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Percussions en chambre
Et plus si affinités...
Maison de Radio France, Paris
26 janvier 2007
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Premier d'un
cycle de trois jours consacré aux affinités musicales,
ce
concert de 18h met en avant les percussions dans la musique de cham-
bre. Apparues dans les formations réduites aux alentours des
années vingt, elles prirent peu à peu de l'importance,
comme on nous le démontre ce soir.
Créée à Grenoble en 1974, dédiée
au critique de danse Vittoria Ottolenghi, la pièce de Luciano
Berio Linea se compose de treize courts mouvements qui
s'enchaînent subtilement, sans l'ombre d'une rupture. L'uvre
commen-ce par un dialogue tout en délicatesse entre les deux
pianos, le vibraphone et le marimba, dont l'acoustique de la salle
ne nous écarte pas. Cependant, si l'énergie de forte
n'est pas exempte de la partition (Allegro), il faut
bien reconnaître une sécheresse des pianissimi assez
désarmant. L'explication vient sans doute de ce que Linea
était destinée à accompagner une choré-
graphie de Félix Blaska, et que la chair dont elle semble
manquer était
celle des neuf danseurs.
Plus proche de nous, Haunted Night voit le jour le 9 août
2002. Avec cette commande du Festival de l'Emperi dont le titre
est emprunté à un standard de jazz composé
par Duke Ellington dans sa période jungle, Bruno
Manto-vani signe une de ses nombreuses pièces "reposant
sur le conflit et la juxtaposition". Comme son nom l'indique,
ce morceau d'une douzaine de minutes s'avère assez agité,
avec des effets de crescendo ou decrescendo récurrents
livrés par le piano, le vibraphone et la clarinette - depuis
Bug et Da Roma [lire notre
chronique du 22 septembre 2006], on connaît le goût
de Mantovani pour cet instrument. C'est un solo de Nicolas
Baldeyrou qui sert de transition entre une première
partie qui semble monochrome mais capte subtilement l'attention,
et une seconde aux contrastes aérés, nourrie de clavier
martelé et d'un ostinato des lames.
Enfin, on ne présente plus la Sonate pour deux pianos
et percussion de
Béla Bartók, composée en 1937 et créée
à Bâle l'année suivante. L'u-
vre est ici donnée brillamment par des interprètes
qui en révèlent toute la richesse de textures et de
couleurs. Bertrand Chamayou et Jonas Vitaud l'abordent
dans un moelleux lentement lyrique, une douce introspection (deuxième
mouvement) avant de s'abandonner au pétillant du final. De
leur côté, les percussionnistes Emmanuel Curt
et François Desforges - dont le rôle, selon
le souhait du créateur, est de nuancer la sonorité
du piano, d'opposer des motifs contrapuntiques, etc. - ne manquent
pas
de délicatesse et d'intensité.
Laurent Bergnach
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