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le SymfonieOrkest Vlaanderen
invite Liviu Prunaru
Concertgebouw, Bruges
2 octobre 2007
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Nous avions entendu le SymfonieOrkest Vlaanderen à
Amsterdam lors d'un concert d'été [lire notre
chronique du 18 août 2007] ; nous le retrouvons pour son
concert d'ouverture de la saison dans un autre Concertgebouw, celui
de Bruges. Le concert débute par les 5 pièces pour
cordes op. 5 d'Anton Webern. Ces uvres ont près
d'un siècle (1908), et malgré leur statut de chef
d'uvre, leur froide et aride beauté continue d'irriter
le public, dont une partie, dès la fin du premier mouvement
n'en peut plus, et mani-feste son ennui par un récital de
toux sèches et sonores. Difficile, dans
ces conditions, d'apprécier à sa juste valeur l'exécution
de ce soir. Etienne Siebens dirige avec netteté et
détachement, et son orchestre fait preuve
de transparence et d'un beau jeu d'ensemble. Les chefs de pupitre
par contre, à part un excellent violoncelliste, réalisent
des solos assez peu inspirés.
Après cette entrée en matière, c'est Liviu
Prunaru, deuxième lauréat du Concours Reine Elisabeth
en 1993, et concertmeister du Concertgebouw-orkest d'Amsterdam
depuis l'année dernière, qui fait son entrée,
pour le Concerto pour violon de Beethoven. Avec lui,
le SOV retrouve un soliste auquel il est habitué, ayant déjà
joué avec lui (et même enregistré) les concertos
de Britten et de Dvorak. En revanche, Liviu Prunaru n'avait à
notre connaissance jamais joué avec son chef actuel, et leur
rencontre
se révèle bien peu fructueuse.
D'abord, le chef fait jouer son orchestre sans vibrato, alors que
le soliste
en use, sans exagération, mais assez pour que les conceptions
sonores divergent. Ensuite - et c'est le plus grave -, alors que
Siebens adopte des tempi vifs et tente de dynamiser le discours,
Prunaru ne cesse de ralentir à chacun de ses solos. La distorsion
du tempo devient vite gênante, chacun tirant de son côté.
Si ce désaccord fondamental se mettait au service d'une vision
élevée de l'uvre, on pourrait assister à
un choc de personnalités fécond, mais malheureusement,
le violoniste, à part une jolie sonorité,
n'a pas grand-chose à dire dans cette uvre, et se cantonne
à un juste
milieux prudent, sans réel investissement, et marqué
de surcroît par quel-ques accrocs - son manque d'inspiration
culminant dans une cadence
du premier mouvement atrocement longue et totalement hors de propos.
Le soliste n'est pas le seul à blâmer pour cet échec,
car la direction du
chef, assez raide et crue, n'est pas très enthousiasmante
non plus.
La première partie de ce concert est donc très décevante.
Heureuse-
ment, la suite est consacrée à la Deuxième
symphonie de Brahms, que l'orchestre avait justement
récemment interprétée à Amsterdam. A
quel-ques semaines d'intervalle, les différences de conception
sont minimes.
On entend donc toujours un Brahms vif et léger, aux sonorités
lumineu-
ses, et à la lisibilité irréprochable. Ce n'est
pourtant pas un copié-collé,
car Siebens dirige ce soir plus nerveusement, donnant un deuxième
mouvement assez sombre, et moins détendu. Les tempi
sont un peu
plus rapides, le fini orchestral est moins parfait, avec des bois
et des
cors un peu approximatifs, mais cette interprétation est
néanmoins passionnante : le chef y prend plus de risques
et y met peut-être un
peu plus de lui-même.
Richard Letawe
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