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benjamin britten : billy
budd
1 coffret de 3 cd Virgin Classics 5 19039 2
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Lorsqu'Herman
Melville esquisse les premières pages de l'histoire
de Billy Budd fin 1888, il a près de soixante-dix ans, et rédige
là son
dernier ouvrage, achevé au printemps 1891, quelques mois avant
sa
mort. Il s'inspire directement d'un événement connu,
The Mackenzie
Case, survenu en 1842 à bord du brick de guerre Somers.
Quant à
eux, Edward Morgan Forster et Eric Crozier situent l'action durant
l'été
1797, à une époque où les mutineries au sein
de la marine anglaise
connaissent une période de grande brutalité, mais s'opposent
sur la caractérisation et la prédominance à donner
à tel ou tel personnage,
au cur du drame.
Le 1er décembre 1951, après Paul Bunyan (1941), Peter
Grimes (1945), Albert Herring (1947) et avant Owen Wingrave (1971),
le public accueille avec succès un nouveau personnage que
Benjamin Britten a eu bien
du mal à mettre au monde. La collaboration avec ses deux
librettistes
n'a pas été facile, et cinq versions seront réalisées
au cours de l'année
1949. Souvent, le compositeur songe à abandonner, et Crozier
s'afflige
de le voir "aussi tourmenté et pitoyable",
ajoutant que "son état le rend
dans le même temps vaguement honteux et le met sur la défensive".
C'est évidemment la version de 1960, condensée en
deux actes par
Britten selon son idée première, que nous entendons
ici, dans un enregistrement ayant eut lieu en public au Barbican
de Londres, en décembre 2007. Si l'on peu reprocher à
Daniel Harding de diriger le
London Symphonie Orchestra avec une vision pointilliste -
qui offre
peu de relief à l'ouvrage, sauf durant l'efficace scène
d'abordage de
l'acte II -, on sera enchanté par la présence de chanteurs
accomplis
dont Nathan Gunn (Billy Budd convaincant), Gidon Saks
(Claggart
incarné d'une voix de basse ferme et colorée) et,
malgré son peu
de souplesse à rechercher l'aigu, Ian Bostridge (Vere).
Samuel Moreau
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