ARS MUSICA / BRUXELLES
un festival des musiques d'aujourd'hui


Quinzième édition
George Benjamin
Jonathan Harvey
Un concert exceptionnel
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© Philippe Ramette, "Le Balcon II", Hong-Kong 2001
L'affiche du festival

















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George Benjamin





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Jonathan Harvey














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Ensemble Recherche











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Andrea Lucchesini





Nous remercions infiniment Madame Séverine Provost sans l'aide de laquelle ce dossier n'aurait vu le jour

Quinzième édition
Eh oui, le temps passe !
Voilà en effet quinze ans que Bruxelles bénéficie d'un festival d'une grande richesse, qui sait se montrer curieux autant que rendre hommage aux maîtres du temps. Ainsi pourrons-nous, du 6 au 23 mars 2003, parfaire nos écoutes de la musique de Jonathan Harvey, de George Benjamin ou encore de Toshio Hosokawa. Les musiciens belges seront à l'honneur, avec des pièces de Philippe Bosemans, Luc Brewaeys, Thierry de Mey, Jean-Luc Fafchamps, Michel Fourgon, Wim Henderickx, et Benoît Mernier, et la création de l'opéra de Pierre Bartholomée, d'après le roman d'Henry Bauchau, Œdipe sur la route, au Théâtre Royal de la Monnaie. On constate la présence du jazz dans la programmation d'Ars Musica, et les concerts du quatuor de saxophones Rova (samedi 15, à 23h), des pianistes Aki Takase (mercredi 19, à 23h) et Eric Watson (samedi 8, à 23h) ou encore du David S. Ware Quartet (samedi 22, à 23h).
Les meilleures formations belges conjugueront leurs forces pour honorer ce projet, avec les concerts de l'Orchestre Philharmonique de Liège, de l'Orchestre Symphonique de La Monnaie, ou encore de l'Orchestre National de Belgique. Car Ars Musica, c'est aussi le rendez-vous des interprètes. Aussi retrouverons-nous les pianistes très aguerris à ce répertoire que sont Pierre-Laurent Aimard, Andrea Lucchesini, le Quatuor Arditti qui créa beaucoup d'ouvrages et contribue grandement à la vie de la musique d'aujourd'hui, et les ensembles Recherche, Modern, Ictus, ou encore Musikfabrik qui sillonnent l'Europe pour faire entendre la musique vivante. Signalons également les présentations publiques de nouvelles publications, dont Cinquante ans de modernité musicale : de Darmstadt à l'Ircam (contribution historiographique à une musicologie critique) de Célestin Deliège (Editions Mardaga).
Tout cela forme un vaste parcours en trente-sept concerts et de nombreux ateliers autour des œuvres jouées, principalement donnés à Bruxelles, mais également décentralisés, puisque certains se donneront à Anvers, Bruges, Liège et Mons. Nous concluerons cette rapide présentation par quelques lignes extraites de la préface au programme de cette année, et signée par Virginie Civrais, secrétaire général de festival :

" A une époque où chaque institution semble se replier sur elle-même et évaluer les profits engrangés, qu'ils soient financiers ou de notoriété ; à une époque où le management culturel pousse les lieux de culture à entrer dans le grand jeu de l'économie ; à une époque où il devient difficile d'avoir une âme… Ars Musica a décidé de préserver la sienne ! ".

Quelques zooms

George Benjamin
Nous évoquions plus haut la présence du compositeur et chef d'orchestre. C'est lui qui dirigera la soirée d'ouverture d'Ars Musica, à la tête de l'ensemble Modern, dans un programme regroupant le Double Concerto et Melodien de György Ligeti, un Concerto pour piano de Hans Abrahamsen en création belge, Le ruisseau sur l'escalier de Franco Donatoni, et les deux Palimpsest de Benjamin lui-même (dont le premier fut crée par Pierre Boulez à Londres en mars 2000, lors des festivités autour de son 75ème anniversaire). Né en 1960, il étudie le piano à l'âge de sept ans, et se met tôt à l'étude de la composition, avec Peter Gelhorn, avant de partir pour Paris et le conservatoire, où il suivra les classes d'Yvonne Loriod et Olivier Messiaen. A Claude Samuel qui lui demandait qui, selon lui, allait être l'un des maître de la nouvelle génération, après celle de Murail, Messiaen répondait:
" Sans hésiter, George Benjamin !... (..) Benjamin devait avoir seize ans lorsque je l'ai rencontré. Il m'a présenté ses premières œuvres que j'ai déchiffrées au piano, et j'ai compris immédiatement qu'il savait harmoniser et orchestrer, et qu'il avait une oreille infaillible. (…) J'aime beaucoup une de ses œuvres pour orchestre, une œuvre merveilleusement entendue, qu'il a composée d'après un texte de T. S. Eliot et dont le titre est Ringed by the Flat Horizon. Les timbres, les harmonies, les rythmes sont choisis avec un discernement exceptionnel ; la forme est absolument maîtrisée. Une œuvre plus récente, At first light, pour orchestre de chambre, inspirée par un tableau de Turner, présente les mêmes qualités, encore accrues… " (in Permanences d'Olivier Messiaen, Editions Actes Sud).
Benjamin se familiarisera ensuite avec les techniques électroacoustiques. Le Festival présentera d'autres œuvres du compositeur : Sometime Voices et précisément At first light, pendant la grande journée de clôture, le dimache 23 mars (rien moins que huit concerts, de 11h à 22h), Shadowlines et Fantasy on a iambic Rhythm par Pierre-Laurent Aimard à 20h30 le 19, Trois Inventions le 16 mars à 15h par l'Orchestre Léonard de Vinci dirigé par Oswald Sallaberger, Upon Silence par le Ricercar Consort le 11 à 18h, et Viola, Viola par l'ensemble Oxalys à 15h30 le samedi 8.

Par ailleurs, on remarquera une certaine place prise par la création britannique, avec la programmation de pièces de Rebecca Saunders et James Dillon, pour la jeune génération, Jonathan Harvey et Harrison Birtwistle pour les maître, et même John Dowland pour les très anciens.

Jonathan Harvey
Avec une dizaine d'œuvres au programme de l'édition 2003 d'Ars Musica, Jonathan Harvey devient coutumier des portraits monographiques, après un Agora/Ircam qui lui fut en partie consacré en 2001, une monographie impressionnante lui rendant hommage à Musica cet automne à Strasbourg, etc. Né en 1939, il commence à composer à l'âge de six ans, et connaît l'irremplaçable expérience chorale anglaise, qui marquera un axe de ses travaux futurs, au St. Michael's College de Tembury, tout en étudiant le violoncelle, instrument pour lequel il écrira souvent (cf. disque Assai, par Benjamin Carat : Advaya, Three Sketches, Curve with Plateau, etc., paru cet automne). Applicant les conseils de Benjamin Britten, il suit les cours de composition de Hans Keller et Erwin Stein qui l'introduisent à la technique dodécaphonique, puis s'initie auprès de Milton Babbitt à la théorie des ensembles, et enfin approfondit l'analyse musicologique à travers la théorie de Schenker. Il publiera un brillant essai sur Karlheinz Stockhausen en 1975. Puis Pierre Boulez l'invite à l'Ircam où il perfectionnera son approche de la musique électronique (on se souvient de Mortuos Plango, Vivos Voco au Festival d'Avignon, qui avait fait sensation).
Sa recherche aujourd'hui semble vouloir assembler une vision globale de la musique, propre au 20ème siècle, aux leçons du passé, notamment celles de la Renaissance, tout en se préoccupant de rendre compte d'un certain pouvoir des sons sur différents états de psychisme. On constate au fil du temps une réflexion sur le sacré, et la production de partitions inspirées des traditions bouddhistes, védantistes, chrétiennes, etc. Sa démarche est peut-être celle de la musique comme élévation spirituelle, méditative mais aussi guérisseuse, consolatrice, transcendante.
Outre un concert de la Jeune Philharmonie qui lui sera intégralement consacré le 23 mars à 15h, où l'on donnera Calling across time, Hidden Voice, Serenade in homage to Mozart, nous pourrons entendre le très beau cycle White as Jasmin lors du concert de clôture le même jour à 20h30 par Hélène Bernardy (soprano) et l'Orchestre Symphonique de La Monnaie dirigé par Kazushi Ono, Album dans l'après-midi par l'ensemble Ictus, son Concerto pour violoncelle par Jean-Guihen Queyras et l'Orchestre National de Belgique dirigé par Pascal Rophé le samedi 8 mars à 20h30, Lotuses le même jour à 15h30 par l'ensemble Oxalys, et surtout la création mondiale de son Quatrième Quatuor le 11 à 21h par les Arditti.

Un concert exceptionnel
Rappelons-nous le 8 février 1997, à la Maison Ronde, et le Festival Présences : un jeune pianiste italien, Andrea Lucchesini, jouait talentueusement le Concerto II pour piano et orchestre, Echoing curves, composé par Luciano Berio en 1988 comme un prolongement d'une pièce pour piano et ensemble écrite en 1974, Points of the Curve to Find, accompagné alors par l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par le compositeur lui-même. Ce fut un immense succès, et la découverte d'un très grand pianiste. Nous pourrons le retrouver le samedi 22 mars, dans le cadre d'Ars Musica, à 12h30, pour un récital entièrement consacré à l'œuvre pour piano de Berio, avec entre autre la très jeune Sonata qu'il a lui-même créée il y a deux ans. Il est tout à fait exceptionnel de pouvoir concentrer au concert l'écoute de cette partie de l'œuvre du compositeur italien.
Notons par ailleurs une rareté de Berio, Fa-si pour orgue, que donnera François Espinasse le 18mars à 20h à l'orgue de la Cathédrale St-Michel.


Vous pouvez consulter le calendrier complet du festival Ars Musica dans notre rubrique AU JOUR LE JOUR / ETRANGER

dans laquelle vous retrouverez dates, horaires, programme et interprètes pour chaque concert.


En savoir plus

Vous pouvez visiter :
www.arsmusica.be


ou prendre contact avec

Festival Ars Musica
Galerie Louise, 203/1
1050 BRUXELLES
BELGIQUE
(+ 32) (0)2 542 11 42

BB