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orchestre royal de chambre
de wallonie
Salle culturelle, Pâturage
4 mai 2007
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Organisé par le Lion's Club à la Salle culturelle
de Pâturages, ce concert
de l'Orchestre Royal de Chambre de Wallonie débute
par un changement
de programme. Il était en effet prévu de jouer le
Concerto n°22 de Viotti en première partie mais,
à la place, c'est Plamena Mangova qui donne la Sonate
n°23 en fa mineur Op.57 de Beethoven, uvre
qui figure dans le programme qu'elle compte présenter au
Concours Reine Elisabeth de
cette année.
Le résultat n'est pas très enthousiasmant : la pianiste
donne une Appassionata assez mièvre, à la ligne
floue et au style chichiteux, alignant les notes sans donner de
carrure à l'ensemble. L'Allegro assai manque
de détermination et n'est pas assez éruptif ; elle
se perd dans l'Andante, dont la mélodie ne ressort
pas d'une ligne de basses envahissante, et
le Finale est nerveux, mais manque d'élan et de noirceur.
Depuis qu'il a pris en main les destinées artistiques de
l'ORCW,
Augustin Dumay a engagé un important travail sur la
musique de cham-
bre, en emmenant avec lui ses chefs de pupitre à l'assaut
des sommets
du répertoire. On put ainsi les entendre, ces dernières
saisons, dans de très belles interprétations des sextuors
de Brahms et des quintettes de Mozart, en première partie
de concerts mêlant uvres chambristes et concertantes.
Ce soir, c'est un nouveau grand chef-d'uvre de la littérature
qui est pré- senté, avec le Quintette pour piano
et cordes Op.44 de Robert Schumann. Outre Augustin Dumay,
les interprètes en sont Pascal Crismer au violon,
Anne Leonardo à l'alto, Bernard Delire au violoncelle,
et Plamena Mangova au piano. Ils en donnent une version très
tendue, énergique et volontaire, très maîtrisée
dans les deux mouvements extrêmes, burinés, et qui
sont enlevés avec beaucoup de panache et de puissance. Les
parties centrales sont moins convaincantes, avec un mouvement lent
qui pourrait être plus creusé et plus haletant, et
un Scherzo un peu raide, manquant de fantaisie. On peut aussi
regretter une balance instrumentale assez déséquilibrée,
avec un piano trop discret et de nombreux bruits parasites produits
non
par le public, très attentif, mais par les musiciens eux-mêmes
: Plamena Mangova soufflant, Augustin Dumay chuintant, un vrai concert
parallèle !
En seconde partie, l'ORCW apparaît enfin en formation étendue,
pour
jouer la Sérénade pour cordes en ut majeur Op.48
de Tchaïkovski, un de ses chevaux de bataille. Dirigé
du bras par Augustin Dumay, les musiciens en livrent une version
fine, légère et très maîtrisée,
pleine de passion et de sentiments, aux phrasés creusés
et aux nuances subtiles. Ils font preuve
de cohésion et de discipline, compensant une sonorité
parfois un peu
âcre, manquant de plénitude et de rondeur.
Richard Letawe
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