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Trio Bautz
Serres d'Auteuil, Paris
24 juin 2006
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Un piano à queue Yamaha au milieu de palmiers
et de roses rouges à l'intérieur d'une serre : le
jardin des Serres d'Auteuil qui abrite plantes et fleurs exotiques
accueillait cette fois le Trio Bautz. Vainqueur de plusieurs
prix internationaux, pour son premier concert à Paris, le
trio interprétait des uvres de Brahms, Chausson et
Lazkano. Malgré une technique instru-mentale indéniable,
les musiciens n'ont pas toujours su aller au-delà
de la virtuosité de chaque pièce.
Les interprètes s'attèlent d'abord au Trio n°3
en do mineur de Johannes Brahms, mais ont du mal à
maîtriser certaines difficultés. La justesse est parfois
approximative au violon. On n'entend pas vraiment de mise en relief
des dynamiques et du caractère. Cette uvre suggère
pourtant d'infinies possibilités de contraste. Les tempi
sont peu variés entre les quatre mouve-ments et souvent différents
pour chacun des musiciens. Cela les conduira même à
s'arrêter pendant le quatrième mouvement, avant de
reprendre finalement au début ! Difficile aussi de s'habituer
à cette acoustique si peu conventionnelle. Les voix sont
brouillées car le piano couvre les cordes. Certes, la maîtrise
instrumentale n'est pas en doute, mais le dialogue et
le partage, essentiels en musique de chambre, ne semblent pas primer
dans ce début de programme.
Plus à l'aise dans la seconde partie, le trio sollicite
les compositeurs
de son temps, souhaitant promouvoir la musique dans toute sa diver-
sité - chaque concert de ce festival comporte une page de
musique contemporaine. Au Bautz, Bihurketak de Ramon Lazkano
va comme un gant. Composée en 1991 pour le Trio Wozzeck,
cette partition est conçue
comme une série de variations sur un thème imaginaire.
Basée sur une succession d'idées brèves, elle
donne l'impression d'un éclatement des événements.
uvre virtuose par excellence, elle mêle difficultés
techniques et variété de modes de jeu. Arco
ou pizz, avec des harmoniques naturelles ou artificielles,
des durées longues ou des rythmes rapides, elle amène
l'auditeur de surprise en surprise. Le trio se joue de toutes ces
difficultés grâce à un jeu est précis
et virtuose, la mise en place impeccable. Mais musicalement, le
contraste entre les divers mouvements n'apparaît pas clairement,
au-delà des indications du compositeur.
Dans le Trio en sol mineur Op.3 d' Ernest Chausson,
on sent plus d'assurance et de communication entre les interprètes.
Malgré quelques départs parfois imprécis, la
recherche de caractère et d'expressivité est indéniable.
Ecrite pendant la période de jeunesse du compositeur, cette
uvre révèle un romantisme débordant.
Les musiciens sont plus à l'écoute les uns des autres.
Le troisième mouvement présente un thème d'un
lyris-me intense au violoncelle dont le dramatisme est ce soir parfaitement
ex-primé. Le flux mélodique très prégnant
est mis en valeur par un jeu large
et généreux. Voilà donc une expérience
nouvelle pour ce trio habitué aux salles de concert, mais
sur la prestation duquel notre impression reste
en demi-teinte, peut-être à cause de la difficulté
d'adaptation à cette acoustique.
Laure Dautriche
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