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Herreweghe dirige cinq cantates
Eglise Saint Roch, Paris
22 février 2006
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Ce sont cinq cantates d'affliction de Johann Sebastian Bach
(catalogue BWV) et Dietrich Buxtehude (catalogue BuxWV)
que Philippe Herreweghe nous proposait en l'Eglise Saint-Roch.
Cinq Cantates pour pleurer la faiblesse du croyant face au péché
- telles les BWV 135 : Ach Herr, mich armen Süden ou
BWV 199 : Mein Herz schmwimmt im Blut -, chanter sa crainte
du Juge terrible et de son pouvoir de rétribution - BWV
46 : Schauet doch und sehet, ob irgend ein Schmerz sei -, et
toujours glorifier en Jésus le pacificateur, et du Père
courroucé, et du cur dolent du pécheur - les
BWV 101 et BuxWV 78, toutes deux sur le choral de
Martin Moller,
Nimm von uns, Herr, du treuer Gott.
Les Chur et Orchestre du Collegium Vocale de Gand
y ont fait merveille. Homogénéité des voix,
finesse des qualités expressives - par exemple du lamento
en imitation dans le Choral d'ouverture de la BWV 46 -, parties
concertantes avec les solistes - on songe à l'ensemble de
flûtes et hautbois da caccia de l'air d'alto, Doch
Jesu will auch bei der Strafe, à nouveau BWV 46 .
La grande retenue des contrepoints aux harmonies complexes - motet
d'ouverture de la BWV 101 - le disputait à la brillante
italianité de certains airs - Warum wilst du so zornig
sein de la même - et à la sobriété
recueillie des chorals.
Carolyn Sampson servit la Cantate BWV 199 pour soprano
solo d'une voix ample et lumineuse, à la mesure de la ferveur
du texte (Air Wie freudig ist mein Herz), et d'une diction
très bellement dramatique dans les récitatifs. Sur
sa partie d'alto, Ingeborg Danz nous offrit un chant tout
en finesse, d'une grande sobriété. Le ténor
Jan Kobow fit merveille dans les récitatifs ; d'une
belle netteté, sa voix put néanmoins connaître
ici et là quelques défauts de projection, sans pour
autant nuire à la grande qualité expressive de son
chant. Peter Kooij, quant à lui, donna aux airs de
basse son timbre élégant, un peu serré peut-être
dans le registre grave et accusant un vibrato parfois légèrement
trop marqué pour les résonances de l'église,
mais d'une belle prestance.
Quant à nous, nous retiendrons précieusement la splendide
et rare
Cantate BuxWV 78 de Buxtehude, où chur et orchestre
surent faire enten-dre, dans une partition complexe traversée
de tuilages hiératiques, de chro-matismes et d'imitations
savantes, une piété discrète dans la supplique
et un art achevé dans l'exécution.
Marc Develey
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