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Marco da Gagliano : La Dafne
1 cd Arion ARN 68776
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Né et
mort à Florence (1582-1643), Marco da Gagliano fait
ses études
avec Luca Bati auquel il succède comme maître de chapelle
à San Lorenzo. En 1611, il est ordonné prêtre
et devient le musicien attitré des Médicis avec l'aide
desquels il créé l'Accademia degli Elevati ;
celle-ci réunit musiciens, compositeurs et poètes dans
la mouvance de la Camerata Bardi, du nom de ce comte de Vernio
qui s'était intéressé aux idéaux de la
Grèce ancienne et au renouvellement de la tragédie,
que l'on supposait avoir été chantée. Pionnier
de l'écriture d'opéra, da Gagliano saisit l'importance
de son con-temporain Monteverdi dont il s'inspire pour La Flora
(1628), son deuxième ouvrage lyrique. Quelque vingt ans plus
tôt, c'est le cardinal Ferdinando Gonzague, fils cadet du duc
de Mantoue, qui lui commande son tout pre-mier opéra, à
l'occasion de ses noces avec l'infante Marguerite de Savoie : une
partition pour accompagner le livret de La Dafne écrit par
Rinuccini, déjà mis en musique par Jacopo Peri (1561-1633)
au profit d'une pasto-rale. Respectant le recitativo florentin,
l'uvre est créée au mois de janvier 1608, à
l'époque du Carnaval.
Abordant un ouvrage qui rend hommage à l'auteur des Métamorphoses
- c'est le personnage d'Ovide qui chante en premier lieu -, le violiste
Jay Bernfeld confie : "La simplicité mélodieuse
de Gagliano lorsqu'il met
en musique chaque personnage individuel et la variété
des techniques polyphoniques avec lesquels il rehausse la joie ou
la tristesse de ses madrigaux m'intéressent depuis toujours
- et ce fut une grande joie de
me rendre compte que la distribution parfaite s'était réunie,
comme
par magie, autour de notre ensemble".
En effet, les sept musiciens de Fuoco E Cenere sont en bonne
compagnie. Si l'on veut bien excuser le timbre terne de la basse
Philippe Roche (Pas-tore), la voix un peu tremblante de Guillemette
Laurens (Venere) et le Tirsi pas toujours sûr de Benoît
Porcherot - qui n'empêchent pas l'harmonie de churs
très équilibrés -, on se régalera de
la voix saine autant que dépour-vue d'agressivité
du ténor Mathieu Abelli (Apollo), de celle enveloppante
de Chantal Santon (Dafne) et du timbre coloré et juvénile
de Daphné Touchais (Amore). La vivacité de
l'ensemble apporte un charme supplémentaire à cette
version donnée en avril 2007 à la Maison de Radio
France.
Samuel Moreau
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