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Christian zacharias ouvre la nouvelle édition

Zermatt Festival
St.Mauritius-Pfarrkirche, Zermatt
31 août 2007


C'est aux artistes de l'Orchestre de Chambre de Lausanne que revient
le privilège d'inaugurer cette nouvelle édition du festival de Zermatt, avec
un début de programme faisant preuve d'une certaine originalité, puisqu'ils joueront deux des concerti grossi imaginés par Charles Avison à partir de sonates de Domenico Scarlatti - Twelve Concertos in seven parts done
from two Books of Lessons for the harpsichord by Domenico Scarlatti.
Faudra-t-il voir là un discret hommage à un autre britannique, Edward Whymper, né tout juste cent ans après ces pages ? Toujours est-il que de l'organiste de Newcastle, Christian Zacharias donne ce soir un Concerto grosso n°5 sagement équilibré, dans une articulation et une conduite de
la nuance délibérément classiques dont les choix sont souverainement assumés de bout en bout. Tout juste regrettera-t-on la relative raideur des fins de phrases. À la rondeur de sonorité du Largo initial répond l'interroga-tive raucité de l'Andante moderato (3ème mouvement). De même l'Allegro (2ème mouvement) du Concerto grosso n°2 bénéficie-t-il de la verve sou-riante de Zacharias dont les bis de récital ont copieusement emprunté à Scarlatti. On saluera particulièrement les soli soignés à l'évidente musicalité de Joël Marosi, au violoncelle.

Du clavier, Christian Zacharias dirige ensuite ses musiciens dans
le 23ème Concerto KV 488 en la majeur de Mozart dont il impose une interprétation aimablement retenue et joueuse. L'Adagio central ne traîne pas, tout en distillant une qualité de sonorité servie par une pédalisation minutieusement choisie et une respiration toute personnelle. Seule l'extrême unité des tempi nuit quelque peu à ce moment, une égalité scellée par le grand métier du soliste, mais administrant, du coup, une exécution qui, pour sage qu'elle soit, n'en parait que trop peu inventive.

Pour finir, Zacharias parvient comme cela arrive rarement à créer le désir d'entendre une suite aux deux mouvements suspendus de la Symphonie inachevée de Schubert, provoquant un manque de l'écoute, un creux trou-blant. En bis : une ouverture Rosemonde D797 inspirée, subtilement nuancée et toujours gracieuse.

Bertrand Bolognesi