EXPRESS YOURSELF
(brèves rencontres) Opus 3

Christophe Bertrand
Jay Gottlieb
Moritz Müllenbach


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



CHRISTOPHE BERTRAND

Né en 1981, Christophe Bertrand étudie le piano au C.N.R. de Strasbourg, notamment avec Michèle Renoul et Laurent Cabasso, et la composition avec Ivan Fedele (diplôme de composition en 2000, avec les félicitations du jury). Il obtient la médaille d'or de piano et la médaille d'or de musique de chambre à l'unanimité, après avoir étudié avec Armand Angster.
Il se produit avec Accroche Note, et devient le pianiste de l'Ensemble
In Extremis dont il est co-fondateur. En 2003, Pierre Boulez le choisit
pour écrire une pièce d'orchestre qui sera créée en 2005 au Festival
de Lucerne. Ses pièces abordent tous les types d'effectifs, du solo
à l'ensemble, en passant par l'électronique et la voix.

> Création de Dall' Inferno
Auditorium du Louvre, Paris / jeudi 27 novembre, 12h30
Attention : Le flûtiste prévu étant souffrant, cette création est annulée

 

Vous avez souvent confié votre attrait pour la virtuosité, votre goût modéré pour le silence ; cela sera-t-il le cas pour Dall' inferno ?
Dall'inferno a été composée dans une période particulière de ma vie, personnellement, et compositionnellement. Je n'ai jamais écrit à un rythme d'une telle frénésie : sept pièces en moins de cinq mois, alors que j'écris
au maximum trois pièces par an. Pour exemple, Vertigo a été écrite en
neuf mois! Elle appartient à un ensemble de pièces de musique de chambre qui ne sont pas un cycle, mais qui ont en commun un cousinage. Divers procédés se retrouvent d'une pièce à l'autre. Ainsi, dans Hendeka
j'ai découvert un processus musical qui consiste en de rapides arpèges en triples croches, séparés par un huitième de soupir, puis par deux, puis par trois, pour créer une sensation d'élasticité, comme si la matière musicale s'écartait, se dilatait. J'ai repris ce procédé dans plusieurs sections de Dall'inferno. Et comme toujours dans mes pièces, je fuis le silence et la lenteur. Cela n'a rien de démonstratif, je tiens ici encore à le souligner.
La difficulté que je requiers des musiciens a pour dessein de les impliquer différemment dans une autre musique, psychologiquement, physiquement, corporellement. J'en ai fait moi-même l'expérience lorsque j'ai travaillé la première Etude de Ligeti, Désordre : cette pièce est tellement redoutable techniquement que je me suis engagé ainsi que je l'ai décrit, comme jamais je ne l'ai fait, ni dans Liszt, ni dans certaines pages de Chopin, ni chez Scriabine. Ce nouveau trio n'échappe pas à cette règle. En tempérant par le fait que la harpe n'est pas comme un cuivre, et qu'on ne peut pas donner la même violence. Mais tout les instruments du trio doivent s'engager de façon absolue pour restituer le principe même de ma musique : la virtuosité qui se meut parfois en violence (extrême comme dans Vertigo, ma pièce la plus violente). Il y a bien des passages plus éthérés mais, là aussi, ils sont extrêmement volubiles. Ainsi, toute la pièce est dans la virtuosité et le rejet du silence ; c'est ma manière d'écrire, elle
l'a toujours été, et tend à l'être de plus en plus. Satka est une sorte d'acmé de difficulté, c'est une pièce redoutable, dans laquelle la virtuosité est extrême, excessive même, pendant treize minutes. C'est un enfer pour
les musiciens ! Mais le résultat est une pièce qui est très impressionnante,
à l'œil comme à l'audition. Dall'inferno reste d'une difficulté assez proche, mais, due à la formation elle-même, il est impossible d'atteindre un tel somme de violence. Cela dit, je pense que la pièce sera elle aussi impressionnante pour l'œil et l'oreille.

Vous partagez avec Gérard Grisey une même admiration pour Ligeti.
Votre travail semble pourtant éloigné des recherches spectrales...

Si j'aime tant Ligeti - que Grisey plaçait dans sa "Sainte-Trinité"
- le mot est de lui !), c'est parce que c'est grâce à lui que j'ai pénétré
dans l'univers de la musique contemporaine, alors que j'y étais réfractaire. En l'occurrence, c'est, à la fin du troisième mouvement, la superposition
des treize fréquences de répétitions (une pour chaque musicien) qui m'a ébaubi : j'avais alors une douzaine d'années, et je me suis demandé comment il était possible d'écrire une telle musique, proprement inouïe pour moi. Puis j'ai écouté en boucle tout Ligeti, et il est devenu mon seul véritable maître, même si je ne l'ai - malheureusement - jamais rencontré. Mais c'est avec les concerts, les disques et les partitions de Ligeti que j'ai tout appris. Aujourd'hui encore, j'ai une montagne de partitions de Ligeti,
et des dizaines d'enregistrements, et j'en ai besoin pour me ressourcer de temps en temps. On me reproche parfois d'utiliser des procédés ligetiens. Certes je les utilise, mais comme ceux de Xenakis, de Berio, de Steve Reich et d'autres encore, qui ont créé une grammaire musicale que je
tente d'employer avec mon propre style. Et quand bien même j'essaierais d'écrire "à la manière de", je ne ferais que du sous-Ligeti, ce serait absurde et ridicule. Je cherche à utiliser des processus inventés par l'avant-garde des années 60-70 dans un mouvement de syncrétisme (où intervient également le spectralisme, bien entendu), où je tente d'insuffler mon langage personnel. Je ne crois pas qu'en écoutant ma musique on ait l'impression d'entendre du mauvais Ligeti. J'ose espérer qu'on y entend
du Bertrand!

Vous partagez le programme du 27 novembre avec Kaija Saariaho,
qui avait annoncé qu'elle n'écrirait jamais d'opéra... Vous-même,
vous méfiant de "la vocalité de la voix ", prendriez-vous un tel pari ?

Un opéra : jamais. J'ai écrit un long article à ce sujet et chaque fois qu'on m'interviewe à ce sujet, j'expose mes réticences. J'ai une sainte horreur de la "vocalité" de la voix ! Le vibrato (d'ailleurs même pour les instruments, j'écris toujours "sans vibrato, du début à la fin"), le pathos, le lyrisme, l'approximation rythmique et de hauteur, etc. Tout cela est totalement étranger à ma façon d'écrire (mes rythmes sont très complexes, j'utilise énormément les quarts de tons). J'ai pourtant bien écrit des pièces
vocales, mais j'ai traité les voix comme des instruments. Est-ce encore véritablement de la voix? Certes la simple présence scénique de la voix impose une certaine théâtralité, mais j'aime les chanteuses neutres.
Pas sans charisme, avec une certaine neutralité et une perfection dans
la réalisation. Qu'on aime ou pas son timbre de voix, j'aime beaucoup Françoise Kubler, avec qui j'ai beaucoup travaillé et qui créera avec Accroche-Note une nouvelle pièce que j'ai écrite pour eux, Diadème, et
qui nécessite, comme dans Madrigal, une absence totale de pathos et de lyrisme : de plus la partition est tellement ardue qu'on ne peut rien ajouter d'autre que les notes écrites! Je dois ajouter, et c'est essentiel, que je ne suis pas attiré par la "très" grande forme. Je vais écrire ici, entre autre, une pièce de 25-30 minutes pour l'Ensemble Intercontemporain qui sera créée au Concertgebouw en 2010 ; c'est pour moi la durée maximale. Un opéra outrepasse ce type de forme, et je ne suis pas capable, je l'avoue, de m'y plier. Et tout l'appareil opératique me semble un peu d'un autre temps. Je ne suis pas attiré, tout simplement. Sans entrer dans la psychanalyse du pourquoi, l'opéra ne m'a jamais séduit, à l'exception de deux : Salomé de Strauss et Le grand Macabre de Ligeti. Mais Verdi, Puccini, Mascagni, Massenet, je ne peux pas, je trouve cette musique (je prie de m'excuser auprès des puristes) ridicule. L'opéra contemporain est encore différent, mais il ne m'attire pas. Pour l'instant. Pour autant, je ne suis pas quelqu'un de fermé : peut-être qu'un jour l'envie deviendra nécessité? Ce n'est pas
du tout le cas aujourd'hui, et à l'heure actuelle je ne l'imagine pas. C'est proprement impossible.

En se fondant sur des titres tels que Vertigo et Dall'Inferno, doit-on
plutôt chercher dans votre travail une thématique de la chute ou du jaillissement ?
C'est amusant, ma toute première pièce s'appelle La chute du rouge !
Plutôt qu'une esthétique de la chute ou du jaillissement, je dirais plutôt
de l'illusion et du tourbillon (Vertigo). Dall'inferno est dans cette optique-ci. Le titre est emprunté à Giorgio Manganelli, dont le roman éponyme est le récit d'un cauchemar (est-on enfer?), d'un rêve (est-on au paradis ?),
d'une exploration en temps réel de l'inconscient d'un personnage dont on ne connaît rien, et où personne n'a de nom. C'est très étrange! Et c'était
un clin d'œil que je me faisais à moi-même car j'habite à la Villa Médicis aujourd'hui : je me suis fait un cadeau de départ en quelque sorte!

(propos recueillis par Laurent Bergnach, le 12 octobre 08)

 

 

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JAY GOTTLIEB

Nommé pianiste officiel par le gouvernement américain afin de représenter son pays dans le monde entier, Jay Gottlieb est né à
New York. Il étudie à la Julliard School et à l'Université de Harvard,
ainsi qu'en France avec Nadia Boulanger, Olivier Messiaen, Yvonne Loriod, Robert Casadesus, et en Allemagne avec Aloys Kontarsky.
De nombreux compositeurs ont écrit pour lui.

> Hommage à Elliott Carter
Fondation des Etats-Unis, Paris / vendredi 28 novembre, 20h30

 

Quelles œuvres de Carter seron-elles jouées lors de ce récital ?
Mon récital en hommage à Carter comprendra Two Diversions (1999), Retrouvailles (2000), Intermittences (2005), Caténaires (2006), et
Matribute (2007). Simple est de constater qu'il s'agit de ses cinq œuvres pour piano les plus récentes, allant jusqu'à l'année dernière, avec la charmante Matribute, écrite pour la maman (d'où l'humoristique titre
"Ma + Tribute") du chef d'orchestre James Levine.

Comment choisit-on les autres compositeurs à intégrer à cette
soirée ? Selon les ressemblances ou les antagonismes ?

Surtout selon les affiliations, les appartenances. Comme l'on sait pertinemment, Carter est viscéralement lié à la France: il a appris le français déjà tout petit; il a étudié à Paris avec Nadia Boulanger ; c'est un ami de longue date de Pierre Boulez, dédicataire et créateur de plusieurs
de ses œuvres; et les trois compositeurs de la seconde partie de mon programme - Messiaen, Dutilleux, Jolas - figurent dans le panthéon personnel de Carter sur le plan musical et humain. Dans la première
partie, avec Charles Ives et Henry Cowell, c'est un retour vers les débuts
de Carter qui, à l'âge de 17 ans, a eu le privilège de rencontrer le grand Charles qui l'a tout de suite repéré et encouragé comme compositeur.
Ives a même écrit une lettre de recommandation pour son admission comme étudiant à l'Université de Harvard. Au-delà de ce rapport quasi paternel, la musique de Ives, avec son extraordinaire liberté tonale, rythmique et spatiale, restera comme influence primordiale. Quant à
Henry Cowell, peut-être l'être le plus proche de Ives, il a été pour Carter
un ami et collègue très cher.

Quelle est la place de Carter dans la musique américaine actuelle ?
N'est-il pas éclipsé par les compositeurs minimalistes, en particulier ?

Comme pour tout phénomène, il s'agit et s'agira toujours de levers et
de couchers de soleil successifs par rapport aux styles et aux modes d'expression. Justement, une des grandes leçons de Charles Ives est
que tout à son importance, que tout contribue à cette fameuse "Ame
au-dessus de tout" dont parlent les Transcendantalistes américains (Emerson, Thoreau...), centrale à la pensée ivesienne et américaine en général. Les "minimalistes" et les "maximalistes" ont tous deux le droit d'exister, de co-exister, et tout le monde trouve son compte, ou dans
l'un ou dans l'autre, ou dans les deux.

Un compositeur centenaire a-t-il plus de chance qu'un autre
d'influencer les nouvelles générations ?
Pour moi, ce qui est précieux par rapport à un compositeur centenaire,
c'est la possibilité de mesurer une longue évolution à travers le temps,
et sous quelles formes elle s'articule. Si dans le passé, Carter semblait obsédé par la notion de l'opposition des contraires, avec l'avancée des décennies, il démontre au contraire un souci de l'unité des éléments,
aussi complexes qu'ils soient. Il partage le point de vue du poète italien Eugenio Montale, mis en musique d'ailleurs par Carter, qui parle du
temps sous l'angle des chemins parallèles qui ne s'entrecroisent que rarement. Mais quand ces chemins se croisent, l'observateur - ou
l'auditeur - vit leur intersection comme un simple moment, ce qui produit
la négation de leur multiplicité. Néanmoins, dans le vécu de ce moment, l'observateur/auditeur perçoit que seulement "addio" (adieu) est possible,
et pas "arrivederci" (au revoir). Dans les œuvres plus récentes, on peut déceler une plus grande luminosité, énormément d'humour, une liberté d'approche(s) fabuleuse, ce qui devrait servir comme inspiration pour
tout jeune compositeur qui se cherche, qui se tourmente, qui fait tout
pour plaire plutôt que produire sa vérité avec plus rien à prouver.

(propos recueillis par L.B., le 25 septembre 08)

 

 

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MORITZ MÜLLENBACH

Né à Zürich en 1980, Moritz Müllenbach y étudie le violoncelle à
l'école supérieure de Musique et de Théâtre, dans la classe de Martina Schucan et avec le violoncelliste Roel Dieltiens. Il s'y initie également à l'interprétation historique de la musique baroque. Il se spécialise dans
la musique contemporaine en intégrant le cycle de perfectionnement dirigé par Christophe Roy (Paris) et suit des classes de composition
avec la compositrice allemande Isabel Mundry. Membre fondateur de l'ensemble Tzara, Il fait également partie de l'ensemble NOMOS, du trio ECCO (Freiburg), et préside actuellement l'Association Pavillon Suisse (Paris).

>Trio ECCO joue
Darbellay, Gubler, Heisch, Käser, Pelzel
Pavillon Suisse, Cité Universitaire Internationale, Paris
Dimanche 16 novembre, 15h

 

Vous êtes à l'origine de la formation du Trio Ecco.
Pourquoi une formation si particulière ?

Cette formation semble au premier abord très exotique mais, dans la musique contemporaine, la combinaison violoncelle-accordéon est assez connu et apprécié pour son équilibre. Si on ajoute un saxophoniste comme Christoph Krischke, qui peut jouer de vrais pianos, on obtient un trio avec une homogénéité étonnante, tant pour la majorité des compositeurs qui
on déjà écrits des pièces pour nous (une vingtaine) que pour le public des concerts. Ce résultat était peut-être pressenti par Christoph qui a eu l'idée de cette formation, mais je pense que nous-mêmes étions surpris par
les possibilités sonores rencontrées. Pour différentes raisons, chaque instrument est très en vogue dans la musique contemporaine et apporte ses caractéristiques très particulières. C'est une raison pour laquelle
nous proposons régulièrement des concerts avec des soli ou des duos.

Comment s'est décidé le choix des différents compositeurs
au programme, le 16 novembre prochain ?

Tout d'abord, nous avons la chance que le jeune compositeur suisse Michael Pelzel ait écrit une pièce solo pour notre accordéoniste Viviane Chassot et pour les festivités des 75 ans de la Fondation Suisse. Toutes les autres pièces, sauf celle de Rico Gubler, ont été écrites pour nous
et forment notre répertoire suisse, en ce moment. A part la cohérence géographique, le fil conducteur de ce programme est sans doute une certaine ironie : on retrouve dans chaque pièce des côtés imparfaits, amorphes, qui louvoient entre mélancolie et amusement : Mischa Käser
et Michael Heisch jouent avec des citations (Brahms et Webern chez
Käser, The Cure chez Heisch) qui créent la possibilité d'entendre ces pièces d'une manière très ambiguë - d'abord avec une poésie directe de
la matière sonore, mais aussi dans le contexte historique. Pelzel a créé
une pièce très virtuose mais, en même temps, cette virtuosité devient
fragile : il demande de bloquer quelques boutons de l'accordéon afin
de produire des trous dans la mélodie. Le Solo pour violoncelle de Rico
Gubler oscille constamment entre des modes de jeux très difficilement combinables physiquement. Ces petits moments de changements deviennent magiques et volatiles…

En tant qu'interprète et que trentenaire du XXI e siècle, que vous
apporte de jouer la musique de votre temps ? Comment cette direction
a-telle été prise ?

Cette direction a été prise suite à une grande fascination pour la
musique contemporaine : d'un côté, il y a son exigence de nouveaux
modes de jeux et de couleurs insolites, mais le plus important est qu'elle est faite de points de vues de compositeurs actuels à un certain moment
de cristallisation des problèmes de notre vie quotidienne ou de société dans le cadre créatif. Cette actualité, on peut d'ailleurs la rencontrer de temps en temps dans des bonnes interprétations de musique ancienne aussi, mais, dans la musique contemporaine, cette connexion est beaucoup plus directe. Pour cette raison, je suis persuadé de pouvoir enlever facilement la peur du public devant une musique trop complexe
- pas en parlant des structures et mécanismes de cette musique, qui
sont effectivement souvent très complexes (dans Bach aussi, d'ailleurs), mais en présentant une idée générale de la pièce, en montrant la motivation ou les inspirations du compositeur, etc.
Le vrai problème de la musique contemporaine est plutôt un problème
de communication: il y a un esprit d'avant-garde, mais pas de direction commune (ce qui est enrichissant et dépressif en même temps!).
Après la modernité classique qui a d'abord abandonné le code de
communication le plus important, la tonalité, on s'est retrouvé dans la postmodernité, en gagnant une grande liberté ("on peut faire ce qu'on veut..."). D'un autre côté, cette liberté a amené une indifférence, une
perte des critères pour juger la musique. Chaque compositeur crée
donc son propre univers (ou une copie des autres...) en espérant qu'il
va être compris par quelques-uns. C'est à cause de cela que presque chaque pièce a besoin aujourd'hui d'être expliqué au public, et pas parce
qu'elle est trop complexe. (propos recueillis par L.B., le 4 novembre 08)