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Georg Friedrich Händel
: alcina
1 coffret de 3 cds Archiv Produktion 477 7374
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Premier compositeur
à écrire un opéra italien expressément
pour
Londres, Händel signe la partition d'Alcina plus
de vingt ans après Rinaldo (1711). Entre temps, le natif
de Halle a créé la Royal Academy of Music pour soutenir
ce genre nouveau - en compagnie de Giovanni Porta, Attilio Ariosti
ou encore Giovanni Bononcini. Mais les parodies tout d'abord (l'avènement
des ballad operas en langue anglaise), puis une sérieuse
concurrence mettent à mal son entreprise - apparu en 1933,
The Opera of the Nobility oblige notamment Händel à quitter
le King's Theatre du Haymarket pour le tout récent Covent Garden.
C'est dans ce contexte de lutte pour la supréma-tie artistique
et de course aux chanteurs vedettes qu'est présenté
Alcina,
le 16 avril 1735, quelques mois avant que les deux compagnies rivales
ferment leurs portes, irrémédiablement endettées.
Le succès est au rendez-vous : plus de dix-huit représentations
régalent
le public enthousiasmé par la présence de chanteurs
anglais, celle d'une compagnie de danse française, et par
une machinerie qui sert au mieux l'intrigue à base de merveilleux.
Comme en témoigne cet avis paru dans l'Universal Spectator,
certains virent en l'ouvrage un conte moral :
"L'uvre prouve que ni le conseil d'amis ni l'exemple
d'autrui ayant
souffert des effets mêmes que nous recherchons ne peuvent
empêcher le jeune écervelé entêté
de chasser les plaisirs imaginaires ou fugaces qui
le conduisent infailliblement à des réflexions cruelles
et à un repentir trop tardif. La beauté et l'inconstance
d'Alcina manifestent dans leur essence
la brièveté de tous les plaisirs terrestres qui sont
perdus dès qu'ils sont atteints."
Enregistrée fin 2007, cette version offre comme avantages
des chanteurs exceptionnels, soutenus par Il Complesso Barocco
sous la direction sagement moelleuse d'Alan Curtis, ainsi
qu'une acoustique d'église qui sert l'intériorité
des personnages. L'ampleur et la pâte vocale ne sont que quelques-unes
des qualités que Joyce DiDonato apporte au rôle-titre,
et
il suffit, pour s'en persuader, d'écouter son air de douleur
vengeresse Ah ! mio cor, schermito sei ! (Acte II, scène
8). Maite Beaumont offre à Ruggiero souplesse et virtuosité.
Sonia Prina (Bradamante) se montre agile dans l'ornement.
Malgré quelques attaques agressives, Karina Gauvin
séduit
par des graves solides et des aigus fulgurants. Kobie van Rensburg
(Oronte) s'avère virilement nuancé et Laura Cherici
(Oberto) colorée et expressive.
Laurent Bergnach
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