant certaines des considérations bouléziennes susmentionnées,
ce préambule déjà développé à un plus vaste déploiement, annoncé en trois autres volumes, expose et analyse le phénomène musical, de sa préhistoire et sa genèse jusqu'à ses plus récentes mises en perspective, au fil de quatre-vingt cinq alinéas. C'est en cela que la démarche diffère totalement de celle des Leçons : il n'y a guère de raison pratique aux considérations d'Hugues Dufourt, bien que sa parole de compositeur
se trouve ici la plupart du temps mise en abîme en amont par ses argumentations philosophiques - sociologiques, phénoménologiques, épistémologiques, esthétiques, historiques, etc. Pour un livre qui n'est
pas d'un abord facile, l'on vous conseillera de prendre quelques notes à
sa lecture qui, à les relire, auront fait l'économie des multiples justifications légitimant tout raisonnement - une saine habitude universitaire poussée
ici à un scrupuleux excès qui, d'ailleurs, pourrait bien tuer dans l'œuf toute objection. Pour présenter un état des lieux de son sujet, ce brillant Rheingold amorce une pensée tant personnelle que neuve qu'on a hâte d'approfondir dans les mois à venir, à travers ces promesses faites de L'harmonie : fin d'un monde, naissance d'un espace, de Principes de la musique, enfin De l'espace sonore à la musique spectrale.


L'OPÉRA AU XXe SIÈCLE
EDITION DE PATRICK SCEMAMA & STEPHANE ROUSSEL
Editions Textuel
Octobre 2007
175 pages

Qui croit encore à la mort de l'opéra ? Bien au contraire, les musiciens
n'ont cessé d'en composer, ces dernières années. La création semble plutôt bien se porter. Plus qu'une histoire de ce genre durant le siècle tout juste achevé, ce sont des points de vue croisés que présente cet ouvrage qui convoque neuf auteurs, préfacés par Gerard Mortier. Timothée Picard sonde les inspirations littéraires, Stéphane Roussel s'attache à lire l'image, Philippe Albèra présente ces cinquante dernières années de créations lyriques, introduit par la rétrospective de Pascal Huynh, tandis que Pierre Flinois interroge le pouvoir de la fosse, qu'Alain Perroux se concentre sur l'évolution des techniques vocales et que l'indéniable souveraineté du metteur en scène passionne Patrick Scemama. L'horizon s'élargit avec
Le rituel et la modernité
d'Alain Patrick Olivier, en préambule, et l'article conclusif de Marcella Lista, L'œuvre d'art totale, une rêverie de la moder-
nité
. Outre ce graphisme particulier qui fait la signature de l'éditeur, on retrouvera vingt-quatre images (regroupées en quatre portfolios soignés)
de productions récentes, dont certaines chroniquées par Anaclase. Non négligeable : une liste des opéras créés au 20ème siècle, en fin de
volume.




OLIVIER MESSIAEN
DE PETER HILL & NIGEL SIMEONE
Librairie Arthème Fayard
Janvier 2008
592 pages

Dernier né des seize ouvrages présentés par ce dossier, cet Olivier Messiaen est la traduction (par Lucie Kayas) du livre du pianiste Peter Hill
et du musicologue Nigel Simeone publié il y a trois ans par l'Université de Yale. Car 2008, c'est l'année Messiaen, bien sûr, même si ce peut être aussi l'année Giacinto Scelsi, l'année Gérard Grisey et surtout - avant tout, même, car il s'agit du centenaire d'un vivant - l'année Eliott Carter (né quel-ques heures après l'illustre oiseleur). Et, s'il vous plait, ne me dites surtout pas que c'est aussi l'année ffonkka : vous me feriez tant grogner que votre toile fonderait immédiatement ! Les auteurs nous invitent à regarder l'enfant Messiaen, fils de poétesse, à connaître avec lui deux guerres et bientôt
ses responsabilités de titulaire à la Sainte-Trinité et de pédagogue au Conservatoire. Du piano à l'orgue jusqu'aux vastes partitions d'orchestre (qui, d'ailleurs, convoquent presque toujours le grand crocodile de concert), l'œuvre est clairement présentée sans que l'ouvrage propose d'analyses
à proprement parler. L'on aborde bientôt son testament : Saint François d'Assise, l'opéra qui vit le jour à l'automne 1983, après six ans de travail acharné. À cette lecture, vous vous trouverez assez bien préparés aux nombreux concerts qui feront entendre la quasi-totalité des œuvres du maître.


PIERRE BOULEZ : TECHNIQUES D'ÉCRITURE ET ENJEUX ESTHÉTIQUES
EDITION DE JEAN-LOUIS LELEU & PASCAL DECROUPET
Editions Contrechamps
Juillet 2006
323 pages

Il y a dix ans furent réunis plusieurs chercheurs travaillant sur la musique
de Pierre Boulez à la Fondation Sacher, à La Napoule, dans le cadre du RITM - Centre de Recherche sur l'analyse et l'interprétation des Textes en Musique) -, le laboratoire que Jean-Louis Leleu dirige à l'Université de Nice. De ce colloque seront issus plusieurs communications dont certaines sont collectées par cet ouvrage qui les met en regard par des articles plus récents. D'une approche du double héritage de Webern et de Messiaen
(à travers le Livre pour quatuor, à la toute fin des années quarante) à celle des structures hétérophoniques plus tardives (Rituel in memoriam Bruno Maderna, 1975), en passant par l'affirmation du sérialisme boulézien (Structures, 1952-1961), les préoccupations harmoniques (Marteau sans maître, 1955), les avatars des formants (Sonate n°3, 1957), les phéno-mènes enveloppants (Doubles, 1957) et les considérations formelles (Eclats/Multiples, 1964-1971). Ce livre se referme sur l'évocation d'un projet d'opéra jamais mené à terme et une étude du langage boulézien dans ses influences extra-européennes. On lira ici neuf auteurs : Luisa Bassetto avec Marginalia ou l'opéra-fantôme, Pascal Decroupet pour Moments doubles, figurés en prisme et Penser sensiblement la musique écrit en collaboration avec Jean-Louis Leleu, lui-même auteur ici de L'écriture polyphonique
dans le "Livre pour quatuor "
, Allen F. Edwards pour Eclats/Multiples et le problème de la forme musicale, Paolo Dal Molin pour Sans cause extérie-ures apparente, ni affluents, ni glaciers, ni orages, Peter O'Hagan avec Antiphonie : une étude du processus de composition, Rosângela Pereira de Tugny livrant L'autre moitié de l'art, Robert Piencikowski et ses Inscriptions : Ligeti, Xenakis, Boulez, enfin Werner Strinz dont est publié Observations sur des objets retrouvés. Notons que l'ouvrage fournit un CD-Rom comprenant des exemples musicaux et les documents auxquels se réfèrent les textes.


LA MUSIQUE CONTEMPORAINE EN 100 DISQUES
DE PIERRE GERVASONI
Editions MF
Novembre 2007
223 pages

Historien de la musique et musicologue, Pierre Gervasoni est bien connu des lecteurs du Monde et d'Art press. Si le propos affirmé de ce dossier est de vous inviter à lire sur la musique de votre temps, le but logique est, bien sûr, de jouir des éclaircissements de ces lectures au moment de l'écoute, au concert ou au disque. Ce guide est donc un outil précieux, d'autant qu'il s'articule en un plan original et raisonné. Il se consultera donc de diverses manières, selon qu'on s'identifiera au personnage implicitement induit par ses quatre parties, partant qu'il est également possible de ne se prendre pour aucun et d'y piocher ici et là (mais c'est vraiment dommage). Les informations sont transmises le plus clairement qui soit, sans jargonner, introduisant efficacement à des mondes riches dont elles livrent quelques clés sans jamais imposer de chemin critique.


L'UNITÉ DE LA MUSIQUE
EDITION DE JEAN-JACQUES NATTIEZ
Actes Sud
Septembre 2007
1211 pages

Voici le cinquième volet du vaste projet de Jean-Jacques Nattiez, inauguré en mars 2003 par un tome intitulé Musiques du XXe siècle. Il s'agit de Musiques : une encyclopédie pour le XXIe siècle dont étaient déjà dispo-nibles Les Savoirs musicaux (mars 2004), Musiques et cultures (septembre 2005) et Histoire des musiques européennes (septembre 2006). On l'avait bien compris : Nattiez n'entend pas borner son approche qu'il souhaite le plus large possible, et si les précédents volumes en rendaient compte déjà, celui-ci réaffirme la volonté d'une encyclopédie de toutes les musiques qui soulignerait leur interpénétration. Histoire, esthétique, sociologie et phénoménologie croisent les mêmes eaux, à travers un parcours menant de L'impact du colonialisme sur la musique africaine à D'aujourd'hui à demain : vers l'unité de la musicologie.