PORTRAIT
arabella steinbacher,
violoniste


La belle aventure de la musique
Un violon Peter Greiner
Une relation avec le répertoire slave
Prochains concerts
Le Concerto de Dvorak
Le Cd Khatchaturian chez Orfeo

De prestigieux partenaires

Quelques éléments de biographie

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© arabella-steinbacher.de




 



Où pourra-t-on bientôt vous entendre?

- à la Philharmonie de Munich, le 25 octobre, dans le Concerto en ré majeur Opus 35
de Piotr Illich Tchaïkovski
avec l'Orchestre du Théâtre Mariinsky
dirigé par Valery Gergiev.

- à l'Alte Oper de Francfort, le 28octobre,
dans le même programme.

- à Straubing le 7 novembre et à Karlsruhe le 9,
avec Robert Kulek au piano
dans un programme Antonin Dvorak,
Franz Schubert, Johannes Brahms
et Alfred Schnittke.

- à Regensburg les 15 et 18 novembre,
dans le Concerto en la mineur Opus 53
de Antonin Dvorak
avec l' Orchestre Philharmonique de Regensburg dirigé par Johannes Rieger.

- à Helsinki le 1er décembre,
dans le Concerto en ré majeur
de Johannes Brahms
avec l'Orchestre Symphonique de
la Radio Finlandaise dirigé par Hannu Lintu.

- à Hanovre le 4 décembre,
dans le Concerto en la mineur Opus 53
de Antonin Dvorak,
avec la Philharmonie Tchèque.

- à Moscou le 16 janvier 2005,
dans le Triple concerto en Ut majeur Opus 56
de Ludwig van Beethoven,
avec l'Orchestre Symphonique Tchaïkovski
dirigé par Vladimir Fedoseïev.

 





 

 


le Cd Khatchaturian chez Orfeo

C'est bien souvent par un étroit travail
de collaboration entre un grand soliste et un créateur
que peut naître une oeuvre ; ainsi, en 1940, le compositeur arménien Aram Khatchaturian achève-t-il son
Concerto pour violon et orchestre
après de nombreux échanges avec David Oïstrakh qui en serait le dédicataire. Fort imprégnée du passé russe et de la virtuosité violonistique qu'on lui connaît, l'oeuvre convoque également une relative âpreté qui rappellera Chostakovitch, sans pour autant qu'elle adopte
une noirceur (dans la lamentation ou le sarcasme) comparable. Bien au contraire, ce Concerto volontiers virevoltant, avec son thème plaintif du 1er mouvement,
s'il s'avère assez inquiet dans le second, s'éclaire dans le dernier, prenant l'époque à bras le corps avec une énergie qui refuse de se laisser atteindre par les circonstances (celles de la russie soviétique). Sakari Oramu à la tête
du City of Birmingham Symphony Orchestra accompagne Arabella Steinbacher d'un geste somptueusement lyrique ; la tristesse un rien nonchalante de l'Andante sostenuto, qui cède à quelques envies de valse, bénéficie d'une interprétation extrêmement sensible de la jeune musicienne allemande, d'une tendresse déchirante,
sans pour antant trop appuyer le possible pathos de cette page. Signalons qu'il s'agit d'une captation Live lors
du concert du 7 avril 2003 à la Philharmonie de Munich.
(+ Concerto pour violoncelle par Daniel Müller-Schott)

1 Cd Orfeo C 623 0410 A

"J'entendis le Concerto pour violon de Khatchaturian pour la première fois à l'âge de douze ans, lors d'un stage en Suisse. La passion brûlante et la profusion de couleurs exotiques de cette musique me subjuguèrent d'emblée. L'alliance, caractéristique chez Khatchaturian, d'éléments provenant de différentes traditions, crée une rythmique captivante, un charme séduisant, et confère à la musique cette atmosphère unique que j'aime tant. Dès cet instant, je nourris le souhait de jouer à mon tout ce Concerto, brûlant d'impatience de la travailler avec mon professeur. Par chance, il me fut donné quelques six mois plus tard de la joeur en Slovaquie puis, au printemps 2003, lors d'une tournée effectuée par le City of Birmingham Symphony Orchestra sous la direction de Sakari Oramu, épisode qui compte parmi mes plus belles expériences artistiques. L'oeuvre est l'un des concertos que je préfère. Le fait d'effectuer avec elle mes débuts au disque revêt une grande importance pour moi".

Arabella Steinbacher
extrait du livret réalisé par Olivier Wazola
et traduit par Hugues Mousseau
© ORFEO International Music GmbH, München

 

 

 

 


En savoir plus

Vous pouvez lire nos chroniques
du concert du 3 mars 2004


et du concert du 9 septembre 2004


et visiter le site
www.arabella-steinbacher.de

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© anaclase

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons rencontré la violoniste ARABELLA STEINBACHER à qui
nous avons posé quelques questions. Il conviendra de la saluer sur cette page pour s'être prêtée à l'exercice, et de remercier Mesdames Brünhilde Hartlage-Peterfalvi et Hélène Segré, ainsi que Messieurs Jean-Marc Berns et Matthieu Benoît sans la complicité desquels cet entretien n'aurait eu lieu.



Outre que vous partagez avec Richard Strauss
le nom d'une de ses héroïnes et votre naissance à Munich,
comment la belle aventure de la musique a-t-elle
commencée pour vous ?
Mon père était répétiteur à l'Opéra de Munich. Il est depuis toujours
un grand admirateur de Richard Strauss, dont il connaît parfaitement l'œuvre. Voilà pourquoi je m'appelle Arabella ! Et, peut-être le savez-vous : ma maman est chanteuse. Avec un père pianiste et une mère cantatrice, j'ai tout de suite été élevée dans un univers musical. Aussi était-il naturel que cette aventure devienne aussi la mienne.

A quel âge avez-vous commencé à étudier la musique ?
A trois ans, et je suis entrée au Conservatoire de Munich à neuf ans.
C'est là que j'ai connu Ana Chumachenko, en 1990. Aujourd'hui, je continue de la voir, car j'apprends toujours avec elle. Elle est pour moi
une seconde mère, ma mère de violon. C'est très important de naître
une seconde fois, avec l'instrument avec lequel on s'exprime ! Bien plus tard, j'ai commencé à voir Ivry Gitlis. Je passe de temps à autres quel-ques jours avec lui. J'aime l'entendre parler de sa vie, de sa carrière.
C'est toujours très enrichissant.

Il y a eu d'autres professeurs ?
Quelques master classes ici et là, oui - avec Kurt Sassmannshaus, Dorothy DeLay, etc. - mais pas d'autre enseignement aussi approfondi que ceux de Ana et de Hilge Thiele dans ma première enfance, avant le Conservatoire.

Avez-vous des modèles parmi les violonistes
d'aujourd'hui ou d'hier ?

La plupart de mes modèles ne sont plus de ce monde.
Ana Chumachenko, mon professeur, est un grand modèle pour moi,
bien sûr ! Et elle m'a fait découvrir Nathan Milstein, David Oistrakh, dont j'écoute très régulièrement les témoignages discographiques, et des-quels j'apprends beaucoup. Et je suis doublement reconnaissante à Anne-Sophie Mutter d'être à la fois un exemple pour moi et une artiste
qui m'aide et me soutient beaucoup.

Lorsque vous avez à préparer un concerto,
écoutez-vous des versions discographiques auxquelles confronter vos propres options ?
On connaît le plupart des grands concerti, de sorte qu'on ne démarre jamais vierge avec eux. Mais lorsque j'aborde une œuvre plus rare, je n'écoute personne au préalable. J'étudie beaucoup la partition, je m'inté-
resse aussi à son contexte, au compositeur, et lorsque le concerto est
en moi, je peux alors écouter ce qu'en font les autres, comparer notre approche, etc.



© anaclase
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Quel violon jouez-vous aujourd'hui, pour quelles qualités?
Je joue un violon que le luthier Peter Greiner de Bonn, qui est très
réputé, a réalisé il y a deux ans d'après des copies de Guarnieri et
de Stradivarius. C'est un instrument intéressant pour la brillance de sa couleur, l'opulence du son, très riche, qui en particulier permet un travail optimal avec l'orchestre.

Vous travaillez exclusivement avec ce violon, ou vous
changez parfois, selon les œuvres que vous avez à inter-
préter, ou si c'est du concert ou de la musique de chambre?

J'essaie régulièrement d'autres instruments, mais c'est ce Greiner que
je préfère. Sans doute, si j'avais à ma disposition un Stradivarius depuis quelques temps déjà, je choisirais pour telle œuvre cet instrument-ci plutôt que celui-là. Mais je n'en sais rien, car ça ne m'est pas encore arrivé.



© arabella-steinbacher.de



Aujourd'hui, vous jouez les plus grandes pages du répertoire violonistique, de Bach à Schnittke ; demain,
vous donnerez le Concerto de Dvorak, vous avez enregistré celui de Khatchaturian - que vous avez joué à Moscou pour le centenaire de sa naissance - et on vous a entendue ici-même en mars dernier dans celui de Beethoven. Quelle est la musique qui vous tient le plus à cœur, celle que vous souhaitez défendre, qu'il vous plait le plus de défendre ?

Cela dépend des moments. J'aime beaucoup jouer les concerti
de Chostakovitch et Prokofiev, mais l'atmosphère de l'orchestre, l'humeur du chef et la mienne aussi, bien sûr, font varier mes aspirations et mes préférences. Parfois, je préfère Brahms ou Beethoven…
Tout dépend de la rencontre, des circonstances.

Vous jouez Tchaïkovski, Prokofiev, Chostakovitch,
vous travaillez régulièrement avec les chefs russes,
vous vous produisez beaucoup en Russie :
une affinité entre vous et la musique russe, entre vous
et les musiciens russes ?

Mon professeur est russe, et donc elle a beaucoup orienté mes choix.
Je me sens extrêmement attirée par la musique russe, et je pense
qu'elle me le rend bien ! Ce n'est pas un choix résonné, mais une
sorte d'évidence, pour moi, comme de jouer Khatchaturian et Dvorak.






On parle souvent de la genèse laborieuse du Concerto
de Dvorak. Est-ce une chose que vous avez ressentie en l'abordant ? Que pouvez-vous nous dire de ce Concerto ?

Antonin Dvorak a écrit son Concerto pendant l'été 1879 en recueillant
les avis et conseils du grand Joachim qui l'invita à en remanier l'orchestration, et c'est finalement Frantisek Ondricek qui le créera à l'automne 1883. Il faut avouer que cette orchestration est relativement lourde. Ce n'est jamais aussi fluide que le Concerto de Tchaïkovski,
par exemple, qui n'est pas plus facile mais plus équilibré. Le premier mouvement est très dense, et n'a pas l'évidence de Brahms. Lorsque vous entrez dans une partition de Brahms, il n'y a pas de résistance ;
pour ce Dvorak, si vous voulez, l'on met du temps avant de trouver comment prendre la parole.

Et par rapport à ce lent échange entre Joachim et Dvorak pour tenter de mener à bien le projet du Concert, que pensez-vous de la collaboration entre interprète et compositeur, sachant que parfois le premier va orienter les choix du second, comme ceci ou comme cela ? Est-ce une chose que vous avez déjà faite ou que vous aimeriez faire ?
J'aimerais beaucoup, oui. Je ne suis absolument pas fermée à la musique d'aujourd'hui, bien au contraire. Et je l'ai affirmé en jouant Schnittke. Lorsqu'il m'est arrivé de travailler une pièce contemporaine, j'ai beaucoup apprécié de pouvoir demander au compositeur ce qu'il avait à l'esprit en l'écrivant, si ce que j'en faisais lui convenait, se conformait à sa pensée, etc. C'est une sorte de luxe que de connaître cette chance d'un dialogue avec le créateur, n'est-ce pas ? Parfois j'aimerais pouvoir demander à Dvorak : qu'est-ce que vous pensiez en écrivant ceci ou
cela ?! (rires)


Vous travaillez souvent avec des chefs prestigieux - comme Simon Rattle, Neville Mariner, Sakari Oramu, Vladimir Fedosseiev, etc. Quelle personnalité vous aura le plus marquée ou surprise dans ces rencontres ?

Je suis très contente de pouvoir jouer avec Riccardo Muti à Milan prochainement, ou avec Valery Gergiev le mois prochain. Avec Mariner, ce fut une expérience très particulière que j'ai beaucoup aimée. On ne pourrait pas ne parler que d'un seul : tous ces grands chefs ont une manière personnelle et souvent passionnante d'aborder la musique. Ces personnalités sont de toute façon enrichissantes à chaque fois.

Est-ce que vous rêveriez de travailler avec quelqu'un, parmi les chefs ou les solistes ?
J'aimerais beaucoup travailler avec Claudio Abbado ! La pratique de la musique de chambre me semble essentielle ; aussi, je joue beaucoup de sonates et de trio, etc. De fait, je rencontre beaucoup de solistes.

 

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Quel est votre rapport à la musique ?
Avec la musique, on peut exprimer beaucoup de choses, emmener les gens dans un autre monde, les sortir de leurs tracas de tous les jours. Pour moi, c'est le langage des anges.


propos recueillis le 8 septembre2004 par Bertrand Bolognesi


 

quelques éléments de biographie

Arabella Steinbacher est née à Munich en 1981, d'une mère japonaise et d'un père allemand. Elle commence l'étude du violon à l'âge de
trois ans, puis est rapidement admise par
Ana Chumachenko
au Conservatoire de
sa ville natale, où elle sera d'ailleurs l'élève
la plus jeune de sa classe. La pédagogue reconnut en elle un très grand potentiel
qu'elle s'évertua de développer toute au
long de la formation qu'elle lui donna.
Elle l'encouragea à poursuivre son propre chemin, tout en la protégeant des dangers
de devenir une précoce machine de concert.

En 2000, Arabella Steinbacher remporte
à Hanovre le Concours Joseph Joachim,
et bénéficie l'année suivante d'une aide
del'Etat de Bavière. Anne-Sophie Mutter
lui offre alors un archet Benoît Rolland,
tandis que la Fondation qui porte son nom
lui accorde une bourse d'étude.

S'étant déjà produite en Angleterre,
en Finlande, en France, au Japon,
à Monte Carlo, en Norvège, en Russie
- et bien sûr en Allemagne -,
Arabella Steinbacher est de plus en plus présente sur la scène musicale internationale. Le 3 mars 2004
elle remplaçait Kyung Wha Chung
au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris,
dans le Concerto de Beethoven,
avec l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Neville Mariner ; comme de nombreux parisiens, nous l'entendions alors pour la première fois.
Le lendemain de cet entretien,
elle donnait le Concerto de Dvorak
avec l'Orchestre Français des Jeunes
dirigé par Jesus Lopez Cobos.
Après la parution de son enregistement
du Concerto de Khatchaturian, un disque consacré à Darius Milhaud est en préparation…

 


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