PORTRAIT
graziella contratto,
chef d'orchestre


Les débuts
Devenir chef
L'opéra
Prochains concerts
Une femme qui dirige

Quel répertoire ?

 


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Graziella Contratto À la tête de l'Orchestre des Pays de Savoie

Du 11 au 21 octobre 2005
L'école des jaloux

Antonio Salieri
Sinfonia Veneziana
Alexandre Rastakov
Cinq minutes de la vie de Mozart
Leopold Kozeluch
Symphonie en sol mineur

avec Michel Portal :
Wolfgang Amadeus Mozart
Concerto pour clarinette KV622

Du 8 au 19 novembre 2005
Tango, cette pensée triste qui danse
chorégraphie de Cecilia Pascual
Astor Piazzolla
Tres tangos
Alberto Ginastera
Concerto pour cordes Op.33
avec Massimiliano Pitocco :
Astor Piazzolla
Concierto para bandoneon
avec Ruben Peloni :
Carlos Gardel
El dìa que me quieras
Vincente Belvedere
Barrio pobre

Eduardo Pereyra
Madame Ivonne

Du 10 janvier au 18 février 2006
Des Kaiser von Atlantis
opéra de Viktor Ullmann
mise en scène : André Fournier
scénographie : Mirella Weingarten
Solistes de Lyon - Bernard Tétu

Du 26 mai au 13 juin 2006
Collégiens au concert

Alain Berlaud
Création sur les
Feuilles d'herbe
de Walt Whitman
pour orchestre, bande électronique, groupe rock, chorale d'enfants et vidéo
mise en espace : Moïse Touré




 

 

 

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en savoir plus

Vous pouvez visiter :
www.graziellacontratto.com

 

En juillet 2004, nous avions le plaisir d'entendre Graziella Contratto à la tête de l'Orchestre des Pays de Savoie, lors des concerts de l'Académie-Festival des Arcs. Parce que son travail nous a plu, nous avons cherché à le mieux connaître, ce qui nous emmenait à annecy à l'automne où l'artiste donnait les Knaben Wunderhorn Lieder de Mahler. L'idée d'un portrait naquit alors, celle de vous faire découvrir un chef passionnant...


Comment l'aventure musicale a-t-elle commencée ?
En cadeau de noces, mon père offrit un piano à ma mère.
Lorsque j'étais petite fille, il y avait donc un piano à la maison, à Schwyz,
un village vraiment au centre de la Suisse. Ma mère prenait des leçons,
et comme j'étais l'aînée, elle m'emmenait. En Suisse, on entre à l'école un peu plus tard que les enfants français : à cinq ans, donc au tout début de ma scolarisation, on m'a invité à travailler la flûte à bec. Cet instrument ne m'intéressait pas du tout, mais je l'ai utilisé pour apprendre à lire la musi-que, comprendre quel son était lié à telle note, faire le lien avec le solfège. Un an plus tard, j'ai commencé le piano avec le même professeur. Savoir lire une partition avant même de connaître l'alphabet a été déterminant. La relation entre l'aspect visuel de la partition et le son que cela évoque était déjà quelque chose que j'avais intégré, avec évidence. À onze ans, j'ai pris des leçons de violon avec un professeur hongrois, réfugié en Suisse à qui je dois énormément, puisqu'il m'a transmis la joie inconditionnée de la musique, expérience inouï et fondamentalement importante pour quelqu'un comme moi qui avais tendance à une approche intellectuelle dans presque tout…. et voilà que la musique impliquait soudain une vraie participation physique ! Le violon m'a apporté une ouverture sur la sensualité du son et
le fait de partager la musique avec d'autres. J'ai commencé assez tôt à ac-compagner au piano la classe de violon de mon professeur ; et j'adorais cela ! Bien que la région soit modeste, elle offrait une foule de possibilité
de faire de la musique. J'ai pu rapidement jouer du violon dans un orchestre amateur de bon niveau, ce qui permet d'explorer un univers musical assez vaste, de tomber amoureuse en cachette… et de continuer simultanément
à satisfaire les ambitions de ma mère concernant mes devoirs scolaires. J'ai vite découvert mon amour pour les livres, mais c'est la pratique de la musique qui m'a aidé à me développer, à me sociabiliser, dirait-on aujourd'hui (rires) !



Quand l'idée de la direction d'orchestre est-elle arrivée ?
Vers douze ans, j'ai commencé à écrire un journal intime,
comme toutes les adolescentes. Sur la première page, j'avais écrit :
"Je deviendrai chef d'orchestre"
.

C'est une chose que j'ai complètement oubliée par la suite.
Vers vingt-quatre ans, je crois, après beaucoup d'études au piano,
de la théorie, et alors que j'enseignais déjà l'analyse au Conservatoire
de Lucerne, et après avoir accompagné de nombreux chanteurs ou m'être régulièrement produite dans le cadre de concerts de chambre, il s'est trouvé que j'ai fait du rangement chez moi ; le journal intime est tombé sous mes mains, et j'ai lu cette phrase sur la première page. C'était surprenant de constater cette aspiration, oubliée ensuite. Plusieurs raisons m'ont invitée
à me lancer dans la direction, je crois. Je voulais d'un côté utiliser toutes les études que j'avais pu faire auparavant, et continuer à satisfaire ma soif et ma curiosité pour apprendre toujours plus loin. Au piano, j'avais une certai-ne facilité, mais sans jamais connaître cette sensation que le piano puisse être une partie de moi-même ; il n'était en fait qu'un moyen, sans plus. Musicalement comme humainement, j'avais tendance à réduire au plus concentré, comme dans le développement d'une sonate de Beethoven, par exemple, où le compositeur réduit peu à peu tout le matériau à une petite cellule qui est l'essence absolue de l'œuvre. Après mon parcours instru-mental et théorique, je voulais revenir sur autre chose qui soit intellectuel-lement extrêmement focalisé mais où mon corps puisse exister. La direc-tion offrait ce mélange. Je savais que ce serait un travail dur et intense.
J'ai donc commencé à prendre des cours de direction d'orchestre à la Musikakademie de Bâle ; j'avais vingt-cinq ans. C'était très intéressant, en soi, bien sûr, mais aussi parce que ces études étaient internationales :
il y avait beaucoup de nationalités représentées dans cette académie, des hollandais, espagnols, anglais, suisses, allemands, tant parmi les élèves que parmi les professeurs. Parallèlement à des études que j'ai trouvées très équilibrées, je dirigeais un tout petit ensemble, près de Zürich, ce qui m'a permis d'apprendre dans des conditions quasiment amicales le réper-toire d'orchestre de chambre. En 1995, j'ai eu la chance de pouvoir faire des auditions avec l'Orchestre Universitaire de l'Académie de Fribourg-en-Brisgau ; c'est un orchestre symphonique de très haut niveau avec lequel j'ai fait plein de symphonies de Brahms, Bruckner, Mahler, etc.
La troisième piste n'est pas négligeable : je n'ai jamais composé, mais
j'ai beaucoup d'amis compositeurs dont j'ai fait plusieurs créations, dans
le cadre de la Société Internationale de Musique Contemporaine dont j'étais vice-présidente de la section de Lucerne. J'ai toujours aimé mêler les dif-férents arts, dans une conception qu'on pourrait dire transfrontalière ; littérature, musique, danse, architecture, peuvent faire bon ménage.


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Avec qui avez-vous travaillé la direction ?
D'abord Manfred Honeck, un chef autrichien qui œuvre de plus en plus
en France, actuellement, et en Norvège, en Suède, etc. Ayant été lui-même longtemps altiste au Wiener Philharmoniker, il possède un grand sens du travail des cordes. À l'époque, son style était assez évidemment sous l'in-fluence de Carlos Kleiber. C'était pour moi une révélation, bien que j'aie été fort réticente à cela ; j'ai un caractère qui aime à respecter énormément mais qui n'imite pas volontiers les idoles. Honeck nous donnait quelques astuces pour imiter Kleiber, ce qui ne pouvait pas me convenir, bien sûr (rires) ! Sans doute étions-nous tous trop jeunes, à l'époque, pour mesurer que ce qu'il nous apportait nous libérait de la sempiternelle technique du Kapellmeister à laquelle tout le monde se réfère ; elle est efficace, mais il faut développer sa propre expression entant que chef, et Honeck nous a encouragé à nous libérer des modèles traditionnels. C'était bien aussi de pouvoir suivre les conseils d'un autre chef, qui était l'élégant Ralph Weikert, pour le répertoire lyrique ; il avait intégré à une technique de Kapellmeister une immense souplesse, de sorte qu'en nous donnant une base, il nous aida à développer notre musicalité. Il y a eu aussi Horst Stein, et des stages d'été à Zlin, près de Prague, avec un chef chinois qui s'appelle Tsung Yeh qui m'a aidé à ne plus me poser de mauvaises questions par rapport à un physique inhabituel - j'ai des bras très longs, je suis plutôt grande, et j'ai souvent eu l'impression que le son que je voulais créer se trouvait en con-tradiction avec mon apparence - ; il m'a invité à utiliser toute ma personne, et même à en tirer avantage. Entre 1998 et 2000, j'ai été assistante de Claudio Abbado à Berlin. C'était fascinant ! J'ai pu participer à des séances d'enregistrement pour Deutsche Grammophon, avec l'impression que les commentaires que je pouvais faire au maestro étaient appréciés, encou-ragés.

Les opéras au Festival de Pâques de Salzbourg ont été très importants.
J'ai eu la chance de rencontrer Klaus Michael Grüber, sur la production de Tristan und Isolde, et j'ai appris de lui des aspects fondamentaux sur la relation entre le temps et le sens dans cette musique. Il m'a un jour deman-dé de trouver tous les points d'orgue de Tristan ; il m'a dit :

"C'est comme si le souffle cosmique entrait dans la musique dans ses rares moments d'arrêt", ce qui m'a donné des idées pour tout ce que j'ai pu faire par la suite. En même temps, Abbado imprimait avec l'orchestre un son inoubliable dans ma mémoire ; notamment avec Simone Boccanegra, les symphonies de Mahler, et le répertoire français impressionniste.
Ces deux années ont été très importantes, même si l'on ne dirige pas beaucoup lorsqu'on est assistant à Berlin, comme vous pouvez l'imaginer. J'ai fait beaucoup de travail aux archives, j'étais presque bibliothécaire, par-fois, et aussi intermédiaire entre intendant, chef et orchestre ; j'ai pratique-ment réorganisé toutes les archives de la Philharmonie, établi un contact constant entre les musiciens, le chef et tout le personnel. Il fallait profiter à la fois du travail musical et extramusical. J'ai connu là-bas des personnes qui sont devenues de très grands amis, comme le metteur en scène et chorégraphe Mirella Weingarten avec laquelle j'ai eu la chance de collaborer et d'apprendre sa vision dramaturgique extrêmement sensible et pleine de fantaisie. En 2000, j'ai été élue à l'unanimité comme chef résident à l'Orchestre National de Lyon ; David Robertson avait créé ce poste sur le modèle américain. En Europe, nous devons soit assister la fosse à l'opéra en tant que co-répétiteur, et tenter de monter peu à peu les échelons, soit devenir assistant d'un grand orchestre, ce qui veut dire faire tout ce que je vous ai dit à propos de Berlin, sans vraiment être directement lié à la direc-ion d'orchestre. À Lyon, c'était un travail où je dirigeais plus, tout en assu-mant une grande part pédagogique avec les orchestres de jeunes de la région Rhône-Alpes et de l'Arc Alpin, un projet pionnier de D. Robertson.



Et l'opéra ?
J'ai dirigé la création d'un opéra pour marionnettes de Hans Werner Henze à l'Opéra de Bâle, en 1996, Knastgesänge, une œuvre complétée par Jörg Widmann, qui est devenu un ami. En tant qu'assistante, j'étais chef de chant à Ferrare lorsque Abbado a dirigé Cosi fan tutte, avec le Gustav Mahler Chamber Orchestra. J'ai fait un collage d'opéra avec Mirella Weingarten
à Berlin, sur des thèmes mythologiques, depuis Monteverdi jusqu'à Pierre Henry, sur l'impressionnant parvis du Pergamonmuseum. Toutes les épo-ques étaient en présence, mais aussi la danse, le chant, avec les musi-ciens tous en toges sur les marches, bref, c'était un très bel événement multi-culti, comme nous disons en Suisse. J'ai été co-répétiteur au Théâtre de Bienne, puis j'ai produit Maria de Buenos Aires de Piazzolla dans mon village en Suisse, une collaboration entre l'Allemagne, l'Argentine, la France, l'Italie, un très gros projet.

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Et cette saison, je vais diriger Der Kaiser von Atlantis de Viktor Ullmann.
J'ai toujours adoré accompagner les chanteurs dans le lied ; d'ailleurs,
vous verrez souvent des œuvres avec voix dans les programmes que je dirige. Si un projet d'opéra rencontre une collaboration bienveillante entre metteur en scène, scénographe et chef, dans une vraie connivence artis-tique, alors c'est magnifique ! Mon rêve le plus fou, c'est d'inventer un opéra flottant sur les lacs des Quatre Cantons. Richard Wagner a vécu en exil à Tribschen, où Louis II de Bavière est venu incognito plusieurs fois, mais aussi Nietzsche et Liszt ! Avant de construire Bayreuth, il avait eu l'idée de faire un opéra dans ce paysage, puisque Schiller a placé son Guillaume Tell sur le Rütli, juste de l'autre côté du lac. Imaginez-vous que l'on installe dans un bateau énorme une scène, une fosse, une salle pour le public, et que tout le monde parte ensemble au Sud du lac, à Flüelen ; on fait un 1er entracte à Treib, et l'on peut même aller vite voir le Rütli où la Suisse a été fondée. On reprend le voyage pour le deuxième acte de Tristan, durant lequel on va à Vitznau se reposer avec le deuxième entracte, et à la fin, on arrive directement devant la maison de Wagner, à Lucerne. Une façon de vivre idéalement l'opéra sur les vagues schopenhaueriennes du lac !...
Bon, c'est très facile dans ma tête, mais c'est sans doute impossible
dans la réalité (rires) !



En tant que femme, est-ce qu'il vous a paru difficile d'être
chef, de s'imposer comme tel à des musiciens d'orchestre ?

La première rencontre avec un orchestre se passe toujours très bien,
en ce qui me concerne. Je crois qu'en général, on apprécie que je demande un grand engagement à chacun tout en donnant beaucoup de liberté. J'en-courage les musiciens à s'investir en tant qu'artiste, quelle que soit la place de son pupitre dans l'ensemble. Certains musiciens aiment cette façon de faire. Mais lorsqu'on devient chef permanent, la perspective change. Il y a différentes attentes, de la part des instrumentistes comme du chef, qu'il est nécessaire de savoir gérer plus profondément, pour qu'une rencontre à long terme soit rendue possible.
Peut-être les hommes savent-ils mieux s'adapter à une certaine ambiance de travail, parfois uniquement fonctionnelle, s'il le faut, tandis que les fem-mes, de l'aveu de collègues chefs également, se posent des questions humaines qui cohabitent plus ou moins bien avec l'exigence artistique. Nous avons une sensibilité qui nous montre tout de suite si quelqu'un
ne va pas bien, par exemple. Les hommes ont une facilité de s'abstraire
de l'humain qui est bienvenue si l'on est demandeur d'une efficacité directe. Mais, au concert, je ne suis pas toujours convaincue du résultat de cette manière de voir les choses. Ce n'est certainement pas facile pour une femme de trouver le dosage idéal entre la sympathie, l'intuition et l'autorité. La chaîne mezzo va diffuser un portrait de moi que la réalisatrice Perrine Robert a appelé Entre grâce et maîtrise, justement ! Mais j'aime à croire
que la musique soit une chose suffisamment forte pour que les obstacles humains croisés en la travaillant s'envolent tout à fait ; cependant, la naïveté n'est guère compatible avec le métier de chef…



Quel est votre répertoire de prédilection ? Et quelle place souhaitez-vous accorder à la création contemporaine ?
Ma génération connaît à la fois la chance de n'avoir pas à s'adapter à une esthétique dictée par quoi que ce soit et la nécessité de faire un choix pour assumer raisonnablement la liberté d'expression qui est à portée de sa main. J'ai analysé énormément de partitions contemporaines durant mes études théoriques, et je suis convaincu que l'on peut connaître réellement un vrai plaisir intellectuel en disséquant la construction d'une œuvre. En même temps, la communication me semble essentielle, ce qui veut dire que je crois que le public doit avoir lui aussi du plaisir lorsqu'on lui joue
une composition d'aujourd'hui. Or, il n'a pratiquement jamais l'opportunité d'analyser profondément une œuvre. Il faut donc trouver d'autres biais pour la lui amener. C'est pourquoi je donne volontiers des ateliers ou conféren-ces, que l'on appelle Propos d'avant-concert, avant de jouer avec l'Orchestre des Pays de Savoie, afin d'éclaircir la perception des auditeurs de connais-sances qu'ils n'avaient peut-être pas. C'est une démarche qui est largement appréciée, d'ailleurs. Je crois important également de choisir des pièces capables de solliciter des oreilles non spécialisées ; la gestion de l'énergie peut aider à définir une émotion plus clairement, sans qu'elle soit mise en doute immédiatement par une autre, par un jeu de cellules mélodiques surchargées d'affect, comme ce put être souvent le cas dans les années soixante-dix, par exemple. La clarté émotive, la solidité et la logique de la structure, mélodique, rythmique, acoustique, permettent de se frayer un chemin, ce qu'une conception radicalement fragmentée, qu'on rencontre dans certaines expériences, n'offre pas. Il me semble important de ne pas éloigner la création du public, de ne pas penser uniquement au musicien, au théoricien, au spécialiste qui se fait plaisir dans son coin en observant tel phénomène musical. La réconciliation des styles que présente l'écriture de Berg me paraît idéale, à ce titre. Wolfgang Rihm a contribué à la démysti-fication des différentes traditions de la musique du 20ème siècle. Aujour-d'hui, le travail de Jean-Louis Agobet, dont nous donnerons un échantillon dans notre saison de l'OPS en 2006/07, est très sensible et ouvre les portes à une écoute accompagnée. J'ai toujours eu une vénération pour
les compositeurs indépendants comme Gérard Grisey, Henri Dutilleux, Fabio Vacchi, etc. Finalement, j'observe avec un certain plaisir qu'une nouvelle génération de jeunes musiciens se permet la réjouissance d'une fusion de différents styles, comme Guillaume Connesson, sans remords vis-à-vis des éminences grises et des commendatori de la musique contemporaine.

propos recueillis le 2 juin 2005 par Bertrand Bolognesi


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